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La forme de l’eau

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La forme deGuillermo del Toro et Daniel Kraus
Paru chez Bragelonne

Nous sommes en 1963, et Elisa Esposito survit tant bien que mal. Née muette, abandonnée par sa famille, elle travaille de nuit comme femme de ménage au Centre Occam de recherche aérospatiale.
Un soir, elle surprend quelque chose qu’elle n’était pas censée voir : un homme amphibie prisonnier d’une cuve, qui doit être étudié par les scientifiques pour faire avancer la course à l’espace de la Guerre Froide. La créature est terrifiante, mais aussi magnifique – elle fascine Elisa. Utilisant la langue des signes, celle-ci établit une communication. Bientôt, la créature devient sa seule raison de vivre.

 Je me demandais si le roman avait précédé le film ou bien avait été écrit ensuite. Il semblerait que ce soit la seconde option. Je m’en doutais car il est écrit avec des scènes très visuelles et un rythme soutenu qu’imposerait le grand écran.

Je ne peux juger pour le film, mais le roman a des qualités et des défauts.

Tout d’abord, le premier quart a été très laborieux pour moi du fait d’un style de narration pas agréable pour deux sous. Ensuite l’action compense, puis l’intrigue prend définitivement le dessus sur le reste sur le dernier quart. Le scénario est intéressant, ça reste une lecture sympa, d’autant que les personnages sont bien approfondis et fascinants ou intrigants.

Côté défauts, le plus important sera donc le style d’écriture, mais aussi une fin brouillonne. Les qualités du roman, notamment le scénario, compensent toutefois  les maladresses…

Le Paris des merveilles, tome 1 Les enchantements d’Ambremer

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Paris des merveillesDe Pierre Pevel
Paru chez Bragelonne

Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes… et une ligne de métro relie la ville à l’OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer. Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d’enquêter sur un trafic d’objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L’affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers: un puissant sorcier, d’immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l’association forcée avec Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien…

Un roman qui allie fantasy et Belle époque : un mariage très heureux !
L’univers est par conséquent riche et original.
L’intrigue est elle aussi à la croisée de plusieurs catégories : un fond d’histoire, une dose de fantasy et une louchette d’enquête “vintage”. Elle ménage de l’action et des rebondissements, pour tenir le lecteur en haleine.
Les personnages sont quant à eux très attachants et de fort tempérament.

Tout cela donne un excellent moment de lecture, avec un roman qui, même s’il ne date ni d’hier ni d’aujourd’hui, renouvelle résolument la littérature de l’imaginaire. D’autant que l’on sent qu’il y a encore un bon potentiel à développer !!!

Légende

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LegendeDavid Gemmell
Traduction Alain Névant
Paru chez Bragelonne (en grand format) et Milady (en poche)

Druss est une légende. Ses exploits sont connus de tous. Mais il a choisi de vivre retiré loin des hommes, au sommet d’une montagne. Là, il attend son ennemi de toujours : la mort. Dros Delnoch est une forteresse. C’est le seul endroit par lequel une armée peut traverser les montagnes. Protégée par six remparts, elle était la place forte de l’empire drenaï. C’est maintenant le dernier bastion, car tous les autres sont tombés devant l’envahisseur nadir. Et le vieux guerrier est son seul espoir.

J’avais très envie de relire du Gemmell après la formidable découverte de la trilogie Troie. C’est finalement sur Légende que j’ai jeté mon dévolu. Je dois avouer une petite déception par rapport à Troie car il me manquait une base historique solide. On sent bien ici que les tenants et aboutissants du passé sont loin d’être insignifiants mais ils n’ont pas l’envergure de la mythologie grecque ! Malgré tout, le lecteur est transporté dans cette bataille désespérée et sans merci, aux côtés de personnages attachants.

Il n’y a pas à dire, cet auteur s’y entend pour créer des personnages hauts en couleur. Druss, à la fois si fort (et humain sous la carapace) est époustouflant. Rek est intriguant, on sent qu’il recèle un fabuleux potentiel, Virae a une personnalité forte et sympathique et les moines chevaliers sont une excellente trouvaille. J’aurais aimé que les archers si mystérieux soient plus mis en avant et en apprendre un peu plus sur eux… Enfin, j’ai apprécié le sens de l’honneur et le côté chevaleresque du chef de guerre ennemi.

