Category Archives: Romans jeunesse

Roslend

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RoslendDe Nathalie Somers
Paru chez Didier jeunesse

En pleine Seconde Guerre mondiale, deux adolescents, Lucan et Catriona, se retrouvent au cœur d’un secret d’état. Le dossier Roslend est classé confidentiel : compréhensible quand on sait qu’il s’agit d’un univers parallèle et fantastique, dont le destin est étroitement lié à celui de Londres. Le sort des deux mondes repose désormais entre les mains de Lucan et de son amie.

Un roman très prenant et palpitant que ce soit côté Roslend ou côté Great Britain. L’Histoire, que l’on sent ici parfaitement maîtrisée, entre au service de la fiction, lui donnant plus de profondeur, ajoutant du mystère, pour mieux emmener le lecteur vers l’imaginaire.

L’écriture est agréable, légère. Les personnages sont adorables, très charismatiques, heureusement faillibles. Le lecteur se prend très vite au jeu…

J’ai trouvé la fin un peu abrupte : j’aime quand les tomes d’une série se terminent réellement pour mieux repartir. Pour autant, je suis impatiente de lire la suite pour voir si le coup de cœur se confirme.

PS : Très belle couverture, au passage !

Sauveur & fils, saison 3

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De Marie-Aude Murail
Paru chez l’Ecole des loisirs

Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kilos.
Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges.Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l’attention de ses parents, Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe, Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu’il passe ses nuits dans World of Warcraft, Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide, ou sa soeur, Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »…
Sauveur peut-il les sauver ? Il n’a que le pouvoir de la parole. Il ne croit pas au Père Noël, mais il croit en l’être humain.

On retrouve nos personnages préférés et quelques petits nouveaux, bien sûr.
Et surtout, la “tribu” Sauveur & cie. Les personnages sont toujours aussi attachants. L’humour reste présent. On craque forcément !

Pour autant, il ne s’agit pas seulement d’un divertissement, comme dans les tomes précédents, l’auteure en profite pour aborder des sujets de société : mal-être, familles séparées  et recomposées, dépendance à la technologie, etc. Des sujets très intéressants car ils nous touchent forcément, de près ou de loin. Les attentats terroristes font également leur entrée dans ce tome. Il est important d’en parler et Marie-Aude Murail le fait très bien.

On retrouve cette ambiance tellement agréable, sans avoir la pénible impression de déjà-vu, ce qui au bout de trois tomes est une prouesse.
Avec grand plaisir, sans se lasser, comme on retrouverait de vieux amis dont on est ravi de prendre des nouvelles.

Encore un sans-faute pour cette série !

Star Trip

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D’Eric Senabre
Paru chez Didier jeunesse

1968, Idaho. Dans sa maison perdue au milieu des champs de patates, May, 15 ans, s’occupe comme elle peut de son petit frère, depuis que ses parents sont partis précipitamment en mission. Pour le distraire de son handicap, elle lui fabrique en secret la navette spatiale de sa série préférée : Star Trip. Quelle n’est pas alors sa surprise de voir débarquer chez elle l’acteur principal de la série ! Le capitaine Burke se révèle très désagréable, mais il joue son rôle à la perfection et le petit garçon confond fiction et réalité… Sous l’impulsion de l’acteur, commence un voyage rocambolesque et drôlatique jusque dans l’Utah pour le lancement de la navette ! L’adolescente rebelle n’est pas dupe. Elle doute des bonnes intentions du capitaine Burke mais va tout faire pour fuir cette Amérique rurale profonde qui l’étouffe.

On démarre gentiment dans l’Amérique rurale profonde. Tranquillement. Puis les éléments “détonants” arrivent chacun leur tour, et finissent par se bousculer au point d’arriver à des situations abracadabrantesques.

Super histoire haute en couleurs pleine d’humour, avec une héroïne moderne au caractère bien trempé, un bonimenteur au grand coeur, un amoureux inconditionnel, un petit garçon qui vit la tête dans les étoiles, un sorcier, d’autres personnages pas piqués des hannetons, sans oublier quelques avatars de monsieur Spoke. Je laisse planer le mystère pour ne pas gâcher votre lecture, mais l’intrigue est vraiment sympa, façon road trip qui vous met le vent dans les cheveux.
La chute est inattendue et réjouissante !

