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Thérèse Raquin

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ThereseRaquinD’Emile Zola
Illustrations Mayalen Goust
Paru chez l’Ecole des loisirs, collection illustres classiques

Thérèse Raquin est la fille d’une Algérienne et d’un capitaine français, Degans, posté en Algérie. Thérèse a deux ans ; son père la confie à sa soeur, Madame Raquin, qui habite en métropole. Elle a un fils, Camille, de santé fragile. Thérèse partage l’enfance et l’adolescence de Camille. Lorsque Thérèse a 18 ans, Madame Raquin marie les deux cousins. Camille souhaite aller vivre à Paris et travailler dans une grande administration. Madame Raquin trouve une boutique et un appartement au passage du Pont Neuf. Les femmes y ouvrent une mercerie tandis que Camille trouve un emploi dans l’administration du chemin de fer d’Orléans. Pour Thérèse commencent trois années de vie monotone, ponctuées tous les jeudis soir par la visite des mêmes invités : le vieux Michaud, commissaire de police retraité et ami de Madame Raquin, son fils Olivier, également dans la police, sa femme Suzanne et Grivet, collègue de Camille : Ils prennent le thé en jouant aux dominos. Thérèse déteste ces soirées.

Thérèse Raquin est ici proposé dans cette sublime collection illustrée en dix tableaux plus beaux les uns que les autres. Le format est grand, offrant ainsi un beau livre digne des bibliothèques les plus selects. Je ne m’attarde pas sur l’histoire, si ce n’est que c’est un régal de relire ce classique et que cette version abrégée (il ne s’agit pas d’un résumé ni d’extraits mais bien d’une version abrégée du texte original) se lit parfaitement, sans souffrir de manques ni de faiblesses par rapport au texte original. On est bien vite emporté par ce drame noir à souhait, cette tornade d’émotions dont la montée en puissance est savamment maîtrisée. Quel écrivain génial, ce Zola !

La traversée du temps

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Traversee du tempsDe Yasutaka Tsutsui
Paru chez l’Ecole des loisirs

La salle de sciences naturelles ressemblait à un débarras rempli de choses horribles. Et puis soudain, au milieu des squelettes, des collections d’insectes et des animaux empaillés, Kasuko se sentit envahie par une odeur douce et nostalgique, comme de la lavande. Elle crut voir une ombre, un fantôme, ou un voleur, puis s’évanouit.
A partir de ce moment-là, plus rien ne fut normal. Kasuko avait l’impression d’avoir fait un saut dans les temps, de savoir à l’avance ce qui allait se passer. En outre, les catastrophes se succédaient sur son passage : tremblement de terre, incendie, camion fou…
Il lui fallait maintenant convaincre ses amis, Goro et Mazaru, ainsi que son professeur de sciences, qu’elle n’était pas folle. Et surtout découvrir d’où lui venait cet étrange pouvoir…

Ce très court roman japonais sort des codes établis pour “étiqueter” la littérature jeunesse : il met en scène des lycéens, tout en s’adressant à des collégiens. Pour moi il s’agit plutôt d’un roman pour jeunes lecteurs. Le thème du voyage dans le temps ne peut que faire mouche. Il y a de l’action mais pas trop. Tout s’enchaîne bien, avec des surprises et une montée en “puissance” réussie. Le style est simple… C’est une belle initiation à la science-fiction, avec des personnages attachants et la découverte du mode de vie des ados japonais.

Je trouve qu’il se dégage une grande douceur de ce récit sensible et délicat. J’ai apprécié cette lecture et j’aurais voulu qu’elle dure un peu plus. Il y aurait eu matière à étoffer plus, mais l’essentiel est là, à nous d’imaginer le reste !

Initialement publiée dans un magazine en 1965, la nouvelle a rencontré un vif succès. Plusieurs adaptations ont vu le jour, notamment un manga et un animé qui sont des adaptations très libres. Il est préférable de lire le roman avant de se pencher sur les adaptations pour bien l’apprécier à sa juste valeur.