J’ai passé un excellent moment en compagnie de Druss la Légende sans toutefois retrouver les délicieux frissons que m’avait procuré la lecture de Troie. Je compte bien poursuivre la découverte de cet auteur, dont j’apprécie beaucoup le style, en espérant avoir à nouveau l’occasion de tomber sur une perle…

Le voyage du Jerle Shannara – Trilogie

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Terry Brooks
Traduction par Emilie Gourdet
Paru chez Bragelonne

Cette trilogie fait partie d’un cycle de 21 romans au jour d’aujourd’hui, mais peut se lire indépendamment. Il est toutefois préférable de lire les trois livres de la trilogie à la suite, car un rebondissement survient à la fin de chacun des livres, annonçant ainsi le prochain.

Jerle shannara 1Tome 1 – La Sorcière d’Ilse

Partez pour un périlleux voyage vers une terre lointaine et d’étranges magies, à bord du fabuleux navire aérien connu sous le nom de Jerle Shannara…

Lorsqu’un elfe est retrouvé à demi noyé à la surface des eaux de la Ligne de Partage Bleue, un vieux mystère remonte à la surface. Trente ans plus tôt, le prince elfe Kael Elessedil est parti à la tête d’une expédition en quête d’une magie légendaire qu’on disait plus ancienne et plus puissante que toute autre au  monde. De tous ceux qui sont partis pour ce funeste voyage, aucun n’est jamais revenu…

Jusqu’à ce jour. Car l’elfe sauvé des eaux a sur lui une carte couverte d’étranges symboles, qu’un seul homme est en mesure de déchiffrer : Walker Boh, le dernier druide. Mais quelqu’un d’autre en saisit le sens : l’envoûtante Sorcière d’Ilse, détentrice d’une magie sombre et impitoyable. Elle ne reculera devant rien pour s’emparer de la carte…

La Quête se met en place. On assiste d’une part au recrutement des membres de l’expédition et à la préparation de celle-ci, que ce soit du côté des « gentils » ou de la « méchante ».

Des alliances se nouent, des intrigues se jouent dans l’ombre. De nombreuses questions restent en suspens, ce qui enveloppe la Quête elle-même d’une aura de mystère. D’un autre côté, le rythme est soutenu et les rebondissements s’enchaînent, ce qui est appréciable. Les membres de l’expédition sont plutôt du genre classique : druide, nain, elfes, deux détenteurs de magie ancienne,… Le cheminement de l’expédition jusqu’au lieu de destination final de la Quête n’est pas follement original non plus. Les épreuves subies en chemin ne sont ni très difficiles, ni détaillées outre mesure. Les membres de l’expédition finissent par atteindre Châteaubas, le but de leur expédition et tout s’achève brutalement, dans le chaos. En revanche, les réflexions des personnages et le développement de l’intrigue ouvrent des perspectives sympathiques. L’objet véritable de la Quête reste mystérieux et les raisons de la présence de chacun donnent à réfléchir, d’autant qu’elles ne sont dévoilées que petit à petit. Par ailleurs, le récit repose sur des bases solides et le fait que cette trilogie fasse partie d’un cycle lui donne plus d’ampleur. La partie concernant la magie de la Sorcière d’Ilse est particulièrement intéressante, car on sort du cadre de la magie traditionnelle. En bref, on sent un potentiel, mais on est plutôt dans l’expectative avec ce premier tome.

Jerle shannara 2Tome 2 – Antrax

Menée par le dernier des druides, Walker Boh, une compagnie de courageux explorateurs a traversé des mers inconnues en quête d’une magie insaisissable. Mais alors que l’équipage resté à bord du Jerle Shannara subit l’assaut de forces malfaisantes, que le protégé du druide, Bek Rowe, est poursuivi par la mystérieuse Sorcière d’Ilse, et que Walker se retrouve prisonnier d’un labyrinthe sous la cité en ruine de Châteaubas, traqué par un ennemi invisible, qui peut nous dire si toute l’équipe n’a pas été attirée là à des fins sinistres ?

