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L’analphabète qui savait compter

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analphabeteDe Jonas Jonasson
Traduit par Carine Bruy
Première partution chez Presses de la Cité

Tout semblait vouer Nombeko Mayeki, petite fille noire née dans le plus grand ghetto d’Afrique du Sud, à mener une existence de dur labeur et à mourir jeune dans l’indifférence générale. Tout sauf le destin. Et sa prodigieuse faculté à manier les nombres. Ainsi, Nombeko, l’analphabète qui sait compter, se retrouve propulsée loin de son pays et de la misère, dans les hautes sphères de la politique internationale.
Lors de son incroyable périple à travers le monde, notre héroïne rencontre des personnages hauts en couleur, parmi lesquels deux frères physiquement identiques et pourtant très différents, une jeune fille en colère et un potier paranoïaque. Elle se met à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. À ce moment-là, l’humanité entière est menacée de destruction.
Dans sa nouvelle comédie explosive, Jonas Jonasson s’attaque, avec l’humour déjanté qu’on lui connaît, aux préjugés et démolit pour de bon le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou aux poules.

 

Ah que j’aime l’humour à la suédoise !!!!

C’est grinçant bien comme il faut, complètement farfelu et déroutant d’un bout à l’autre. On sait que tout peut arriver et il en arrive ! C’est formidable. L’histoire démarre tout de suite fort et le personnage principal, Nombeko est extra. Ses péripéties nous emmèneront jusqu’en Suède.

Le récit est mené tambour battant, malgré quelques passages qui traînent un peu en longueur. Le final est un vrai feu d’artifice !

La femme sauvage

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la femme sauvageMichel Gardère
Paru chez Presses de la Cité

En 1807, dans les Pyrénées ariégeoises, deux chasseurs aperçoivent et traquent une femme nue, accompagnée d’un ourson. Capturée, hurlant comme une démente ? on l’appellera désormais la Folle du Montcalm ?, elle est conduite chez le curé du village. L’inconnue ne prononce que ces mots : « Robespierre a tué ma famille », et s’échappe dans la nuit. Elle passera encore deux années dans la montagne avant d’être reprise et jetée en prison, à Foix. Pour y mourir peu après. Qui était cette femme ? Comment a-t-elle pu survivre ? Est-elle vraiment morte en prison comme on l’a dit ? Pourquoi le redoutable Fouché, ministre de la Police de Napoléon, s’intéressa-t-il tant à elle ? Et pour quelles curieuses raisons le préfet de l’Ariège tenta de la sauver ?

C’est cette incroyable mais authentique histoire qu’a reconstituée Michel Gardère, secondé par Anne-Charlotte Delangle. Palpitant comme un polar et admirablement documenté, La Femme sauvage nous raconte une extraordinaire aventure humaine.

Le fond de ce livre ne peut laisser personne indifférent. Le destin tragique de cette pauvre femme qui fut accablée plutôt que d’être secourue interpelle le lecteur.

J’ai tout de suite accroché à l’histoire et, bien que la tâche entreprise soit titanesque et que ma raison me dise que c’était impossible, je n’ai pu m’empêcher d’espérer que les enquêteurs trouvent quelque chose de concret sur cette femme sauvage. (Je n’en dirai pas plus à ce sujet pour ne pas gâcher le plaisir des futurs lecteurs potentiels)

Le travail effectué est impressionnant, car les auteurs sont partis de très peu. Le temps ayant fait son œuvre et l’affaire ayant (volontairement ?) été étouffée à l’époque, les recherches ont certainement été particulièrement difficiles. En revanche, on peut imaginer la jubilation des auteurs à chaque étape franchie. Lors de la discussion avec Michel Gardère sur le forum de Livr@ddict, il nous confiera que les recherches ont duré 18 mois, pour tout vérifier point par point et établir des hypothèses plausibles…

Il en ressort un livre à mi-chemin entre le témoignage et le roman et le lecteur suit la progression des enquêteurs pas à pas. En revanche, je n’irais pas jusqu’à comparer le livre à un polar comme c’est le cas sur la quatrième de couverture. Certes, on ne sait pas où tout cela va nous mener et on se pose de nombreuses questions, mais de là à parler de thriller… Le cheminement demeure néanmoins plutôt agréable à suivre et intriguant : trouveront-ils quelque chose ou pas ? Et si oui, quoi ?

En outre, le récit est ponctué de traits d’esprit humoristiques, qui allègent l’atmosphère. Les petites notes de bas de page expliquant l’origine de certaines expressions bien connues sont particulièrement édifiantes. Enfin, l’auteur maîtrise parfaitement la culture locale, allant même jusqu’à proposer des recettes de cuisine.

Cette enquête sur une femme mystérieuse est passionnante. Le livre reste toutefois dans le registre du témoignage et ne conviendra donc pas aux amateurs de récits historiques romancés.

Je remercie les Presses de la Cité  et Livr@ddict pour ce partenariat insolite.