Category Archives: Romans jeunesse

Les animaux fantastiques 2 – Les crimes de Grindelwald

Standard

Les animaux fantastiques2De J.K. Rowling
Paru chez Gallimard

En 1927, quelques mois seulement après son arrestation par le Congrès magique des États-Unis, Gellert Grindelwald s’évade et souhaite rassembler des sorciers de « sang-pur » afin de régner sur l’ensemble de la population non magique. Albus Dumbledore, un professeur renommé de l’école de sorcellerie de Poudlard, au Royaume-Uni, semble le seul en mesure de l’arrêter. Les deux hommes, anciens amis d’enfance, seraient devenus ennemis depuis un accident au cours duquel la jeune sœur de Dumbledore aurait perdu la vie. Dumbledore accepte la mission et fait alors appel à son ancien élève Norbert Dragonneau, qui a fait ses preuves en ayant déjà su déjouer les plans du mage noir. C’est l’occasion pour Norbert de retrouver ses amis Tina, Queenie et Jacob4, à l’heure où le monde magique se fragmente plus que jamais.

De façon générale, je ne raffole pas des récits sous forme de pièce de théâtre. Dans le premier tome, le récit palpitant avait pris le dessus et l’expérience ne m’avait pas déplu. Cela a moins bien marché pour ce tome 2, dont l’intrigue, bien que restant dynamique est en-dessous de celle du tome 1. Peut-être parce qu’il n’y a plus l’effet “nouveauté” ou tout simplement parce qu’elle est moins bien ficelée… Je me méfie toujours des tomes 2, mais il est impossible de résister à la perspective d’un roman de J.K. Rowling, surtout lorsqu’il se présente avec une aussi belle couverture. Malheureusement, celui-ci ne m’aura pas convaincue plus que cela même si j’ai passé un moment de lecture agréable.

Advertisements

Inventer les couleurs

Standard

Inventer les couleursDe Gilles Paris
Paru chez Gallimard

Hyppolite vit avec son papa à Longjumeau. La vie pourrait être grise, avec un papa qui s’échine entre les quatre murs d’une usine, et l’école où Hyppolite fait l’apprentissage d’une vie avec ses copains Gégé et Fatou. Seulement voilà Hyppolite dessine et les couleurs transfigurent tous ceux qui l’approchent.

Et si un enfant pouvait faire grandir les adultes autour de lui ?

Comme souvent, c’est la couverture de ce petit roman illustré jeunesse qui m’a attirée. Je ne connaissais pas l’illustratrice Aline Zalko mais elle gagne à être connue. Ses illustrations multicolores sont magnifiques, tout en légèreté et à la fois avec une présence forte.

Le texte sensible et émouvant aborde la période charnière du passage de l’enfance à l’adolescence, période délicate entre toutes. On reconnait bien l’auteur d’Autobiographie d’une courgette dans ce texte. Ici aussi, il y est question de gens cabossés, d’amitié, d’amour, de la vie quoi, avec ses hauts et ses bas… Tout cela avec beaucoup de tendresse et d’optimisme.

Je ne sais comment classer ce livre : roman jeunesse très court, ce n’est toutefois pas une première lecture. Pourquoi pas “nouvelle jeunesse” ? En tout cas n’hésitez pas, lisez-le !

Les nouvelles vies de Flora et Max

Standard

Les nouvelles viesDe Martin Page et Coline Pierré
Paru chez l’Ecole des loisirs

Les oiseaux rares ont besoin d’un refuge. Quand ils se sont connus, Flora et Max vivaient chacun dans une cage. Elle était en prison et lui vivait reclus dans sa chambre. Leur seul moyen de communiquer était de s’écrire des lettres.
Aujourd’hui Flora sort et elle revient à la vie. Mais revenir à la vie, ce n’est pas rentrer dans le moule. Elle va étudier l’anthropologie parce que c’est inutile, trouver un appartement avec des cafards, et prendre un petit boulot dans la maison de retraite pas comme les autres située près du lac. Max va apprendre la cuisine, jouer de son ukulele et ensemble ils vont essayer de s’aventurer dans la jungle de la vraie vie. Mais un projet dévorant de centre commercial menace le fragile équilibre qu’ils mettent en place. Il va falloir se battre et se frotter aux autres pour y survivre. Avec toutes les armes des faibles, et le courage des oiseaux.