Le seigneur d’Opium

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De Nancy Farmer
Paru chez l’Ecole des loisirs

À quatorze ans, Matt est un Seigneur de la drogue. Après la mort d’El Patrón dont il était le clone, l’adolescent a hérité d’Opium, un pays créé de toutes pièces entre les États-Unis et le Mexique pour y développer la culture du pavot et fournir en drogue les trafiquants du monde entier. Aujourd’hui, tous s’attendent à le voir suivre les traces de l’ancien Seigneur d’Opium, dont il partage l’identité, l’ADN et peut-être davantage…
Pourtant Matt a d’autres ambitions. Il compte en finir avec la culture de la drogue et libérer les eejits, ces clandestins transformés en esclaves-zombies programmés pour travailler sans relâche dans les champs de pavot. Mais avant d’y parvenir, il doit apprendre à se faire respecter et tenir à distance les autres Seigneurs de la drogue prêts à fondre sur son territoire, comme le terrifiant Glass Eye Dabengwa.
Quitte à suivre les conseils que lui murmure à l’oreille une voix familière, celle d’El Patrón, comme revenu d’entre les morts…

Il faut savoir qu’il s’agit d’une suite (La maison du scorpion est le tome 1). Si on l’ignore (rien ne l’indique sur le livre), on risque d’être un peu perdu sur la première partie, très touffue et faisant référence à des éléments antérieurs. Je ne le savais pas et j’avoue avoir eu, du coup, du mal à rentrer dans l’histoire. Cela faisait beaucoup d’informations à digérer d’un coup. Pour autant, ce n’est pas insurmontable (la preuve !). Une fois ce démarrage assimilé, on pourra suivre Matt dans sa quête idéaliste : soigner les eejits et cesser de produire du pavot. Les personnages sont plutôt sympathiques même si le personnage principal manque un peu de relief. L’histoire est agréable, bien que peu réaliste par moments, à la fois on est complètement dans la fiction ! Le récit est bien structuré. L’ensemble en fait une lecture agréable et distrayante, sans toutefois déclencher le coup de cœur…

New Earth Project

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De David Moitet
Paru chez Didier jeunesse

En 2125, le réchauffement climatique et la montée des eaux mettent le monde en péril. Une seule alternative : New Earth Project, le voyage vers une nouvelle terre habitable.
Elle est une “grise” issue d’un bidonville, il est un intouchable protégé par le Döme.
Isis et Orion, unis par une complicité naissante, sont séparés lorsque la jeune fille est tirée au sort pour rejoindre le New Earth Project. Cette initiative, lancée par un milliardaire qui n’est autre que le père d’Orion, est entourée de mystère.
Orion va alors mener l’enquête, jusqu’à la vérité qu’il n’aurait jamais dû découvrir. Un parcours semé d’obstacles qui forgera sa personnalité, et renforcera ses sentiments pour Isis.

À la fois imaginaire et basé sur des faits réels (pollution, montée des eaux), cette dystopie frappe fort, nous laissant entendre que cela pourrait être notre monde de demain. On retrouve le clivage riches/pauvres, puissants/faibles (et corvéables à merci), mais aussi la corruption de la caste des intouchables, les privilégiés qui tirent les rênes et ont le pouvoir.

Ici, ce sont les jeunes qui feront avancer les choses, avec leurs tripes, avec leur coeur, avec l’enthousiasme de la jeunesse.
La mise en place de l’intrigue est intéressante et l’univers proposé très riche et intéressant. Ici science-fiction et enquête se mêlent habilement, sur fond d’écologie.
Le récit est dense et intense mais accessible, à la fois clair et fourni, très agréable à lire…

Un beau message d’espoir et d’optimisme : « l’impression de voir éclore une génération capable de conjuguer la vie au futur et pas seulement au présent. »
Un beau voyage capable de convaincre également les non amateurs de science-fiction.