Car quelque chose vit à Châteaubas. Quelque chose qui n’est pas humain. Quelque chose dont l’âge se perd dans la nuit des temps et qui convoite la magie des druides, des elfes et même de la Sorcière d’Ilse…

J’ai retrouvé mes héros, que j’avais laissés en bien mauvaise posture il y a quelque temps de cela… D’autant que le tome 1 s’était terminé un peu abruptement ! Fort heureusement, je les ai retrouvés exactement là où je les avais laissés et j’ai pu suivre la rencontre houleuse entre la Sorcière d’Ilse et Bek Ohmsford.

Ce tome 2 se déroule exclusivement à Châteaubas et ses alentours. Il y aura quatre grands « axes » : la relation (je pourrais aussi dire la confrontation !) entre Bek Ohmsford et la sorcière, les combats auxquels les membres de l’expédition doivent faire face, d’abord dans les ruines de Châteaubas où on apprendra un peu mieux ce qui est arrivé aux uns et aux autres, puis dans les alentours, tandis que les survivants continuent de se battre pour rester en vie, le sort des vagabonds, sur le navire et, la partie la plus importante, qui se déroule à la suite de Walker sous la terre.

Jusque-là il y avait la méchante, désormais nous voilà face à l’Ennemi ! Nous ferons connaissance avec l’ennemi et nous apprendrons ses motivations. Nous verrons ensuite comment une poignée de survivants de l’expédition réagiront, confrontés à cette situation et aux méthodes barbares de l’ennemi. Les pauvres auront bien du fil à retordre et nombreux sont ceux qui n’en sortiront pas indemnes.

J’ai beaucoup aimé ce tome 2 où l’on sort du schéma classique de la quête fantastique. Le méchant est en effet très différent de ce que l’on rencontre habituellement dans ce genre de récit et on oscille ici entre fantasy et science-fiction. Le combat qui oppose la science et la magie est passionnant et l’univers de Châteaubas est très intéressant et original. Les protagonistes se retrouvent confrontés à quelque chose qu’ils ne connaissent pas et leurs réactions et leurs difficultés apportent beaucoup de piment au récit. Le trésor s’avérera différent de ce à quoi ils s’attendaient tous…

J’ai bien apprécié également la partie Bek-Sorcière d’Ilse qui est traitée assez longuement et sera certainement développée plus avant encore dans le troisième tome. J’aime également les particularités de l’enchantement de Shannara, qui offrent une nouvelle approche de la magie. La diversité des personnalités et des aventures des principaux protagonistes de ce roman rend le tout très palpitant et offre à ce tome une grande richesse. Le texte est également plus fluide que celui du premier tome.

En résumé, je n’étais pas certaine de mon choix avec le premier tome, mais le deuxième m’a bien plu, notamment par son originalité, nous verrons ce qu’il en sera pour le troisième ! Vu la fin du second, je pense que les rebondissements vont se poursuivre et que l’aventure est loin d’être terminée !

Jerle shannara 3Tome 3 – Morgawr

La quête du fabuleux navire aérien file vers sa conclusion et les intrépides héros des Quatre Terres lui ont déjà payé un lourd tribut. Mais les voilà traqués par leur plus terrible ennemi, en la personne du Morgawr, le sorcier séculaire qui se nourrit de l’âme de ses ennemis !

Il veut s’emparer des légendaires livres de magie ancestrale et détruire celle qui l’a trahi, la Sorcière d’Ilse, sa disciple de l’ombre. Or celle-ci, placée face au pouvoir de l’Épée de Shannara, s’est réfugiée au plus profond de son propre esprit. Désormais à la merci de ceux qui réclament vengeance, elle n’a plus d’autre protecteur que son frère perdu de longue date, Bek Ohmsford, déterminé à racheter les torts de sa sœur bien-aimée… et à la livrer au destin que le druide Walker Boh a prédit pour elle.

