Tag Archives: L’école des loisirs

L’estrange malaventure de Mirella

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LestrangeMalaventureDe Flore Vesco
Paru chez l’Ecole des loisirs

Moyen Age. Les rats ont envahi la paisible bourgade d’Hamelin. Vous croyez connaître cette histoire par coeur ? Vous savez qu’un joueur de flûte va arriver, noyer les rats en musique, puis les enfants d’Hamelin ? Oubliez ces sornettes : la véritable histoire est bien pire, et c’est grâce à Mirella, une jeune fille de 15 ans, qu’on l’a enfin compris. Jusqu’ici, elle passait inaperçue en ville – qui s’intéresserait à une porteuse d’eau, à une crève-la-faim, une enfant trouvée ? Seulement voilà, Mirella a un don ignoré de tous : elle voit ce que personne d’autre ne voit. Par exemple, elle a bien repéré ce beau jeune homme en noir, qui murmure à l’oreille de ceux qui vont mourir de la peste… Et ça lui donne une sacrée longueur d’avance. Y compris sur le plus célèbre dératiseur de tous les temps.

J’aime bien les livres de Flore Vesco… Le titre de celui-ci m’a interpellée, la quatrième a enfoncé le clou. Ce fut une super lecture. J’ai adoré le langage moyenâgeux utilisé. C’est un vrai plus : ça met dans l’ambiance et c’est drôle. Il y a d’ailleurs un petit lexique à la fin, ainsi que des conseils pour parler comme au Moyen-Age. Ce sont des bonus fort sympathiques !

Le récit est quand à lui palpitant, mais je n’en attendais pas moins. On ne sait pas trop où on va, mais on y va avec plaisir ! Le lecteur découvre des tas de surprises et de rebondissements. C’est vraiment une chouette histoire. Peut-être s’adresse t-elle en priorité aux bons lecteurs de l’âge cible, mais je pense qu’elle peut séduire le plus grand nombre malgré tout. En tout cas, moi j’ai adoré !

Cochon vole

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Cochon_voleD’Erwan Seznek
Paru chez l’Ecole des loisirs

Elles ont bien commencé, ces vacances en Bretagne : Antoine a été invité dans un manoir au bord de la mer avec ses trois meilleurs copains. Il va pouvoir emporter sa guitare électrique et jouer du rock gothique sans déranger personne. En échange, les quatre collégiens devront s’occuper d’un gamin de 8 ans, prénommé Galahad. Seulement voilà : à peine arrivés, ils se retrouvent avec un cochon dodu et bouclé sur les bras, et des sales types qui ont juré de leur trouer la peau…

Il s’agit de la suite, sans l’être, des Fondus de l’Arctique. En fait, il s’agit plutôt d’une autre aventure (ultérieure) des personnages.
J’avais beaucoup aimé la première aventure. La seconde est très drôle également (mais j’ai préféré la première), avec une bonne dose de quiproquos, de situations abracadabrantes et de répliques/situations hilarantes. L’auteur manie toujours sa plume avec humour et légèreté, pour le meilleur. Je regrette toutefois que le potentiel du cochon laineux de concours n’ait pas été poussé plus loin car il y aurait eu matière ! Les thèmes sous-jacents sont extra.

Je conseille cette excellente lecture estivale à tous les collégiens !!!

La longue marche des dindes

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La longue marcheDe Kathleen Kaar
Traduction Hélène Misserly
Paru chez L’Ecole des loisirs

Plus personne ne peut vous dire comment les bons élèves du cette école de campagne du Missouri ont occupé leurs vacances d’été 1860? Non. Le seul qui soit resté dans les mémoires, c’est Simon Green, le pire élève de toute l’histoires des États-Unis d’Amérique.
Cette année-là, les dindes avaient tant pondu qu’elles valaient des clopinettes. A Denver, à mille kilomètres d’ici, on bâtissait à tour de bras, et rien à se mettre sous la dent. Là-bas, ils étaient prêts à payer une dinde cinq dollars. C’est bien simple : à peine sorti de l’école, Simon a fait ses comptes. A acheté mille dindes. Et s’est juré de faire fortune avant la fin de l’été.

Un peu de littérature feelgood pour ados !

Un personnage principal attachant dont le caractère heureux lui permettra de traverser les épreuves avec philosophie tout en se faisant des amis… Un récit qui aurait pu être linéaire et ennuyeux mais est au contraire plein de facéties et de rebondissements. Une ambiance western très réussie. Des vrais indiens. Quelques moments très délicats.
Autant d’ingrédients qui garantissent un bon roman et une lecture agréable !

La fille cachée du roi des Belges

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La fille cacheeDe Brigitte Smadja
Paru chez L’Ecole des loisirs

Dans une classe, il y a les éléments perturbateurs, mais il y aussi les éléments perturbants. C’est le cas de Bérangère, la nouvelle élève de CM2 toute auréolée de mystères. Chaque matin, elle arrive à bord d’une voiture de luxe, accompagnée d’un homme en costard. Dans la classe de CM2 courent les hypothèses les plus folles. La nouvelle serait témoin clé dans une affaire de meurtre, elle aurait tué ses parents, elle serait la fille cachée du roi des Belges.
Très vite, il y a les pro et les anti Bérangère…

Avec un titre pareil et une couverture plutôt mystérieuse, ce petit roman fait forcément envie.

