Author Archives: Corinne

La noirceur des couleurs

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La noirceur des couleursDe Martin Blasco
Paru chez L’Ecole des loisirs

Cinq bébés enlevés.
Un projet expérimental diabolique consigné dans un journal intime.
Un journaliste qui enquête sur ces disparitions vingt-cinq ans après.

1910, Buenos Aires. Une jeune femme réapparaît au domicile de ses parents des années après avoir disparue, une nuit alors qu’elle dormait dans son berceau.
Une jeune femme sans aucun souvenir, un homme qui se comporte comme un chien, les images hallucinées d’une session d’hypnose, sont les pistes qui conduiront Alejandro à remonter le fil de cette sombre histoire jusqu’à un dénouement aussi terrifiant qu’inattendu. 

Le lecteur est désarçonné dès le départ avec un début cash, avant d’enchaîner sur un passage anodin de la vie quotidienne d’Alejandro pour “faire connaissance”. Dès ce second chapitre, le récit bascule et ce sera ensuite une montée en puissance crescendo savamment dosée jusqu’au dénouement.

L’alternance de scènes au présent et de flash-backs d’un journal intime permet de temporiser tout en distillant habilement le suspense. On pourrait supposer que ces passages de journal gâchent l’effet de surprise mais ce n’est pas du tout le cas.

Ce thriller fonctionne très bien et tient le lecteur en haleine jusqu’au bout.

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Les forces du mal – Le carnet magique

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Les-forces-du-malEditions Gallimard jeunesse
Saga Harry Potter

Retrouvez Gellert Grindelwald, Lord Voldemort, les maléfices et les terribles créatures du monde magique, ainsi que les héros qui les ont affrontés : élèves de l’armée de Dumbledore, membres de l’Ordre du Phénix mais aussi Aurors du MACUSA et Non-Maj’. Un carnet aux surprises étonnantes : avis de recherche, cartes à collectionner, stickers, et bien d’autres encore.

Ce carnet traite à la fois la saga Harry Potter et Les animaux fantastiques. Il est plutôt centré sur les films que sur les livres, tout comme les autres carnets de la collection.

Celui-ci a pour sujet les forces du mal et la magie noire. Il présente des personnages et créatures du côté sombre (Malefoy, mangemorts, ainsi que l’affreux vilain himself), les sorts interdits ainsi que des artéfacts (horcruxes).

Comme les précédents carnets, Les forces du mal fait partie des beaux-livres de produits dérivés sur Harry Potter : belles illustrations, goodies et bonus à détacher ou déplier en font un ouvrage très riche, complet et intéressant qui ravira sans aucun doute les fans collectionneurs.

Dans la forêt d’Hokkaido

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DanslaforetdhokkaidoD’Eric Pessan
Paru chez L’Ecole des loisirs

Je me suis réveillée en hurlant.
Jamais de ma vie je n’avais poussé un tel cri, jamais. J’ai coupé court aux questions de mes parents qui ont déboulé dans ma chambre. D’instinct, j’ai sur que ce rêve serait un secret. Mais il était là, parfaitement gravé dans ma mémoire.
J’étais un petit garçon.
J’étais dans la forêt d’Hokkaido.
J’étais seul.
J’étais perdu, pire que perdu.
J’étais abandonné.

Une couverture belle et mystérieuse, un titre tellement poétique, une quatrième de couverture intrigante… Ce livre a tout pour attirer le lecteur !
Le thème du cauchemar m’intéresse particulièrement. Ce récit va bien au-delà.
D’abord, il y a ce texte… simple, concis et ciselé, qui semble aller à l’essentiel et qui dit bien plus que les mots, travaillé jusque dans les moindres détails. Et puis l’intrigue finalement assez simple aussi, qui se dévoile en tandem avec Julie, notre guide. Tout cela pourrait être réel (et d’ailleurs on apprend dans les remerciements qu’un fait divers réel a inspiré l’auteur) malgré une pointe de surnaturel qui vient ajouter une touche particulière au récit.
Ce livre ne ressemble à aucun autre, c’est un OLNI (objet littéraire non identifié). Un bien bel OLNI…

Une colonne de feu

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Une colonne de feuDe Ken Follett
Paru chez Robert Laffont

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu’il connaissait va changer à tout jamais… Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu’il voulait épouser, Margery Fitzgerald.
L’accession d’Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l’Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France où la séduisante Marie Stuart – considérée comme l’héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l’un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent…
Dans ce demi-siècle agité par le fanatisme qui répand la violence depuis Séville jusqu’à Genève, les pires ennemis ne sont cependant pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n’importe quel prix.

Tous les fans des Piliers de la terre (et ils sont nombreux) se sont sans doute réjouis de la sortie de ce nouvel opus, option gros pavé de 922 pages…

Dans les faits, il ne s’agit pas d’une suite. Le lieu principal de l’intrigue, celui où les personnages reviennent à intervalles réguliers est Kingsbridge mais on fait un petit saut dans le temps. On ne retrouve donc pas les personnages des précédents mais l’ambiance est là.