Quelques années après, voilà la suite de La folle rencontre de Flora et Max. Une suite qui semble mûrement réfléchie et évidente. Il est rare que les tomes 2, souvent dictés par le marketing, soient à la hauteur des premiers. Ici on le surpasse !

On retrouve nos deux ados, Flora et Max et on accompagne leurs premiers pas hésitants dans la vraie vie, dans le grand extérieur. Malgré quelques inquiétudes, leur relation au départ uniquement épistolaire a évolué positivement. Ils se voient désormais tous les jours, tout en conservant quelques échanges par mail ou texto, parce que c’est parfois plus simple pour s’exprimer. Quant au reste, ils font des efforts certains pour “se sociabiliser”. Ils tâtonnent, doutent, font des efforts, essaient encore, avancent tant bien que mal : c’est l’apprentissage de la vie ! Le grand combat autour de la maison de retraite leur donnera des ailes…

Le texte est à nouveau écrit avec finesse et légèreté. Il fait preuve de délicatesse et de bienveillance et ça fait du bien à lire ! Le ton est parfaitement juste. Il y a des passages émouvant et d’autres franchement drôles. Une lecture qui ne peut que séduire ! Pour ma part, je suis sous le charme…

Malo de Lange Anthologie

Standard

Malo de LangeDe Marie-Aude Murail
Paru chez l’Ecole des loisirs

Malo de Lange est le fils de personne. Rien ne permet d’identifier l’enfant recueilli en 1822 par l’abbé Pigrièche à l’orphelinat de Tours. Rien, sauf une marque tatouée sur son épaule, la fleur de lys des bagnards que découvrent, horrifiées, les demoiselles de Lange qui viennent de l’adopter. Quels mystères se cachent derrière l’abandon de ce mystérieux enfant blond ? Quelle est donc sa véritable identité ? Un roman d’aventures écrit à la mode des feuilletons du XIXe siècle, qui plonge le lecteur au cœur des rues du Paris de 1822, dans les ombres desquelles se tapissent bandits, voleurs et assassins.

Sous la belle plastique de cette anthologie se cache une trilogie : Malo de Lange, fils de voleur – Malo de Lange, fils de Personne – Malo de Lange et le fils du roi.

L’ambiance est très originale pour un livre jeunesse : le Paris des années 1800. Les jeunes lecteurs pourront donc s’immerger dans une véritable fresque historique. Par ailleurs, le côté policier rend toutes ces aventures palpitantes. Il y a de la passion, du sang, des larmes. Le récit ne fait rien à moitié et offre un divertissements passionnant, plein de rebondissements et haut en couleurs. Un vrai livre de grand ! Celui lui permet d’avoir une cible assez large.

Les personnages sont très attachants, le père est une sorte de Jean Valjean en plus sombre, quand à Malo, avec sa tête et son patronyme d’ange, il est parfait. On s’attache très vite à lui et j’ai le plaisir de pouvoir que ce personnage tient toutes ces promesses. Les personnages secondaires sont tout aussi peaufinés et sympathiques.

Vous l’aurez compris, ce coup de cœur est donc la perspective d’une excellente lecture !

L’homme qui voulut peindre la mer

Standard

Lhomme qui voulut peindre la merDe Tristan Koëgel
Paru chez Didier jeunesse

À Gibraltar, une pâtissière ensorcelle ses clients avec des gâteaux,
À Marseille, une coiffeuse est face au cadavre de son patron,
Et à Raguse, un homme souhaite emprisonner la mer sur sa toile…

Sept récits traversent ainsi les époques, de l’antiquité à nos jours, et la Méditerranée, comme autant de visions vibrantes et fantastiques où se jouent des destins, des terreurs, des désirs.