On pouvait penser qu’on avait fait le tour des ennemis, eh bien non, l’affreux méchant, l’ennemi ultime arrive ici, pour donner encore un peu de fil à retordre à nos héros, qui sont de moins en moins nombreux. Comme les membres de l’expédition sont très éparpillés au début de ce tome, le récit est un peu haché, car on passe de grands moments avec les uns ou les autres, avant de retrouver les suivants. En revanche, ils devront faire face à des difficultés et des situations qui ne manquent pas d’intérêt, jusqu’à ce qu’ils soient de nouveau tous confrontés à un ennemi commun au nom imprononçable, le Morgawr, venu chercher vengeance et tenter de s’approprier la magie découverte à Châteaubas. Il y aura des moments héroïques et d’autres où les personnages devront simplement affronter leur lassitude et leurs peurs…

Walker Boh a déclaré avant de mourir que le plus important était de ramener Grianne Ohmsford chez elle, mais nul ne sait pourquoi et ceci apporte un peu de piquant. Jusqu’au dernier moment, on ne sait pas pourquoi cela était si important.

Je ne dévoile pas le dénouement, mais je tiens encore à souligner que l’épilogue, relativement ouvert quant à l’avenir des membres de l’expédition rentrés dans les Quatre Terres offre un beau potentiel, conduisant le lecteur à s’interroger et échafauder des théories diverses. Une suite est possible, perspective appréciable.

Le début, et peut-être un peu la fin aussi, un peu trop classiques à mon goût sont compensés par l’originalité de la partie qui se déroule à Châteaubas. L’auteur a su créer un univers sympathique et enchaîne habilement les aventures et les rebondissements.
En revanche, le cheminement du druide Walker Boh n’est pas très clair, que ce soit de son vivant ou après sa mort… Au final, on ne comprend pas très bien ce qu’il est venu chercher.

Pour conclure, malgré quelques défauts, cette trilogie n’est pas dénuée d’intérêt et offre une lecture divertissante.

David Gemmell – Interview de Stéphane Marsan

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Hier, Stéphane Marsan, co-fondateur et directeur de la publication de Bragelonne, a eu la gentillesse de répondre à mes questions au sujet de David Gemmell.

J’ai lu récemment la trilogie Troie de David Gemmell et j’ai été conquise d’emblée. J’ai cru comprendre que Gemmell est l’auteur phare de votre maison, comment l’avez-vous déniché ? Par hasard, je suis tombé sur ses premiers romans en 1999 et je me suis rendu compte qu’il y avait là une voix unique dans le genre et une efficacité brute d’une puissance inouïe. Quand je me suis renseigné sur son compte, je me suis aperçu que Gemmell était le best-seller de la Fantasy en Angleterre avec Terry Pratchett et que je n’étais donc pas le seul à le trouver formidable ! Il n’avait jamais été traduit en français, sans doute à cause de son originalité : jusqu’aux années 2000, la Fantasy était très largement dominée par la High Fantasy héritée de Tolkien, à côté de laquelle Gemmell faisait un peu tache, avec ses personnages fondamentalement humains, ses valeurs concrètes et ses récits proches du western et du film de guerre…

Avez-vous su d’emblée qu’il rencontrerait ce succès ? On n’est jamais sûr de ça. Il y a toujours 1000 raisons de penser qu’un roman va être un échec ; c’est beaucoup plus difficile de trouver des raisons pour lesquelles il devrait immanquablement rencontrer le succès ! On ne peut être sûr que d’une chose : on aime un livre et on va tout faire pour partager sa passion. Après coup, on rencontre beaucoup de gros malins pour dire qu’il était évident qu’il deviendrait un best-seller. Ah ben, c’était une évidence pour personne vu que tous les éditeurs français l’avaient refusé… Par contre, dès qu’on a sorti LEGENDE, le premier roman de Gemmell que nous avons publié en novembre 2000, nous avons tout de suite constaté qu’il se passait quelque chose : non seulement ce roman connut un succès immédiat, mais une fidélité exceptionnelle est née chez les lecteurs français pour  son auteur.

