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Le seigneur d’Opium

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De Nancy Farmer
Paru chez l’Ecole des loisirs

À quatorze ans, Matt est un Seigneur de la drogue. Après la mort d’El Patrón dont il était le clone, l’adolescent a hérité d’Opium, un pays créé de toutes pièces entre les États-Unis et le Mexique pour y développer la culture du pavot et fournir en drogue les trafiquants du monde entier. Aujourd’hui, tous s’attendent à le voir suivre les traces de l’ancien Seigneur d’Opium, dont il partage l’identité, l’ADN et peut-être davantage…
Pourtant Matt a d’autres ambitions. Il compte en finir avec la culture de la drogue et libérer les eejits, ces clandestins transformés en esclaves-zombies programmés pour travailler sans relâche dans les champs de pavot. Mais avant d’y parvenir, il doit apprendre à se faire respecter et tenir à distance les autres Seigneurs de la drogue prêts à fondre sur son territoire, comme le terrifiant Glass Eye Dabengwa.
Quitte à suivre les conseils que lui murmure à l’oreille une voix familière, celle d’El Patrón, comme revenu d’entre les morts…

Il faut savoir qu’il s’agit d’une suite (La maison du scorpion est le tome 1). Si on l’ignore (rien ne l’indique sur le livre), on risque d’être un peu perdu sur la première partie, très touffue et faisant référence à des éléments antérieurs. Je ne le savais pas et j’avoue avoir eu, du coup, du mal à rentrer dans l’histoire. Cela faisait beaucoup d’informations à digérer d’un coup. Pour autant, ce n’est pas insurmontable (la preuve !). Une fois ce démarrage assimilé, on pourra suivre Matt dans sa quête idéaliste : soigner les eejits et cesser de produire du pavot. Les personnages sont plutôt sympathiques même si le personnage principal manque un peu de relief. L’histoire est agréable, bien que peu réaliste par moments, à la fois on est complètement dans la fiction ! Le récit est bien structuré. L’ensemble en fait une lecture agréable et distrayante, sans toutefois déclencher le coup de cœur…

Le roi et le premier venu

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Texte Alain Serge Dzotap
Illustrations Anne-Catherine De Boel
Paru chez l’Ecole des loisirs, Pastel

Il était une fois, un roi qui régnait avec bonté sur la brousse. Mais on raconte qu’un jour, il se dit : « C’est pas tout ça ! Un vrai roi, ça doit faire trembler de peur tout le monde ! »

D’emblée, la couverture interpelle : les couleurs, la majesté du personnage-lion donnent très très envie. Alors bien sûr, on va plus loin et on n’est pas déçu par ce récit aux accents de conte. L’histoire est plaisante mais ne se contente pas de divertir. Ici on parle tyrannie, amitié, influence néfaste. Ici, l’auteur invite le petit lecteur à réfléchir par lui même.

Les illustrations colorées de qualité finissent le travail de séduction…

Disparais !

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De Mickaël Escoffier et Mathieu Maudet
Paru chez L’école des loisirs

Charlotte en a assez qu’on lui dise ce qu’elle doit faire, qu’on lui donne des ordres. Ses parents sont décidément trop autoritaires.

Alors elle commande une boîte de magie pour son anniversaire et s’empresse de les faire disparaître. Quelle joie de pouvoir enfin faire TOUT ce qu’elle veut. Et elle ne s’en prive pas. Elle se sent enfin libre. Pourtant, quelques heures plus tard, cette liberté commencera à lui peser et elle aimerait finalement retrouver ses parents et leur cocon protecteur. Heureusement la baguette magique est là.

La chute est très bonne puisque ce sont cette fois les parents qui demandent à Charlotte de disparaître !

Un texte simple mais efficace, des illustrations colorées.
Au-delà du message, cet album est l’assurance d’un bon moment de lecture partagée.

Sauveur et fils (saison 1)

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sauveur-et-filst1De Marie-Aude Murail
Paru chez Ecole des loisirs

Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

Le livre démarre de façon réjouissante avec le quotidien du psy Sauveur Saint-Yves. Passé le premier moment de découverte, on pourrait penser que l’intrigue va vite devenir ennuyeuse ou s’enliser mais pas du tout ! D’abord, il y a la relation père et fils qui prend sa place et puis on ne suit que certains patients, dont les parcours sont rocambolesquement passionnants et à la fois tellement d’actualité. Si on ajoute à cela une pincée de mystère, sur fond de parfums épicés de la Martinique, des personnages très attachants et une bonne dose d’humour, on tient un livre réjouissant et exaltant qui se dévore d’une traite !