Des nouvelles très courtes mais avec, pourtant une grande portée. Elles stimulent en effet l’imagination et la réflexion, avec un je-ne-sais-quoi d’envoûtant. Chacune est une petite histoire en soi, avec des personnages détaillés, une réelle intrigue et un vrai rythme. Chacune continue à tourner dans la tête bien après la lecture…

Si les textes sont assez sombres et complexes, ils ne sont pas dénués d’émotions. Ce sont des textes vivants, remuants et sans concession, comme la mer qu’ils célèbrent. Elle est d’ailleurs le trait d’union entre ces histoires totalement différentes.
Pour ma part, je ne rangerais pas ce recueil en “jeunesse” mais en tout public, grands ados à adultes.

Summer kids

Standard

SummerKidsDe Mathieu Pierloot
Paru chez L’Ecole des loisirs

Pour Antoine et ses amis, l’été qui commence sépare les années lycée de l’entrée à l’université. Si tous (Mehdi, Hannah, Alice) savent déjà ce qu’ils vont faire, ce n’est pas son cas. En pleine incertitude, y compris familiale car sa mère a un nouveau compagnon qui ne lui plaît guère, Antoine broie du noir depuis qu’Hannah et lui ont rompu. Faute de mieux, entre deux fêtes trop arrosées, il se console dans les bras d’une jolie blonde et accepte un petit boulot dans une maison de retraite. Mais le temps presse, et il faudra bien qu’il décide ce qu’il veut faire de sa vie, avec ou sans Hannah.

Une histoire “banale” d’un couple d’ados qui se sépare donne ici prétexte à une sorte d’introspection du personnage principal : faut-il s’engager ou pas, que faire de sa vie, quel sera l’avenir des amitiés d’enfance ?

Le texte est court, incisif et pourtant plein de tendresse…
Même si le personnage principal patauge un peu dans la semoule, le récit ne se laisse pas aller au pathos, bien au contraire. L’humour est omniprésent et permet de dédramatiser.

Une lecture agréable et plutôt légère finalement.

Quelque part le soleil brille encore

Standard

Quelque part le soleilDe Michael Gruenbaum et Todd Hasak-Lawy
Paru chez Didier jeunesse

Prague, 1939. Misha a 10 ans et adore les après-midis au magasin de jouets avec son père. Mais quand les troupes allemandes envahissent la ville, les lois antisémites se multiplient, et l’insouciance de Misha vacille.
Avec sa famille, ils sont envoyés dans un ghetto puis déportés dans le camp de Terezin. C’est là que Misha se lie d’une amitié fraternelle avec quarante garçons.
Erich, Jan, Koko, Felix, Pavel… et surtout Franta, leur éducateur et mentor. Dans les coups durs comme lors de leurs parties de football, ils sont les Nesharim, unis à la vie, à la mort ! Mais avec le danger constant des convois « vers l’Est », Misha peut-il garder espoir ?

Encore un témoignage sur cette sombre période. Celui-ci a l’originalité d’avoir pour personnage principal un enfant. Nous voyons donc l’arrivée du nazisme à Prague par les yeux de Michael. Pour autant, le récit est dur par moments mais comment ne pas l’être ?
Récit d’une enfance volée, d’une incompréhension naïve face à une situation qui semble tellement absurde et pourtant se dégrade progressivement (même un enfant peut s’en rendre compte). Mais aussi un récit où l’amitié, la famille et la solidarité jouent un rôle de premier plan.

Comme le précise l’auteur à la fin, ici tout est vrai, sur la base des souvenirs de Michael, des documents conservés par sa mère et d’un patient travail de reconstitution pour lequel d’anciens prisonniers de Terezin ont également été consultés. Il convient d’ailleurs de saluer comme il se doit la ténacité et la force de la mère de Mischa, personnage pourtant discret dont l’objectif unique est de protéger ses enfants…