Qu’est-ce qui fait un auteur phare ? Est-ce le contenu de ses écrits ou bien le volume des ventes ? On ne peut dissocier les deux. C’est la spécificité d’un auteur, ses qualités, et l’adéquation avec un moment précis qui provoquent sa rencontre avec le public. Le volume des ventes en découle, parce qu’il signale l’engouement d’un large public pour ses écrits, mais que ce soit un joli succès ou un phénomène mondial et historique, je ne pense pas que ça change grand-chose à ce qui fait un auteur phare. Le cas de Gemmell est emblêmatique : plus encore qu’un écrivain, ses lecteurs ont l’impression de rencontrer l’homme qu’il était, tant ses récits reflètent l’authenticité et la sincérité de sa personnalité. Il est donc plus qu’un auteur de référence dans un genre précis, il fait entendre la voix d’un homme qui transmet un message à ceux qui le lisent.

Votre rythme de publication est très soutenu, comment sélectionnez-vous vos nouveaux auteurs ? A la fois en prenant un grand plaisir à les lire et en se demandant quel rôle ils peuvent jouer dans la représentation des genres sur le marché et par rapport au lectorat. Pour être plus clair, on se dit : ça me plait, mais est-ce que ça sert à quelque chose de le publier maintenant ? Envoyer un roman à la casse en sachant d’avance que très peu de gens le remarqueront et l’apprécieront, c’est pas très marrant et ça peut ruiner la carrière d’un auteur prématurément. Mais il y a tant d’auteurs et de romans formidables qu’on a envie d’en faire découvrir le plus possible ! Il faut trouver un équilibre, une stratégie, une démarche logique à travers ces questions.

Tous les livres ne sont pas amenés à devenir des best-sellers. Est-ce que vous évaluez les potentielles futures parutions par rapport à vos auteurs qui marchent ou bien avec un œil tout à fait objectif ? Les deux. Tous les indices qui permettent d’affiner nos prévisions par rapport au potentiel commercial d’un roman et à la pertinence de le publier sont à considérer. Etre objectif, ça consiste à ne pas tout miser sur le plaisir perso qu’on a eu à lire le livre… c’est pas toujours facile ! Plus encore, il y a des degrés de succès. Non seulement tous les livres, comme vous dites, ne sont pas promis à être des best-sellers, mais certains promettent de toucher 3000 lecteurs, disons, ce qui est très correct, d’autres moins de 1000, et là c’est plus chaud parce que l’on sait qu’a priori on perdra beaucoup d’argent à cause d’eux, mais ils ont aussi leur légitimité. Si on ne publiait que des romans destinés à casser la baraque ils se gêneraient les uns les autres. L’éditeur doit composer un paysage divers de la littérature dont il s’occupe de façon à faire plaisir au plus de gens possible.

Pour en revenir à Gemmell, il est malheureusement décédé, mais vous n’avez pas encore publié tous ses livres. Comptez-vous poursuivre ? A votre avis ?! Bien sûr, nous avons encore quatre romans à publier sur les deux ans qui viennent.

C’est son épouse, Stella, qui a terminé le tome 3 de Troie. Ceci ne transparaît pas à la lecture, je trouve. Pensez-vous qu’elle va « reprendre le flambeau » ? Si elle le fait, envisageriez-vous de la publier chez Bragelonne ? La complicité de l’écriture de Stella avec celle de Dave est absolument stupéfiante. Elle est due à la connaissance profonde qu’elle avait de lui, de sa personnalité, de sa vision du monde. Et à l’évidence de son propre talent d’écrivain. A la mort de Dave j’ai reçu une lettre d’elle pour me remercier des condoléances que je lui avais envoyées : on jurerait que c’est David qui l’avait écrite, c’est incroyable. A part ça…  Non, Stella ne va pas reprendre. Ecrire des romans ne l’intéresse pas. Elle devait à David de finir Troie, elle a rempli sa mission à la perfection, mais n’a aucune envie d’entamer une carrière personnelle dans ce domaine. En tout cas, c’est son état d’esprit à ce jour.

Il ne nous reste plus qu’à lire et relire les romans de David et à perpétuer le souvenir du grand homme…

Je remercie vivement Stéphane Marsan, d’avoir eu la gentillesse de répondre à mes questions.

A bientôt, pour de nouvelles chroniques sur David Gemmell !