Les îles – Le pays des Chintiens

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Les ilesD’Anne Brouillard
Paru chez Pastel (Ecole des loisirs)

Après une aventure à travers la Grande Forêt, Killiok et ses amis embarquent à bord d’un bateau de croisière pour assister au spectacle de Vari Tchésou, le magicien rouge. Bien vite, ils découvrent que les Nuisibles se sont mêlés aux passagers et que des bébés Mousse se sont introduits clandestinement. Ce voyage ne sera donc pas de tout repos et les conduira dans les abysses du Pays Noyé et sur le sol du Pays Comici. De l’eau à la ville, ils exploreront une Atlantide habitée et ils découvriront le quotidien des citadins du Comici qui paient pour manger et où les chiens marchent à quatre pattes, au grand étonnement de Killiok. L’exploration de la Chintia, ce pays divisé en 11 régions, se poursuit avec les personnages du Pays du Lac tranquille découverts dans le premier tome. Cette fois, Anne Brouillard nous embarque à bord du Nilvaranda pour partir à la rencontre des habitants de Comici qui sont un peu comme nous et à la découverte du Pays Noyé.

Première précision : il s’agit d’un tome 2. Rien ne l’indique à première vue, je ne le savais donc pas. Pour autant, il m’a semblé à la lecture qu’il s’agissait d’un détail non négligeable car les références à la première aventure sont nombreuses et peuvent donc échapper au lecteur qui ne l’aurait pas lu.

Ceci mis à part, c’est un livre étonnant, complètement hybride, avec des parties de narration, des parties illustrées, des parties en BD et des parties illustrées sans texte. Cela permet une grande variété puisque l’on passe des uns aux autres. Les illustrations élégantes fourmillent de détails. Il faut prendre le temps et faire plusieurs lectures pour bien en profiter. Le récit est quant à lui moins abordable. Il est à la fois très clair dans le style et un peu confus dans l’intrigue. Il se passe des choses, mais il est difficile de comprendre où on veut en venir. Je pense qu’il faut également plusieurs lectures pour l’appréhender au mieux et commencer par le tome 1 !

C’est un livre qui ne laisse définitivement pas indifférent.

Krimo, mon frère

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KrimoDe Mabrouck Rachedi
Paru chez l’Ecole des loisirs

Lila part au Japon pour accomplir la dernière volonté de Krimo, son petit frère : disperser ses cendres en haut du World Trade Center d’Osaka. C’est la première fois qu’elle voyage seule, contre l’avis de ses parents.
Pourquoi Krimo a-t-il demandé à être incinéré ? Pourquoi au Japon, où il n’a jamais mis les pieds ? De nombreuses questions assaillent la jeune femme de 19 ans. Pour y répondre, elle n’a que le journal du défunt et un compagnon de hasard.

De loin on pourrait croire à un thriller, mais de près, même si les éléments de suspense sont présents, ce ne sont pas eux qui sont importants (et le suspense n’est pas insoutenable). Ici il est plus question de trouver sa place dans la société, de faire ses propres choix et les assumer, mais aussi d’apprendre à voler de ses propres ailes.
Malgré un dénouement trop rapide et le manque de rebondissements, j’ai apprécié cette lecture qui sonne juste. Avec une plume agréable, l’auteur n’en fait pas trop : le bon ton, la mesure adaptée… Le message est positif sans être mielleux. Tout cela est très bien dosé.
De plus, ce roman permet au lecteur de voyager au Japon : dépaysement et bon moment garantis !

L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges

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Leblouissante lumiereDavide Morosinotto
Paru chez l’Ecole des loisirs

1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Les chars allemands progressent sur l’immense territoire russe vers le Nord en direction de Leningrad. Dans la précipitation, avant que la ville ne soit encerclée, on organise l’évacuation en train de milliers d’enfants. Viktor et Nadia sont parmi eux. Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Viktor est envoyé dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats. Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête : traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa sœur. Et pour cela il doit être prêt à tout. Car dans un pays en guerre, nécessité fait loi.

