Tag Archives: Rue de Sèvres

Béatrice

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BeatriceDe Joris Mertens
Paru chez Rue de Sèvres

Béatrice prend chaque jour le train pour se rendre au travail. Dans la cohue de la gare, un sac à main rouge attire son attention. Jour après jour, à chaque passage dans la gare, il semble l’attendre. Succombant à sa curiosité dévorante, Béatrice, en emportant l’objet chez elle, ouvre les portes d’un monde nouveau…

Avec son grand format, sa couverture fourmillante de détails, son personnage rouge et son titre énigmatique, cette BD interpelle. On a immédiatement envie de la prendre en main. La quatrième de couverture n’est pas en reste pour finir de titiller le lecteur.
L’intérieur nous réserve une surprise de taille : il s’agit d’une BD sans texte ! C’est un pari audacieux relevé ici par l’illustrateur. Raconter une vraie histoire avec la seule force des images, ce n’est pas facile. Pari tenu ici car on suit le fil du récit sans problème. Celui-ci se déroule avec fluidité et ne souffre pas de l’absence de mots. Pour autant,  il est difficile de saisir un message sous-jacent en particulier. Volontairement, peut-être ? L’auteur semble avoir privilégié le récit, l’émotion et la poésie, mais aussi favorisé la suggestion, entretenant un certain mystère et laissant chacun libre d’interpréter ce récit à sa manière.

Les illustrations ultra détaillées sont éclatantes, avec cette dominante rouge magnifique qui sublime le tout et met le personnage principal en valeur. C’est un régal pour les yeux et l’imagination !

Miss Charity tome 1 – L’enfance de l’art

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Miss CharityDe Loïc Clément et Anne Montel, d’après le roman de Marie-Aude Murail
Paru chez Rue de Sèvres

En 1880, Charity est une petite fille de la bonne société anglaise. Endeuillée par la mort de ses petites soeurs, sa famille lui accorde peu d’attention ; aussi se réfugie-t-elle auprès de sa bonne, Tabitha. Elle élève également des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope et apprend Shakespeare par coeur, espérant qu’un jour quelque chose rompra sa solitude.

N’ayant pas lu le roman de Marie-Aude Murail, je ne peux juger de la fidélité à celui-ci. Ce premier tome traite la tendre enfance de Charity. Avec des illustrations aux couleurs douces et des planches dans un esprit botanique naturaliste, ce roman graphique est très séduisant. La couverture raconte à elle seule une véritable aventure. Les illustrations foisonnent de détails, y compris celles qui ne concernent pas les sciences naturelles mais le fil de l’histoire.

Le récit sait rester simple et authentique tout en étant rythmé, intelligent et plein d’humour. Le propos est passionnant. L’ambiance est très sympa et on s’attache très vite à Charity, enfant solitaire et timide mais pleine d’allant.

C’est une très belle collaboration fine et délicate, pour une histoire pleine de tendresse et que l’on ait lu ou non le roman, cette adaptation graphique vaut le détour.

Les spectaculaires dépassent les bornes

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Les spectaculaires4De Régis Hautière et Arnaud Poitevin
Paru chez Rue de Sèvres

Arsène Lupin a encore frappé ! Le célèbre gentleman cabrioleur s’est introduit dans le palais de l’Elysée et y a dérobé les documents secrets. Ce facétieux personnage a annoncé qu’il les remettrait au vainqueur du grand rallye automobile Paris-Berlin. Les Spectaculaires entrent donc dans la course, prêts à brûler les étapes pour récupérer les papiers volés et prendre Lapin au collet. Les cabrioles du monte-en-l’air lui permettront-elles d’échapper à nos fous du volant ? Pour le savoir, en voiture Simone, accrochez vos ceintures !

Le quatrième volet de cette saga n’est pas en reste et continue sur la digne et très convaincante lancée de ses trois prédécesseurs. Une nouvelle aventure ébouriffante et rocambolesque qui ne peut que réjouir les lecteurs de tous âges, rappelons-le, car le texte propose différents niveaux de lecture, permettant de s’adapter à l’âge du lecteur mais aussi de les lire et relire avec plaisir.

Le récit est donc enlevé et drôle, tout en finesse. L’intrigue est assez simple mais très dynamique. L’ambiance début 1900 est vraiment sympa et les personnages toujours aussi attachants. Enfin, les illustrations sont toujours aussi magnifiques et définitivement hautes en couleurs. Les spectaculaires marquent encore un point !

Retour à Killybegs

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RetourKillybegsDe Pierre Alary d’après un roman de Sorj Chalandon
Paru chez Rue de Sèvres

Toute ma vie j’avais recherché les traîtres. et voilà que le pire de tous était caché dans mon ventre.