 

Le jardin des épitaphes – Aimez-moi

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De Taï-Marc Le Thanh
Paru chez Didier jeunesse

Pour Double-peine, Poisson-pilote et leur grand frère, le road trip se poursuit dans une Amérique dévastée. Direction San Francisco. Plus rien ne peut les arrêter : ils franchissent les obstacles avec force et optimisme, sûrs de retrouver bientôt leurs parents. Mais de douloureux souvenirs viennent hanter notre héros et anéantir ses certitudes.

Et si la plus grande menace qui pesait sur sa famille était là, dans les terribles secrets qui surgissent du passé ?

Ce tome 2 démarre cash, au  point de déstabiliser le lecteur.
On entre tout de suite dans le vif du sujet, avant un petit flashback pour éclaircir ce qui s’est passé entre la fin du premier tome et le premier chapitre. (heureusement, sinon c’est frustrant !!!)

Ensuite, ça roule, enfin si je peux dire parce qu’on n’est pas dans un récit linéaire pour autant, loin s’en faut. L’Amérique offrira son lot de créatures, de complications, de rebondissements. Oui, ça rebondit un max. Pour autant, le parcours des trois enfants semble quelque part un peu plus “facile” sur le territoire américain. Mais ce n’est peut-être qu’une impression. Il faut dire qu’il y a du nouveau grain à moudre avec les révélations liées au passé. Cela prend pas mal de place dans ce tome 2. On en apprend chaque fois un peu plus, le schéma se dessine…

Et juste au moment où le lecteur trouve le dénouement un peu trop rapide, paf, le rebondissement ultime le prend par surprise.
Et c’est reparti mon kiki jusqu’à ce que… quoiiiii c’est déjà la fin ??? Ah mais non !

Le jardin des épitaphes est un roman d’aventure palpitant (à lire d’une traite), bien mené par Taï-Marc Le Thanh qui, une fois encore, dévoile le mordant de sa plume et réussit à mélanger trash, humour, tendresse, amour, héros, aventures, rock et suspens avec brio (et encore j’en oublie certainement).

 

Sauveur & fils – Saison 2

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De Marie-Aude Murail
Paru chez L’école des loisirs

Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kilos.
Côté jardin, il mène sa vie privée avec son fils Lazare de 9 ans et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise Rocheteau et ses deux enfants.
Côté ville, Sauveur reçoit ses patients. Parmi eux : Ella Kuypens, 13 ans, qui se travestit en garçon et chante Sans contrefaçon, de Mylène Farmer, devant son miroir, Blandine Carré, 12 ans, qui se shoote aux bonbons Haribo et fait un tabac sur YouTube avec ses vidéos de poupées Pullip, Gabin Poupard, 17 ans, qui est Elfe de la Nuit dans World of Warcraft et qui squatte le grenier de son psy dans le civil, Samuel Cahen, 16 ans, qui ne se lave plus mais s’étonne de collectionner les râteaux avec les filles, ou encore Alex et Charlie qui, comme leurs prénoms ne l’indiquent pas, sont deux jeunes femmes souhaitant avoir ensemble un bébé…

Décidément, les humains sont de drôles de gens.

Ce second tome reprend tranquillement où nous nous étions arrêtés ou presque. Nous retrouvons certains patients, de nouveaux font leur apparition. Même s’il est préférable d’avoir lu le tome 1 pour profiter de la continuité, le récit est suffisamment habile pour permettre de démarrer la lecture au tome 2.

Nous retrouvons ici l’ambiance et les spécificités qui faisaient le charme du premier tome. Un psy extraordinaire, des patients qui reflètent tellement notre société, des hamsters, des enfants hors du commun et une pincée d’épices antillaises.

Le rythme est dynamique, le ton n’a rien perdu de son mordant ni de son humour, le lecteur continue de se régaler, ravi de poursuivre ce nouveau bout de chemin avec des personnages auxquels il s’était déjà attaché.