Un beau jour de printemps

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un beau jour de printempsYiyun Li
Editions 10-18

À l’aube du 19 mars 1979, la petite ville de Rivière-Fangeuse est en ébullition : après dix ans de prison, Gu Shan, une ancienne garde rouge, va être exécutée. Son crime ? Avoir douté du parti. Et la mort n’est pas le pire de ce qu’elle va devoir subir.

Cet événement va avoir des répercussions sur ses concitoyens : le professeur Gu, son père, un intellectuel qui se réfugie dans le passé pour échapper à un monde qu’il ne comprend plus, et son épouse, jusque-là humble et soumise, qui va relever la tête pour défendre sa fille ; Bashi, un adolescent tourmenté qui noue une relation improbable avec Nini, une petite infirme affamée ; Kai, voix officielle du parti, qui va sacrifier famille et carrière pour l’amour d’un dissident ; et bien d’autres…

J’ai terminé il y a quelques jours cette lecture bouleversante dont seul le titre a un caractère printanier, le temps d’en « digérer » le contenu…

Nous avons une vision de la Chine limitée en grande partie aux petites mains besogneuses et à l’omniprésence de leur production nationale sur nos marchés économiques. Les chinois disparaissent dans cette vision globale d’un État-nation. Nous ne connaissons quasiment rien de ces gens, ni de leurs conditions de vie, même si l’on devine que celles-ci sont loin d’être roses, sacrifiées à l’autel de l’effort collectif.

L’incursion en territoire chinois rural (à l’époque post-maoiste) d’Un beau jour de printemps n’en est que plus dépaysante et bouleversante. Même s’il s’agit d’une fiction, on sent qu’elle se nourrit du quotidien de milliers de chinois, pour dévoiler les récits plus vrais que nature de quelques vies insignifiantes face à l’énorme machine gouvernementale, des vies difficiles, des destins malheureux, des développements dramatiques qui seraient totalement impossibles dans nos pays occidentaux mais qui, étonnamment, ne surprennent pas le lecteur outre mesure, lequel n’envisage d’ailleurs pas un seul instant de les mettre en doute.

Après avoir lu ce récit poignant, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec notre environnement en posant un œil presque neuf sur le monde dans lequel nous vivons. Nous bénéficions de tant de libertés… Nous pouvons aller où nous voulons, réfléchir par nous-mêmes, prendre nos propres décisions, donner notre avis, etc… Autant de choses qui nous semblent naturelles mais ne le sont malheureusement pas partout… Le récit se passe dans les années soixante-dix. Le contraste avec l’histoire de nos années 70 est saisissant…

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