Monthly Archives: June 2016

Arsène Lupin Les origines – Tome 3 Il faut mourir

Standard

arseneLupin3Scénario Benoît Abtey, Pierre Deschodt
Dessin Christophe Gaultier
Couleurs Marie Galopin
Editions Rue de Sèvre

Comment le jeune Arsène est-il devenu Lupin, le « gentleman cambrioleur », héros inoubliable ?
Quelles amitiés l’ont mené des bas-fonds aux riches salons ? Quelles blessures, quelles trahisons ont fait de lui le Roi des voleurs ?
Les jeux sont faits ! Suite et fin des aventures du jeune Arsène, attaqué de toutes parts par un destin implacable. Isolé de sa famille, son amour et ses amis, il n’a pas d’autres choix que de basculer dans l’ombre pour combattre les forces du mal et devenir le célébrissime cambrioleur.

C’est le dernier tome de la trilogie et peut-être le meilleur.
Dans la continuité directe du second, le destin est en route, pour le malheur d’Arsène.
Notre héros s’en sort pas mal mais il a affaire à forte partie.
Le dénouement que l’on ne voit pas forcément venir s’enchaîne parfaitement pour nous mener à Arsène Lupin tout en conservant une part de mystère.

Le scénario est encore une fois solide, dynamique et tout à fait crédible, porté par des illustrations efficaces, d’une grande finesse.

Advertisements

La nébuleuse Alma

Standard

la nébuleuse almaDe Luc Blanvillain
Paru chez Ecole des loisirs

Le jour où Alma a embrassé Robin pour la première fois devant le lycée, après huit semaines de patience, de faux espoirs, de SMS, et près de vingt-six nuits passées à dormir le téléphone contre l’oreille au risque de griller ses neurones déjà bien endommagés par le coup de foudre, ce jour-là, elle a perdu sa meilleure amie. Comment aurait-elle pu deviner que, en venant partager avec Jade son bonheur tout neuf, cette dernière lui annoncerait que tout était fini entre elles ? Et pour quelle raison ? L’ennui ! Jade s’est lassée d’Alma qu’elle trouve trop gamine, égoïste et superficielle.
Certes, contrairement à son amie Jade, Alma ne s’est jamais souciée des sans-papiers ni des SDF ; elle ne milite dans aucune association et n’a jamais pris la peine de lire un seul article sur la guerre en Syrie. Mais est-ce une raison pour la chasser comme une malpropre ? Il y a autre chose. Forcément.  

Voilà un roman captivant, qui parle de l’adolescence, vue de l’intérieur.

L’adolescent donne souvent l’impression de jouer une pièce de théâtre dramatique. Tout est compliqué, sujet à questionnements, à hésitations. Les adolescents sont entiers, encore un peu petits et pas encore tout à fait grands. Alma en est le reflet parfait. Son monde s’écroule lorsque sa meilleure amie la « largue ». Nous vivrons ce drame à travers ses yeux, ainsi que la bataille entre ses différents Moi. Un « drame » qui n’a finalement rien d’extraordinaire sera le prétexte à une exploration très sensible de cette période parfois douloureuse de l’adolescence. Alma sera confrontée à un raz-de-marée d’émotions.

Pour répondre à ces grandes questions, l’auteur étaye son récit de belles citations poétiques, de réflexions profondes.
Le point de vue (intérieur) d’Alma donne une dimension fraîche et complètement réaliste au récit. L’environnement et le ton rendent tout cela très léger. Ainsi de nombreux passages font franchement sourire voire rire. Une lecture plaisir qui fait également réfléchir, avec un texte à la fois fort et léger, tout en finesse.

Astrid Bromure – Comment atomiser les fantômes

Standard

astric_couv_rvbDe Fabrice Parme
Colorisation Véronique Dreher
Paru chez Rue de Sèvres

Astrid s’ennuie, elle veut des amies. Alors quand elle arrive à l’internat de Canterville, adieu la solitude !
Mais les pensionnaires sont plus nombreux que prévu et pas vraiment rassurants… Qui a dit que les fantômes n’existent pas ?

Le tome 2 de cette excellente série a su garder le dynamisme et l’espièglerie du premier. Astrid devra s’adapter à un nouveau contexte, pas évident… Parallèlement, il y a cette histoire de fantômes.
Astrid est d’abord un peu déstabilisée (voilà de quoi surprendre le lecteur) mais finalement, fidèle à elle-même, elle prendra la situation à bras-le-corps. Ouf !
Le style fonctionne aussi bien que dans le premier tome. Cette ambiance rétro est tout simplement parfaite. Elle permet d’adopter un humour qui n’a rien de gras ni de vulgaire, ce qui est une excellente chose ! C’est drôle et juste à la fois, toujours très bien vu. Il y a de l’action, on ne s’ennuie pas et la chute parvient même à surprendre.
Les petits lecteurs amateurs de BD vont se régaler !