Très vite, Ken Follett nous emporte dans son histoire, comme il sait si bien le faire. Cette fois-ci nous voyagerons en Angleterre, en France, en Espagne, aux Pays-Bas et même plus loin encore. Mais partout la rivalité oppose catholiques et protestants. Ceci constituera le thème principal du livre.
Trahisons, complots, rois, reines, petites gens, c’est une grande fresque qui se dessine… pleine de tournants et de rebondissements.

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle aventure, même si quelques passages auraient pu être raccourcis à mon goût. Cela étant, c’est tellement agréable de prendre son temps…

Hôtel Grand Amour

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HotelGrandAmourDe Sjoerd Kuyper
Paru chez Didier jeunesse

Le jour où son père fait un infarctus, le quotidien de Vic, 13 ans dérape comme des chaussures sans crampons sur un terrain de foot. Le voilà seul avec ses trois sœurs pour gérer un hôtel au bord de la faillite. Mais Laeti fait sa chef. Alex n’écoute personne et Pétro enchaîne les bêtises…
Donc quand la belle Isabel rompt avec lui alors qu’ils ne sortent même pas ensemble, Vic déclare forfait : il ne
comprend vraiment RIEN aux filles !

Je ne sais pas si c’est à cause du ton, du style ou autre chose (l’effet traduction peut-être), mais j’ai eu du mal à entrer dans ce roman. Pourtant, Vic, le personnage principal, tourmenté comme un garçon de 13 ans est très attachant et ses rapports avec son père plutôt sympas. Mais j’ai trouvé le démarrage difficile. Ensuite, le côté farfelu prend le dessus, les péripéties s’enchaînent et ça fonctionne.

Le tour de force de ce roman, à mon avis, est sa capacité à séduire filles ET garçons : il y est question de Miss Mer du Nord et de football, mais surtout de se comprendre les uns et les autres et de cohabiter, ce qui n’est pas la chose la plus aisée qui soit à l’adolescence.

C’est frais et plein d’humour. Une bonne lecture pour les vacances !

Socrate, un homme dangereux

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SocrateDe Christopher Bouix
Paru chez L’Ecole des loisirs

À Athènes, Socrate n’est pas du goût de tout le monde. Lorsqu’ils le voient déambuler sur l’Agora, la barbe mal taillée et les pieds nus, ses contemporains retiennent leur souffle. Il faut dire que le philosophe ne les laisse jamais tranquilles. La démocratie, le travail, la société de consommation, la bonne moralité : avec lui, tout y passe ! Il interroge, il questionne, il provoque.
Qu’est-ce que la liberté ? Qu’est-ce qu’une vie réussie ? Comment résister face aux populismes, aux fanatismes, aux opinions toutes faites ? Socrate est décidément loin d’être mort !
2 500 ans plus tard, les idées de ce diable d’homme, père de la philosophie, provocateur et attachant, n’ont pas pris une ride.

Ce titre m’intriguait. S’agissait-il d’un roman jeunesse, d’une version romancée ? Mais qu’étais-ce donc ? Le meilleur moyen de le savoir était bien sûr de le lire.

L’auteur nous plonge immédiatement dans l’Athènes de Socrate. Les détails, les petites descriptions, tout est là pour stimuler l’imagination du lecteur. Christopher Bouix maîtrise son sujet à fond !
C’est un peu déroutant tout de même au départ car il s’agit finalement d’une forme de documentaire (même si ce n’en est pas tout à fait un), donc on ne sait pas trop où l’auteur veut en venir mais on se laisse emporter car c’est bien raconté.

Nous ferons donc connaissance avec Socrate, ses amis, ses ennemis, ses idées.

Les plus jeunes n’accrocheront certainement pas, en revanche, à partir de la seconde, l’intérêt de l’ouvrage est évident et je dirais même indispensable pour la terminale.

La forêt millénaire

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Foret millenaireDe Jiro Taniguchi
Paru chez Rue de Sèvres

Suite au divorce de ses parents et à la maladie de sa mère, Wataru est accueilli par ses grands-parents. Pour le jeune garçon tokyoïte, cette nouvelle vie à la campagne est un bouleversement. Il découvre sa nouvelle école, son nouvel environnement. La forêt en particulier l’impressionne et semble lui communiquer une force presque surnaturelle, venue du fonds des âges. Lorsqu’il devra faire ses preuves face au groupe d enfants qui le mettent au défi, c’est d’elle que lui viendra un courage intérieur qui lui était inconnu.

Un début très mystérieux et intriguant, qui se passe au cœur de la forêt. Wataru semble être un jeune garçon comme les autres, pourtant, il entend la voix de la forêt. On se demande ce qui va se passer ensuite, tout semble possible.

Malheureusement, on ne le saura jamais car Taniguchi est décédé avant de pouvoir aller plus loin.

L’univers de ce début d’histoire initialement prévue sur plusieurs tomes reste néanmoins très poétique et captivant. Les illustrations sont à fois douces et puissantes, on entre tout de suite dans l’ambiance.

Même s’il s’agit d’un simple embryon d’histoire, ce livre est intéressant, par tout ce qu’il suggère. C’est un très bel objet au papier épais, avec un dossier qui donne des explications détaillées sur le projet ainsi que des croquis. On ne peut que regretter que Taniguchi n’ait pas eu le temps d’aller plus loin.