Monthly Archives: April 2017

La malédiction de Gabrielle, tome 2 : A l’ombre du diable

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De Andrea H. Japp
Paru chez Flammarion

1348. La peste fait rage dans Paris et l’épidémie a changé la face du royaume. Aurait-elle aussi changé Gabrielle? Déterminée à être maîtresse de son propre destin, plus rien n’arrête cette femme bafouée par son mari, joueur acharné qui dépensait leurs quelques sous dans les pires tripots et les plus sombres bordels. Elle quitte la capital avec sa fidèle Adeline, emportant avec elle une peinture mystérieuse que les puissants veulent posséder coûte que coûte. Dans une France en panique, tout est possible. Peut-elle s’installer dûment dans cet hôtel étrange? Quel rôle la place de Grève et le “parloir aux bourgeois” jouent-ils dans son destin? Qui sont le dominicain louche, la noble fourbe et le nain coutelier qui s’inscrivent dans son sillage?

Duperies, menaces, maladies, secrets… rien n’est épargné à la Dame d’Aurillay. La malédiction de Gabrielle se prolonge, plus dangereuse que jamais.

Un thriller médiéval dont le pire des fléaux n’est pas la peste.

On commence par un petit résumé du tome 1 et une liste des personnages. Cela permettra aux personnes qui démarrent la lecture au tome 2 de se mettre dans le bain et aux autres de s’y remettre !

L’intrigue continue de se dérouler, avec son lot de mystères et d’ajouts. Elle est suffisamment riche et rythmée pour captiver le lecteur !

Ici, plus encore que dans le premier tome, les personnages féminins sont au premier plan, au fur et à mesure que Gabrielle d’Aurillay s’affirme et s’émancipe. Ceci est d’ailleurs habituellement peu fréquent dans la littérature traitant de cette période et mérite d’être souligné. Quand on pense au Moyen-Age on imagine plutôt les chevaliers que des dames qui se prennent en charge.

Tout comme dans le premier tome, celui-ci est très documenté, tant sur le fond que sur la forme et l’auteur a émaillé le récit de nombreuses notes explicatives de bas de page. Le style reste volontairement celui de l’époque, pour mieux nous plonger dedans et nous faire voyager dans le temps.

La brève annexe historique en fin de livre est très intéressante.

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Disparais !

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De Mickaël Escoffier et Mathieu Maudet
Paru chez L’école des loisirs

Charlotte en a assez qu’on lui dise ce qu’elle doit faire, qu’on lui donne des ordres. Ses parents sont décidément trop autoritaires.

Alors elle commande une boîte de magie pour son anniversaire et s’empresse de les faire disparaître. Quelle joie de pouvoir enfin faire TOUT ce qu’elle veut. Et elle ne s’en prive pas. Elle se sent enfin libre. Pourtant, quelques heures plus tard, cette liberté commencera à lui peser et elle aimerait finalement retrouver ses parents et leur cocon protecteur. Heureusement la baguette magique est là.

La chute est très bonne puisque ce sont cette fois les parents qui demandent à Charlotte de disparaître !

Un texte simple mais efficace, des illustrations colorées.
Au-delà du message, cet album est l’assurance d’un bon moment de lecture partagée.

Sauveur & fils – Saison 2

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De Marie-Aude Murail
Paru chez L’école des loisirs

Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kilos.
Côté jardin, il mène sa vie privée avec son fils Lazare de 9 ans et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise Rocheteau et ses deux enfants.
Côté ville, Sauveur reçoit ses patients. Parmi eux : Ella Kuypens, 13 ans, qui se travestit en garçon et chante Sans contrefaçon, de Mylène Farmer, devant son miroir, Blandine Carré, 12 ans, qui se shoote aux bonbons Haribo et fait un tabac sur YouTube avec ses vidéos de poupées Pullip, Gabin Poupard, 17 ans, qui est Elfe de la Nuit dans World of Warcraft et qui squatte le grenier de son psy dans le civil, Samuel Cahen, 16 ans, qui ne se lave plus mais s’étonne de collectionner les râteaux avec les filles, ou encore Alex et Charlie qui, comme leurs prénoms ne l’indiquent pas, sont deux jeunes femmes souhaitant avoir ensemble un bébé…

Décidément, les humains sont de drôles de gens.

Ce second tome reprend tranquillement où nous nous étions arrêtés ou presque. Nous retrouvons certains patients, de nouveaux font leur apparition. Même s’il est préférable d’avoir lu le tome 1 pour profiter de la continuité, le récit est suffisamment habile pour permettre de démarrer la lecture au tome 2.

Nous retrouvons ici l’ambiance et les spécificités qui faisaient le charme du premier tome. Un psy extraordinaire, des patients qui reflètent tellement notre société, des hamsters, des enfants hors du commun et une pincée d’épices antillaises.

Le rythme est dynamique, le ton n’a rien perdu de son mordant ni de son humour, le lecteur continue de se régaler, ravi de poursuivre ce nouveau bout de chemin avec des personnages auxquels il s’était déjà attaché.

Clarinha – Un conte des Açores

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De Muriel Bloch
Illustrations Aurélia Fronty
Paru chez Didier jeunesse

Clarinha vit sur l’île de Florès, Martim sur l’île de Terceira. Depuis leur naissance, ils sont promis l’un à l’autre mais ne se connaissent pas. Un jour, un autour – immense oiseau de proie – enlève Clarinha et la dépose sur l’île de Terceira où il va lui faire vivre de grandes épreuves. Avant que sa destinée se réalise enfin…

Il s’agit d’un très beau livre grand format. Ce format fait honneur aux très belles illustrations d’Aurélia Fronty, tout en douceur et délicatesse.

L’histoire appartient quant à elle au patrimoine culturel des Açores et a été traduite, puis réinterprétée par Muriel Bloch. Le récit est agréable et poétique même si son déroulement coule de source à partir de l’arrivée de Clarinha sur l’île de Terceira, avec un dénouement assez rapide et facile. Dommage que la magie et le mystère du départ n’aient pu être conservés jusqu’au bout…

Pour autant, ce conte, qui peut parler aux petits comme aux grands, invite à la réflexion et au rêve.