Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

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Le bestial serviteurArto Paasilinna
Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
Edité chez Folio

Le pasteur Huuskonen traverse une mauvaise passe. Même la pratique du javelot ascensionnel, sport à priori inoffensif, lui cause des ennuis. Comme si cela ne suffisait pas, il s’attache à un ourson orphelin nommé Belzéb. Il lui construit une tanière pour l’hiver, l’y rejoint avec une charmante biologiste, s’y adonne à des plaisirs peu platoniques. Il n’en fallait pas moins pour que son évêque et sa femme le congédient…

Huuskonen et Belzéb vont partir à l’aventure. Un long périple de la mer Blanche à Odessa et Malte, en quête d’un sens à leur existence.

J’ai retrouvé avec plaisir l’humour grinçant de ce cher Paasilinna. Dans ce roman, il aborde les questions existentielles d’un personnage hors du commun : le pasteur Huuskonen. Rien ne va, il étouffe dans ses fonctions et doute de sa foi, sa femme, acariâtre, est insupportable et sa vie terriblement monotone. Pourtant, lorsqu’il se trouvera propriétaire d’un ourson suite à un concours de circonstances étonnant (l’un de ceux dont Paasilinna a le secret), sa vie basculera totalement dans un chaos incontrôlable, qui le jettera, lentement mais inexorablement, sur les routes.

Notre pasteur défroqué partira donc pour un très long voyage avec son ours. Nous le suivrons dans le froid du Grand Nord et jusqu’en Russie, parmi des paysages époustouflants à la (rude) beauté sauvage, au gré des hasards des rencontres et de ses idées et lubies plus loufoques les unes que les autres. Huuskonen est un passionné, qui ne fait rien à moitié et malgré les doutes, les errances, les détours et les galères, il suit son petit bonhomme de chemin avec philosophie. Et nous entraîne à sa suite dans des aventures incroyables. Encore une fois, un autre auteur se serait certainement perdu dans les méandres de ce long périple, tandis que Paaslinna sait rebondir et surprendre. Les pointes d’humour sont le contrepoint d’un cheminement (intérieur ?) extrêmement lent, pour un récit à la fois grave et drôle, mais tout en finesse. Une sorte de coup de pied dans la fourmilière, de pied de nez aux conventions sociales séculaires.

Pourtant, ce roman m’a moins plu que les précédents : une fois la partie découverte passée, le rythme est vraiment lent et le lecteur finit par avoir l’impression de faire du surplace. Heureusement, le côté loufoque de la situation permet de rebondir et relance l’intérêt. On apprend accessoirement des tas de choses sur le rythme biologique de l’ours, ce qui renforce le côté « nature writing » de ce roman…

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