Pourtant, il n’a pas tenu toutes ses promesses en ce qui me concerne. Il m’a manqué un soupçon de magie, une dynamique. J’aurais également apprécié un humour plus marqué.
Les jeunes lecteurs risquent par ailleurs de tiquer sur le “non-dénouement” et de ressentir une certaine frustration.
Tant que je suis dans les critiques, j’ai ressenti un décalage entre le niveau de langage et l’âge cible. Si on considère que de nombreux enfants peuvent encore avoir des difficultés de lecture en CM2, ils ne pourront s’en sortir avec ce registre.

Par conséquent, même si La fille cachée du roi des Belges est bien écrit, avec une intrigue menée comme une mécanique bien huilée, je crains que le plus grand nombre ne se sente pas concerné, voire décroche en cours de route. Je l’ai pour ma part testé sur de très bons lecteurs et certainement pour un petit peu toutes ces raisons, la mayonnaise n’a pas pris…

Sauveur & fils – Saison 4

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Sauveur&fils4De Marie-Aude Murail
Paru chez L’École des loisirs

Comment résoudre tous nos problèmes ? On peut, comme Jean-Jacques, s’enfermer dans sa chambre et ne plus penser à rien en dégommant des terroristes sur son ordinateur. On peut, comme Gabin, s’enfoncer des écouteurs dans les oreilles et passer ses nuits en compagnie des zombis de The Walking Dead. On peut aussi, comme Frédérique, demander à une voyante de lire l’avenir, ou bien, comme Jérôme, s’enfuir en abandonnant femme et enfants. Mais on peut également consulter monsieur Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, comme Solo, comme Margaux, comme Samuel, comme Ella, et regarder la vie en face. Le bonheur sera peut-être au rendez-vous.

Et voilà, c’est le dernier. Il fallait bien que cette série s’arrête un jour…

Pourtant, quel plaisir de retrouver tout ce petit monde à chaque fois. Car à chaque fois, le petit pincement faisant craindre une histoire “moins bien” que les précédentes est rapidement balayé. Le lecteur est vite happé par le tourbillon et replonge avec délice dans le quotidien de Sauveur et toute sa troupe.
Comme dans les précédents tomes, l’histoire (ou plutôt les histoires) est passionnante, alternant entre les différents “mondes” de Sauveur qui reste le pivot central. C’est frais, ça pétille, ça coule tout seul. C’est un vrai plaisir.

Ce quatrième tome est peut-être un peu en retrait par rapport aux précédents. C’est bien que la série s’arrête là, avant qu’elle ne se dégrade… En tout cas, c’est un petit bijou débordant de sincérité, de tendresse, mais aussi d’humour.

Une série coup de cœur qui s’achève en beauté.

La noirceur des couleurs

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La noirceur des couleursDe Martin Blasco
Paru chez L’Ecole des loisirs

Cinq bébés enlevés.
Un projet expérimental diabolique consigné dans un journal intime.
Un journaliste qui enquête sur ces disparitions vingt-cinq ans après.

1910, Buenos Aires. Une jeune femme réapparaît au domicile de ses parents des années après avoir disparue, une nuit alors qu’elle dormait dans son berceau.
Une jeune femme sans aucun souvenir, un homme qui se comporte comme un chien, les images hallucinées d’une session d’hypnose, sont les pistes qui conduiront Alejandro à remonter le fil de cette sombre histoire jusqu’à un dénouement aussi terrifiant qu’inattendu. 

Le lecteur est désarçonné dès le départ avec un début cash, avant d’enchaîner sur un passage anodin de la vie quotidienne d’Alejandro pour “faire connaissance”. Dès ce second chapitre, le récit bascule et ce sera ensuite une montée en puissance crescendo savamment dosée jusqu’au dénouement.

L’alternance de scènes au présent et de flash-backs d’un journal intime permet de temporiser tout en distillant habilement le suspense. On pourrait supposer que ces passages de journal gâchent l’effet de surprise mais ce n’est pas du tout le cas.

Ce thriller fonctionne très bien et tient le lecteur en haleine jusqu’au bout.

Dans la forêt d’Hokkaido

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DanslaforetdhokkaidoD’Eric Pessan
Paru chez L’Ecole des loisirs

Je me suis réveillée en hurlant.
Jamais de ma vie je n’avais poussé un tel cri, jamais. J’ai coupé court aux questions de mes parents qui ont déboulé dans ma chambre. D’instinct, j’ai sur que ce rêve serait un secret. Mais il était là, parfaitement gravé dans ma mémoire.
J’étais un petit garçon.
J’étais dans la forêt d’Hokkaido.
J’étais seul.
J’étais perdu, pire que perdu.
J’étais abandonné.

Une couverture belle et mystérieuse, un titre tellement poétique, une quatrième de couverture intrigante… Ce livre a tout pour attirer le lecteur !
Le thème du cauchemar m’intéresse particulièrement. Ce récit va bien au-delà.
D’abord, il y a ce texte… simple, concis et ciselé, qui semble aller à l’essentiel et qui dit bien plus que les mots, travaillé jusque dans les moindres détails. Et puis l’intrigue finalement assez simple aussi, qui se dévoile en tandem avec Julie, notre guide. Tout cela pourrait être réel (et d’ailleurs on apprend dans les remerciements qu’un fait divers réel a inspiré l’auteur) malgré une pointe de surnaturel qui vient ajouter une touche particulière au récit.
Ce livre ne ressemble à aucun autre, c’est un OLNI (objet littéraire non identifié). Un bien bel OLNI…