Monthly Archives: April 2016

La tour

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Mise en page 1De Xavier Armange
Illustrations Chiara Arsego
paru chez D’Orbestier Rêves bleus

Qu’y a-t-il au-dessus du plafond ? Le ciel, d’accord, mais plus haut, encore plus haut, derrière, qu’est-ce qu’il y a ? Depuis la nuit des temps, les hommes se posent cette question, qui peut bien se cacher derrière : le dieu des vents, un diable boiteux, la reine de la nuit, le maître du temps ? Alors ils ont décidé de bâtir une tour, une tour immense pour grimper haut, toujours plus haut, au-dessus des oiseaux, au-dessus des nuages, pour voir, pour savoir… Mais qu’ont-ils vu ?

Un conte superbement illustré, une traversée de l’histoire du monde. L’évolution de l’humanité, ses expérimentations artistiques, ses découvertes techniques et son éternelle interrogation jusqu’ici restée sans réponse…

Ce livre grand format est majestueux.

La très belle image de couverture invite immédiatement à la rêverie, le titre intrigue. On n’a qu’une envie, l’ouvrir !
Et là on n’est pas en reste. L’histoire est rythmée, intéressante… mais il ne s’agit pas simplement d’une histoire. Il s’agit de l’Histoire elle-même que cet album traverse avec un angle de vue original à travers l’architecture, sans toutefois s’apparenter à un documentaire. Les illustrations grandioses tout en tours et détours parlent à l’imaginaire, incitant le lecteur à se perdre dans un dédale de détails.

En tout temps, l’Homme a voulu explorer, aller voir plus loin, plus haut. Cette tour qui semble s’ériger au fil des siècles, à laquelle des peuples et des personnes très différents participent, en est le symbole. Jusqu’au moment où on réalise qu’il est temps de revenir sur terre…
Un beau pied de nez aux bâtisseurs de gratte-ciels qui oublient de protéger la nature et les choses simples de la vie.

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Charmer, s’égarer et mourir

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Marie AntoinetteDe Christine Orban
Paru chez Albin Michel

C’est Marie-Antoinette que je voulais écouter. L’écouter comme si j’avais été sa confidente. Sa voix résonne dans sa correspondance, dans ses silences, dans les mots effacés et retrouvés. Je l’ai entendu. Les lignes tracées de sa main sont comme des notes sur une partition de musique. Je perçois l’incertitude de son timbre, sa sensualité, je perçois des sons graves et légers comme l’eau d’une rivière, une rivière de larmes.

Il ne s’agit pas d’un roman à proprement parler, ni d’un documentaire non plus. Plutôt un essai où l’auteur nous livre le fruit de ses recherches et réflexions à la manière d’un roman.

L’auteure semble être de celles qui vont au fond des choses. On sent tout de suite que Marie-Antoinette a fait irruption dans sa vie et en a rempli les moindres recoins. C’est peut-être ce qui fait la sensibilité de ce récit, sa justesse.
Bien sûr, il y a des déductions subjectives, des partis pris, mais comment pourrait-il en être autrement ? Ces événements remontent à si longtemps.
L’analyse de Christine Orban est intéressante pour son discernement. Elle nous livre une Marie-Antoinette ni toute blanche ni toute noire et c’est peut-être aussi ce qui fait que le lecteur s’y attache au fil des pages, d’autant qu’il s’agit tout de même un personnage qui fascine en soi.

C’est un très beau portrait, très humain.

Les ombres de Kerohan

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ombres de KerohanDe N. M. Zimmermann
Paru chez Ecole des loisirs

À douze ans, Viola a déjà traversé bien des épreuves. Lorsqu’elle est envoyée chez son oncle en Bretagne, avec son frère Sebastian, on lui dit que l’air marin lui fera du bien. Il paraît que son oncle est très riche, qu’il habite un manoir, à Kerohan, et que l’on peut s’y reposer. Se reposer, vraiment ? Certes, le parc est immense, et Viola et Sebastian ont chacun une chambre, mais il n’y a pas grand monde pour prendre soin d’eux. Et qu’est devenue la prétendue fortune de leur oncle ? Le manoir est bien vide et, à Kerohan, Viola et son frère sont des proies faciles pour l’ennui et la solitude. Encore que. Peut-on parler de solitude quand d’étranges silhouettes parcourent les couloirs à la nuit tombée ? Quand Sebastian prétend avoir vu un korrigan ? Quand la salle de musique déserte résonne de la musique d’un piano ? Et que veille sur eux tous l’inquiétant docteur Vesper.

Un roman pour jeunes ados qui aiment lire en frissonnant ou frissonner en lisant.
Amateurs de suspense et de surnaturel, ce roman est fait pour vous !

L’ambiance est au top, avec un vieux manoir qui fait peur et des personnages plus qu’énigmatiques…
Le récit, captivant, monte bien en puissance pour un suspense crescendo.
J’aurais aimé un dénouement moins sage ou un peu plus explosif. Cela étant il laisse planer une part de doute très réussi et satisfera sans aucun doute les lecteurs de l’âge cible.

Le titre et l’illustration de couverture (très élégante, de Séverin Millet) sont parfaitement choisis.

Blanche-Neige et les 77 nains

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blanche-neige-et-les-77-nains

De Davide Cali
Illustré par Raphaëlle Barbanègre
Paru chez Talents Hauts

Il était une fois une jeune fille nommée Blanche-Neige qui, pour échapper à une méchante sorcière, trouva refuge chez 77 nains. En échange de leur hospitalité, les nains demandèrent à la jeune fille de prendre soin d’eux et de leur maison. Épuisée par la charge de travail et excédée par les caprices des nains, Blanche-Neige fut trop heureuse de croquer la pomme et de pouvoir enfin dormir !

Revisité, dépoussiéré, ce bon vieux conte met le doigt là où ça fait « mal ».
Blanche-Neige se coltine le ménage, la cuisine, l’entretien des nains et doit en plus leur raconter une histoire chacun le soir. 77 histoires !

Elle est débordée, épuisée… Blanche-Neige qui passe le balais en chantonnant, c’est fini. Cela étant, dans l’histoire traditionnelle, les nains ont au moins le mérite de prendre leur bain seuls et de participer un peu aux tâches ménagères. Mais ici, que nenni ! À part exiger, ils ne font rien !
Tant et si bien que la pauvre Blanche-Neige perd de sa superbe au fil des pages… À bout, elle préfère quitter la maison des nains !
Et on termine en beauté avec un petit pied de nez !

Blanche-Neige et les 77 nains ou comment faire passer le message sans passer par la Lorraine avec de gros sabots dondaine.
Un album d’utilité publique, si vous voulez mon avis.