Tag Archives: Isabelle Wlodarczyk

Yehunda

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yehundaTexte Isabelle Wlodarczyk
Illustrations Dani Torrent
Paru chez D’Orbestier Rêves bleus

 

Yehunda est née dans un champ de coton et vit sous le soleil, les yeux éclatant de lumière.
Yehunda a un secret qu’elle ne retrouve qu’à la nuit tombée.
Son secret a les cheveux blonds et la peau aussi claire que la sienne est foncée.
Ensemble ils construisent leurs rêves, s’allégeant du poids écrasant de la discipline imposée par les maîtres.
Mais un jour, peut-être seront-ils libres de réaliser leurs rêves.

 

Voilà une bien belle façon d’aborder le thème de l’esclavage avec les enfants.

Le grand format sublime les illustrations hautes en couleur de Dani Torrent. Des illustrations à la fois douces et lumineuses qui font rêver et emmènent le lecteur très loin.

Le texte d’Isabelle Wlodarczyk, une auteure que j’apprécie et dont j’ai déjà parlé ici, est très poétique et, malgré le sujet, ne tombe pas dans le pathos mais appelle plutôt l’espoir de jours meilleurs. C’est une bonne chose car l’espoir est un moteur puissant…

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L’allée du bout du monde

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Allee du bout du mondeIsabelle Wlodarczyk
paru aux éditions Philomèle

Angleterre, XVIIe siècle. La guerre civile éclate.
Au milieu du chaos, le hasard réunit trois adolescents :
Dorothy et son frère Robin, issus d’une famille royaliste ; William, un jeune garçon sans parents.

Entre Londres et Paris, luxe et misère, fidélité et trahison ; entre amitiés et amours naissantes, leurs destins se scellent à jamais.

On reste avec Isabelle Wlodarczyk, avec cette fois-ci un roman. J’avais initialement prévu de faire une semaine “Isabelle Wlodarczyk” mais mon emploi du temps en a décidé autrement. Qu’à cela ne tienne, voilà tout de même mes impressions sur L’allée du bout du monde.

Eh bien, elles sont bonnes !!!

 Le roman est suffisamment bien documenté pour plonger efficacement le lecteur au XVIIème siècle. On y est tout à fait ! Déjà rien que pour ça, c’est une franche réussite. Par ailleurs, l’intrigue est palpitante (sans que ce soit la course effrénée non plus), avec une belle montée en puissance.
Les personnages sont quant à eux très attachants… Et le style est toujours impeccable !

Un roman qui se dévore avec grand plaisir.

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En bonus parce que vous le valez bien… un petit tour dans la vraie vie d’Isabelle.

1 – Quand as-tu écrit ta première histoire et comment cela s’est-il passé ?

Ma première histoire écrite pour les enfants-adolescents est un roman. Il s’agit de L’allée du bout du monde. J’avais eu connaissance par hasard de  l’histoire de William Temple et de Dorothy Osborne, deux Anglais aux amours improbables pendant la guerre civile, et cela m’a inspiré un roman d’aventures… allégorique. Je l’ai écrit au fil de la plume, par chapitres, sans savoir où cela me mènerait…en l’occurrence, je suis allée au bout du monde. Je me suis beaucoup amusée en l’écrivant. 

2 – Comment travailles-tu ?

Je bosse avec un petit carnet, je gribouille, je pique des mots dans le Furetière, un dictionnaire dont je suis amoureuse…(oui, je nourris une grande passion pour le 17ème). Puis, je m’assois à mon bureau, je mange des bonbons et j’écris tout ce qui me vient à l’esprit. J’adore travailler à “l’improviste” sans savoir ce que je vais raconter. Des impromptus… Mais souvent, je réponds à des commandes alors je me documente, je bouquine, je furète et j’écris!

3- Où travailles-tu ?

Je travaille chez moi dans un petit bureau, entourée de livres et de bazars hétéroclites. J’habite à côté de Montpellier, près de la garrigue. Quand je sature, je sors de mon bureau et je fais le tour du jardin.

4- Quel est le livre qui se trouve sur ta table de chevet en ce moment ?

Ma table de chevet est couverte de livres, mais je lis un bouquin sur des Indiens du grand Nord en ce moment pour un roman que je prépare…

Merci d’avoir répondu à nos petites questions Isabelle !

Célestin rêve

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Couverture Célestin rêveD’Isabelle Wlodarczyk
Illustrations Toni Demuro
Paru chez éditions D’Orbestier, Rêves bleus

Dans la boutique de jouets, sur une étagère poussiéreuse, Célestin rêve. D’avant, du temps où Gaspard lançait dans les airs ses ficelles de pantin. Il devenait funambule, la voltige donnait le vertige et fascinait tous les enfants du cirque ambulant. Une histoire d’amitié sensible sur la fragilité du succès et sur le temps qui file… et défile.

Célestin rêve tout en finesse, avec beaucoup de sensibilité, de douceur et de poésie sous la plume d’Isabelle Wlodarczyk, une auteure que j’aime énormément. Ce très beau texte sur le temps qui passe en bousculant un peu les rêves au passage est très bien accompagné par les illustrations de Toni Demuro. Dans un style rétro, elle ajoutent encore une pincée de poésie à ce bel album et disent beaucoup avec simplicité.

Irena Sendlerowa – Des papiers pour mémoire

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Irena sendlerowaIsabelle Wlodarczyk
Oskar éditeur

L’Europe de l’Est a aussi ses Justes En 2008, en Pologne, à 98 ans, s’est éteinte Irena Sendlerowa. Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous le pseudonyme de Jolanta, elle organisa la fuite de centaines d’enfants juifs du ghetto de Varsovie. Non seulement elle leur a sauvé la vie, mais elle a noté à chaque fois leur identité et leur famille d’accueil, empêchant que l’oeuvre de mort des nazis s’étende à la mémoire. Arrêtée par la Gestapo en 1943, torturée, Irena n’a pas parlé. Isabelle Wlodarczyk raconte l’étonnant destin de cette femme qui, simple assistante sociale, réussit par son courage et sa ténacité à mettre en échec la barbarie.

Cette nouvelle collection, Les justes, présente des grandes âmes, des personnes qui ont su se mettre au service des autres en oubliant leur propre personne.
Si quelqu’un méritait d’entrer dans cette collection, c’est bien Irena Sendlerowa.

Isabelle Wlodarczyk a prêté sa plume à ce récit simple mais poignant, cette incursion brève mais tellement réelle dans le ghetto de Varsovie.
Elle a su trouver les mots qu’il faut pour que, l’espace d’un instant, on y soit. Pour que, l’espace d’un instant, les atrocités de la guerre nous sautent aux yeux. Pour que, l’espace d’un instant, on salue le courage de cette femme. Pour que, l’espace d’un instant, on se demande peut-être ce qu’on aurait fait à sa place.

Cette tranche de vie semble tellement réelle qu’on ne doute pas que tout se soit passé comme ça. Isabelle Wlodarczyk ne s’attarde pas sur des détails  morbides ni des descriptions réalistes de scènes de guerre, ce n’est pas ici l’objet. Malgré tout on sent tout à fait la pression permanente qui régnait à cette époque. On réalise l’absurdité de tout cela et les dégâts que peuvent causer certaines idéologies.

Le roman est très court, par parti pris, je l’aurais pour ma part apprécié plus long, pour partager encore un peu le quotidien de cette femme.  Pourtant, je dois admettre que cette longueur est tout à fait adaptée si l’on considère qu’il s’agit d’un roman sur la guerre destiné à des adolescents. En tout cas une chose est certaine : il constitue un excellent support pédagogique !