Davide Morosinotto m’avait déjà bluffée avec Le célèbre catalogue Walker & Dawn et le voilà qui recommence avec ce nouveau roman ! Si j’ai eu quelques doutes au départ liés à la présentation en “carnets” (je ne suis pas friande de romans épistolaires ni de journaux intimes…), ils ont vite été balayés.
Une fois encore, c’est tellement documenté et bien écrit qu’on a l’impression de lire une histoire vraie. J’aime beaucoup la façon qu’a l’auteur de “raconter” et je peux dire sans hésiter après cette seconde lecture qu’il fait définitivement partie des auteurs à suivre.

L’intrigue est palpitante, passionnante, instructive et ponctuée de traits d’humour. Il n’existe pas énormément de récits de ce point de vue, abordant la Seconde Guerre mondiale du côté russe, pendant le siège de Leningrad. Cela permet de renouveler le thème et de donner un autre éclairage sur ce conflit. Nos apprentissages scolaires nous ont en effet donné de bonnes bases sur le sujet, mais toujours vu du bout de notre lorgnette européenne.

Le roman est assez gros mais se lit rapidement, sans effort. C’est un vrai plaisir.
C’est mon second coup de cœur lecture de cette année.

C’est mon arbre

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CestMonArbreD’Olivier Tallec
Paru chez Pastel (Ecole des loisirs)

J’adore les arbres.
J’adore cet arbre.
C’est MON arbre.
Ce sont MES pommes de pin !

Les livres d’Olivier Tallec sont toujours mignons… mais pas que ! L’humour y est souvent grinçant.

Ici, tel est pris qui croyait prendre et à trop se la jouer individualiste, notre écureuil se retrouve complètement isolé. A coups de petites phrases incisives, le décor est posé. L’écureuil ne veut pas  partager ni être importuné et n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour garantir sa tranquillité. Pourtant, très vite, il aura envie de savoir ce qui se passe de l’autre côté. Ce qu’il y verra le laissera d’ailleurs sans voix, peut-être pour donner au jeune lecteur l’occasion de réfléchir par lui-même à la situation.

Les illustrations aux belles couleurs automnales pétillent d’humour. Le personnage est très expressif et attachant. C’est un bel album très lumineux.

Boo

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BooDe Neil Smith
Paru chez l’Ecole des loisirs

Lorsqu’il se réveille au Village, Oliver « Boo » Dalrymple est à peine surpris. Son cœur malade, croit-il. Mais quelque temps après son arrivée dans cet au-delà réservé aux trépassés de treize ans, le jeune garçon découvre, horrifié, qu’il a été victime d’une fusillade. Pire encore : son assassin pourrait bien se trouver lui aussi au paradis. Avec l’aide de Johnny, un camarade de classe arrivé au Village peu de temps après lui, Boo se lance dans une chasse à l’homme pour retrouver le mystérieux « Gunboy » qui leur a ôté la vie. Mais dans cette antichambre de la mort où les fenêtres brisées repoussent comme par magie et où le ciel demeure éternellement gris, les apparences ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être…

Ce roman se passe au Village. Un paradis assez loin de celui que l’on pourrait imaginer. Boo, asocial, mort tragiquement, se retrouve dans un endroit peuplé exclusivement d’ados de 13 ans (ce paradis est organisé par âge), comble de l’horreur pour lui. Comme si cela ne suffisait pas, il semblerait que son meurtrier se soit donné la mort et se trouve également au même endroit, ce qui donne lieu à quelques péripéties.

Je trouve ce livre très original, d’abord par son thème et la façon dont il est traité. Petit détail auquel je suis personnellement sensible : la couverture extra avec ses découpes façon vieux casier…
Ce paradis que nous découvrons avec Oliver est vraiment étonnant. Des questions existentielles autour de la marginalité, du vivre ensemble et de l’amitié seront également abordées et le point crucial de ce récit sera de savoir s’il faut se venger ou bien pardonner.
Par ailleurs, l’intrigue ménage quelques surprises et ce, jusqu’au bout. On ne s’ennuie pas un seul instant avec cette lecture !