Le cœur est un muscle fragile

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Mise en page 1De Brigitte Smadja
Paru chez L’Ecole des loisirs

Simon Peretti, quinze ans et demi, photographe de nuages, amateur de hard métal, d’Érik Satie et d’Eminem, a des centaines d’amis sur Facebook depuis qu’il est devenu le type le plus populaire du lycée. Celui qui a réussi à conquérir la fille la plus mystérieuse du quartier, une terreur, une légende. Nul doute, on les a vus, on les a pris en photo. Ils veulent tous la connaître, réclament à Simon leur dose d’images et de commentaires. Surtout Léonard et Nessim. Ne se connaissent ils pas depuis toujours, ne sont-ils pas frères ? Simon refuse d’en dire davantage, protège une histoire qui n’appartient qu’à lui et à la fille qu’il vient de rencontrer. Bientôt, il parlera à ses amis d’enfance, mais pas maintenant. Pourtant, il suffit d’un week-end pour que le monde de Simon Peretti s’effondre. Pour qu’il assiste, impuissant, à son lynchage numérique. Pire, Léonard et Nessim ne font rien pour arrêter ce carnage. Comment en sont-ils arrivés là tous les trois et justement ce lundi où il s’apprêtait à leur présenter la fille qu’il aime le plus au monde ?

Ce roman aborde le thème de l’amitié. Rester amis et unis en grandissant parfois dans des directions opposées… vaste sujet sur lequel tout un chacun a quelque chose à dire. C’est certainement pour cela qu’il reste un sujet très présent en littérature  pour ados. Souvent, ce sont des amitiés de filles mais là il s’agit d’amitiés de garçons et ça, c’est chouette parce que les garçons eux aussi ont de belles amitiés, il n’y a pas de raison.

Les trois compères souffrent du dérapage de leur amitié et de non dits en cachotteries, ils assistent presque impuissants à l’escalade, muselés par leur environnement. L’adolescence complique tout, les filles encore plus. Et sans parler du sacro saint Internet !

C’est plutôt bien vu et le roman est agréable à lire. De plus, la fin surprend !

Petit bémol toutefois, pour moi, le comportement des collégiens et la liberté totale dont ils bénéficient décrits ici s’apparentent plus à des lycéens tout de même. Des parents comme ceux de Simon n’ont en général pas encore complètement capitulé au collège (tant mieux !).

Krol le fou

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krolDe Sigrid Baffert
Illustrations Aurore Callias
Paru chez L’école des loisirs

Edgar aime s’asseoir sur un banc après l’école et scruter l’océan. Là, au moins, il est tranquille. Un jour, un oiseau se pose près de lui et se met à lui parler. Ce n’est pas n’importe qui : c’est Krol, un fou de Bassan. Krol aussi aime le calme, et rester à l’écart de son clan. Or il a un service très important et très spécial à demander à Edgar. Mais rendre service à un fou, est-ce bien raisonnable ?

Après le gros coup de cœur pour Halb, il était temps de renouer avec la plume de Sigrid Baffert et d’emblée la magie opère à nouveau.
Aussi surprenant que cela puisse paraître au vu du thème de départ, il se passe plein de choses et l’histoire avance bien, avec un rythme dynamique.
Le texte est équilibré, aussi fin que de la dentelle du Puy, subtilement délicat, délicieux… C’est léger et profond, sérieux et drôle à la fois. Les jeux de mots sont excellents, bref, j’adore.
Sans aucun doute mon gros coup de cœur jeunes lecteurs 2016 !

Les trois coeurs

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lestroiscoeursAlice Butaud, Marika Mathieu
Illustrations Soledad Bravi
Paru chez l’Ecole des loisirs

Sous la mer comme sur terre, il y a des écoles et des écoliers. A la demande de Mme Mérou, leur institutrice, Roger le poisson rouge, Toni le calamar et Eugénie la sèche doivent préparer un exposé sur un vaste sujet : le coeur. Eugénie, qui craint secrètement d’être née sans coeur, souhaite interroger un docteur. Mais Toni préfère aller voir sa grand-mère, qui est, paraît-il, un vrai coeur d’artichaut. Ils vont aussi croiser une huître très fermée et un bernard l’hermite qui n’a plus le coeur à rien. Leur enquête progresse… Mais ce qu’ils ignoraient tous trois, c’est qu’elle pourrait soudain s’avérer dangereuse.

Un petit livre tout fin qui s’adresse aux bons lecteurs à partir de 8 ans et sans limite d’âge. C’est ce qui fait la force de ce petit roman : on prend autant de plaisir à le lire enfant qu’adulte. La lecture présente plusieurs niveaux. Il n’est pas compliqué tout en proposant un texte assez soutenu, il est drôle et il y a matière à creuser en profondeur.

C’est un livre lumineux qui fait du bien…
Un livre qui fait grandir,  réfléchir et même philosopher…