L’enfant et le masque de fer

Standard

Masque de ferDe Jean-Pierre Kerloc’h
Paru chez Didier jeunesse

Marie-Anne vit dans un château avec sa mère, mais elle n’a jamais eu le droit d’en sortir. C’est dans la lecture, la musique et les rêves que la jeune fille trouve la liberté qui lui fait cruellement défaut…
Pourquoi est-elle si confortablement prisonnière ? Pourquoi d’Artagnan est à ce point dévoué à leur protection ? Et qui est cet homme au visage d’argent qui habite ses rêves ? Tant de questions que Marie-Anne se pose sans trouver de réponses. Quand sa mère meurt prématurément, elle lui laisse une lettre qu’elle ne doit ouvrir qu’à ses quinze ans…

Ce roman de taille raisonnable (donc adapté aux jeunes ados) aborde le mythe du masque de fer. Dès le départ, le mystère est dense, tout est intriguant. Le jeune personnage est très attachant et parlera sans aucun doute aux jeunes lecteurs (peut-être plutôt aux jeunes lectrices ?).
Le récit donne un aperçu de la vie royale et des intrigues de la Cour, un aperçu qui sonne assez juste.

Un petit roman très efficace qui séduira les amateurs de récits « historiques » romancés.

Une fois n’est pas coutume, voici l’avis de deux très bonnes lectrices « cœur de cible » qui auraient visiblement apprécié de prolonger un peu l’aventure :

Jeanne, 12 ans
J’ai beaucoup aimé ce livre. Le début est assez lent mais une fois qu’on est dans les péripéties, c’est passionnant. Dommage qu’il soit un peu court. Ce serait bien qu’il y ait une suite.

Maud, 13 ans
Ce livre était très bien, malgré un dénouement un peu trop rapide à mon goût. J’ai bien aimé les moments musicaux et de rêverie. On s’évade en même temps que Marie-Anne. L’histoire est très bien racontée.

Le petit tailleur et le géant

Standard

tailleur-et-geant-couvertureDe Marie-Hélène Lafond
Illustré par Xavière Devos
Paru chez Les Minots

M. Tartan est un petit tailleur pas très doué.
Aussi est-il le premier étonné lorsqu’Ugly le géant lui demande de lui confectionner un costume pour son mariage.
Le petit tailleur sera-t-il à la hauteur du défi ?

Monsieur Tartan ne croule pas sous le travail, ses piètres qualités de couturier sont connues de tous. Sauf peut-être du géant Ugly qui exige un costume sur mesure pour son mariage.
Après un instant de panique, monsieur Tartan réussira à se sortir de ce mauvais pas avec brio, saisissant la chance qui lui est offerte et donnant par la même occasion un nouveau tournant à sa vie.

Une petite histoire aux accents de conte qui se lit avec plaisir (même si la fin n’est pas vraiment une surprise), accompagné de superbes images aux couleurs éclatantes.
Les illustrations donnent beaucoup d’élégance à l’ensemble et sont parfaitement adaptées au thème : elles sont aussi chatoyantes que les beaux tissus !

Camarades

Standard

camaradesDe Shaïne Cassim
Paru chez l’Ecole des loisirs

Dans une forêt enneigée, par moins trente degrés, en Russie, un jeune homme réussit à s’enfuir d’un bagne et à échapper à la police du tsar. Au même moment, une jeune fille qu’on a battue perd connaissance dans une rue de Paris. En Normandie, une autre jeune fille commet un acte irréparable et trahit la seule personne qui lui soit fidèle. Dans un petit village du pays de Galles, un garçon perché au sommet d’un arbre refuse obstinément de descendre. Il comprend qu’il vient de prendre sa vie en main. Ils s’appellent Evgueni, Gisèle, Eulalie, Eddie. Ils ont quinze ans, ils sont seuls au monde, ou presque. Chacun d’eux s’est accroché à un fil fragile que le destin leur tendait tout à coup. Nous sommes en 1870, et, alors que grondent à la fois la guerre et la révolution, ils se rencontrent à Paris, où le pouvoir de Napoléon III met si facilement les gens en prison. C’est là que leurs vies vont se mêler. Et que leurs espoirs vont renaître.

Quatre jeunes gens qui peinent à exister et n’ont rien à voir les uns avec les autres vont prendre leur vie en main. Ils vont avancer, poussés par le hasard, jusqu’à se rencontrer à Paris, même si le lecteur a du mal à se l’imaginer au départ.
Ces jeunes personnalités à vif ne manquent pas d’humanité. Ils s’enflamment, s’enthousiasment, vivent. Ils semblent faibles et pourtant ce sont des personnages forts. Et il y a l’énigmatique Garaï, la pierre centrale de tout l’édifice.

Le roman est dense, peut-être un peu trop même…
Certains points auraient gagnés à être développés, pour diluer un peu plus les informations, faire durer le plaisir. En effet, les personnages secondaires sont tout aussi hauts en couleur que les personnages principaux. Il aurait été intéressant d’en apprendre plus à leur sujet. De façon générale, j’aurais aimé que l’auteure prenne plus de temps pour tout. Les personnages qu’elle a créés sont si intéressants ! Et le contexte offre tellement de matière…