Monthly Archives: April 2018

Hôtel Grand Amour

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HotelGrandAmourDe Sjoerd Kuyper
Paru chez Didier jeunesse

Le jour où son père fait un infarctus, le quotidien de Vic, 13 ans dérape comme des chaussures sans crampons sur un terrain de foot. Le voilà seul avec ses trois sœurs pour gérer un hôtel au bord de la faillite. Mais Laeti fait sa chef. Alex n’écoute personne et Pétro enchaîne les bêtises…
Donc quand la belle Isabel rompt avec lui alors qu’ils ne sortent même pas ensemble, Vic déclare forfait : il ne
comprend vraiment RIEN aux filles !

Je ne sais pas si c’est à cause du ton, du style ou autre chose (l’effet traduction peut-être), mais j’ai eu du mal à entrer dans ce roman. Pourtant, Vic, le personnage principal, tourmenté comme un garçon de 13 ans est très attachant et ses rapports avec son père plutôt sympas. Mais j’ai trouvé le démarrage difficile. Ensuite, le côté farfelu prend le dessus, les péripéties s’enchaînent et ça fonctionne.

Le tour de force de ce roman, à mon avis, est sa capacité à séduire filles ET garçons : il y est question de Miss Mer du Nord et de football, mais surtout de se comprendre les uns et les autres et de cohabiter, ce qui n’est pas la chose la plus aisée qui soit à l’adolescence.

C’est frais et plein d’humour. Une bonne lecture pour les vacances !

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Socrate, un homme dangereux

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SocrateDe Christopher Bouix
Paru chez L’Ecole des loisirs

À Athènes, Socrate n’est pas du goût de tout le monde. Lorsqu’ils le voient déambuler sur l’Agora, la barbe mal taillée et les pieds nus, ses contemporains retiennent leur souffle. Il faut dire que le philosophe ne les laisse jamais tranquilles. La démocratie, le travail, la société de consommation, la bonne moralité : avec lui, tout y passe ! Il interroge, il questionne, il provoque.
Qu’est-ce que la liberté ? Qu’est-ce qu’une vie réussie ? Comment résister face aux populismes, aux fanatismes, aux opinions toutes faites ? Socrate est décidément loin d’être mort !
2 500 ans plus tard, les idées de ce diable d’homme, père de la philosophie, provocateur et attachant, n’ont pas pris une ride.

Ce titre m’intriguait. S’agissait-il d’un roman jeunesse, d’une version romancée ? Mais qu’étais-ce donc ? Le meilleur moyen de le savoir était bien sûr de le lire.

L’auteur nous plonge immédiatement dans l’Athènes de Socrate. Les détails, les petites descriptions, tout est là pour stimuler l’imagination du lecteur. Christopher Bouix maîtrise son sujet à fond !
C’est un peu déroutant tout de même au départ car il s’agit finalement d’une forme de documentaire (même si ce n’en est pas tout à fait un), donc on ne sait pas trop où l’auteur veut en venir mais on se laisse emporter car c’est bien raconté.

Nous ferons donc connaissance avec Socrate, ses amis, ses ennemis, ses idées.

Les plus jeunes n’accrocheront certainement pas, en revanche, à partir de la seconde, l’intérêt de l’ouvrage est évident et je dirais même indispensable pour la terminale.

La forêt millénaire

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Foret millenaireDe Jiro Taniguchi
Paru chez Rue de Sèvres

Suite au divorce de ses parents et à la maladie de sa mère, Wataru est accueilli par ses grands-parents. Pour le jeune garçon tokyoïte, cette nouvelle vie à la campagne est un bouleversement. Il découvre sa nouvelle école, son nouvel environnement. La forêt en particulier l’impressionne et semble lui communiquer une force presque surnaturelle, venue du fonds des âges. Lorsqu’il devra faire ses preuves face au groupe d enfants qui le mettent au défi, c’est d’elle que lui viendra un courage intérieur qui lui était inconnu.

Un début très mystérieux et intriguant, qui se passe au cœur de la forêt. Wataru semble être un jeune garçon comme les autres, pourtant, il entend la voix de la forêt. On se demande ce qui va se passer ensuite, tout semble possible.

Malheureusement, on ne le saura jamais car Taniguchi est décédé avant de pouvoir aller plus loin.

L’univers de ce début d’histoire initialement prévue sur plusieurs tomes reste néanmoins très poétique et captivant. Les illustrations sont à fois douces et puissantes, on entre tout de suite dans l’ambiance.

Même s’il s’agit d’un simple embryon d’histoire, ce livre est intéressant, par tout ce qu’il suggère. C’est un très bel objet au papier épais, avec un dossier qui donne des explications détaillées sur le projet ainsi que des croquis. On ne peut que regretter que Taniguchi n’ait pas eu le temps d’aller plus loin.

 

Les fondus de l’Arctique

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Les fondusD’Erwan Seznec
Illustrations Vincent Bourgeau
Paru chez L’Ecole des loisirs

Merci qui ? Merci les panés Celcius !

Antoine Delamoute et trois autres collégiens ont remporté le premier prix du concours organisé par une célèbre marque de poissons panés. Les voilà embarqués pour un mois à bord d’un navire en partance pour le Groenland. Encore faut-il l’atteindre !

Le roman s’ouvre sur le chapitre “Concours de circonstances” et c’est parti pour 136 pages de pur bonheur.
Les bons mots se bousculent, on rit même franchement pendant cette lecture. On a envie de citer à haute voix ces passages succulents, parce qu’un humour aussi fin, ça se partage. Ce serait presque un livre à lire à plusieurs, à haute voix, entre copains…
D’ailleurs c’est tellement bien écrit, que cela s’adresse à tous les âges. Ici, la lecture n’a pour l’instant épargné que le rat de bibliothèque. Mais la souris et les souriceaux (oui oui, même la lycéenne) ont dévoré et adoré Les fondus de l’Arctique.

Le récit est loufoque, farfelu à souhait et imprévisiblement palpitant…

Je crois qu’il n’y a rien à ajouter, si ce n’est que c’est un monumental coup de cœur (au cas où vous ne l’auriez pas compris), chaudement recommandé par La valse des pages !