D’un point  de vue esthétique, ce roman graphique est une franche réussite avec une couverture absolument magnifique, à la fois mystérieuse et engageante… Les illustrations intérieures ne sont pas en reste, avec un découpage aéré pour laisser la place à l’histoire.

Je ne peux pas juger de la fidélité au roman ni donner un avis sur celui-ci mais tout comme pour le tome 1, le scénario graphique de Pierre Alary m’a totalement convaincue. Le lecteur est emporté, en marche avec l’Histoire, ballotté et réprime difficilement l’envie de pleurer en tournant la dernière page, après cette “parenthèse” irlandaise…
Le tome 2 finit donc d’enfoncer le clou, c’est une série coup de cœur, sans hésitation !

Astrid Bromure – Tome 5 Comment refroidir le Yéti ?

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Astrid Bromure5De Fabrice Parme
Paru chez Rue de Sèvres

La neige tombe. Impossible de mettre le nez dehors ! Astrid s’ennuie, personne ne veut jouer avec elle. À la radio, on annonce que le Yéti vient de s’échapper pendant son transfert au zoo. Astrid se met alors en quête de cet homme des neiges peut-être pas si abominable…

Chouette, un nouveau tome d’Astrid Bromure, la série BD jeunesse chic et choc super classe. Cette fois, c’est au Yéti que sera confrontée Astrid, à moins que ce ne soit l’inverse…

Les illustrations soignées et d’une grande élégance sont toujours un régal pour les yeux. Astrid reste pétillante au possible. L’humour et les petites réflexions intéressantes sont également au rendez-vous. Dans cette aventure, ses parents seront beaucoup plus présents. L’attitude de la mère devient, du coup, un poil too much. Parallèlement, le suspense est moins marqué, le rythme plus tranquille…
Ce tome est, pour moi, un cran en-dessous des précédents, malheureusement.

Chaplin, tome 1 : En Amérique

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Chaplinde Laurent Seksik et David François
Paru chez Rue de Sèvres

Comment un garçon, né dans un quartier pauvre de Londres, de deux parents artistes ratés, père alcoolique, mère folle, a pu devenir, à 25 ans, le plus grand cinéaste de son temps, en mettant Hollywood ses pieds ; l’inventeur du cinéma moderne, un créateur visionnaire et un acteur d’exception, légende vivante, porte-parole des misérables, des moins que rien, des vagabonds, et producteur immensément riche, artiste engagé dans tous les combats de son temps, dictatorial avec les siens, et que son amour des femmes rend un colosse aux pieds d’argile dans l’Amérique puritaine. C’est cette conquête de l’Amérique que retracera ce premier volume. D’une vie de misère à la Oliver Twist à la gloire absolue d’un géant, adulé de New York à San Francisco que vient déjà menacer la passion de la chair et l’engagement politique. Cette première aventure débute en 1910 quand il quitte l’Angleterre pour les Etats-Unis et se termine vers 1920, en pleine notoriété puisqu’il est déjà une des personnalités les plus connues au monde.

Quelle riche idée, ce roman graphique sur Charlie Chaplin, personnage qui laisse peu de gens indifférents. Je ne sais pas quelle est la part de fiction et la part de réalité dans ce récit mais il me semble très bien documenté et la vie de Chaplin est déjà suffisamment rocambolesque sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter. Pour autant, les auteurs n’ont pas souhaité proposer ici une énième biographie mais bien l’aventure d’une vie. Du coup l’accent sera plutôt mis sur sa vie et son cheminement plutôt que sur une présentation de ses films. Cela tombe bien, Charlie Chaplin a eu une vie riche et était, je pense, quelqu’un d’extraordinaire au quotidien.

La BD n’est pas très longue mais tout y est et surtout l’ambiance. Le scénario et la mise en scène offrent un dynamisme et un côté facétieux qui conviennent parfaitement au thème. L’ensemble est plein d’une joie communicative, c’est un régal qui se déclinera, donc, en trois tomes !

Paris 2119

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Paris2119De Zep et Bertail
Paru chez Rue de Sèvres

Paris, nous sommes en 2119, l’ambiance est futuriste mais quelques éléments du XXIème siècle perdurent. Le métro existe encore mais la plupart des personnes préfèrent se téléporter via la cabine « Transcore «. Tout un chacun est systématiquement scanné et reconnu dans les espaces publics et privés. Les clones, les drones et les hologrammes sont monnaie courante. Tristan Keys vit dans ce monde dont il rejette le plus possible la numérisation. Tel un marginal, il continue à prendre le métro, à marcher dans les rues, à l’inverse, sa compagne Kloé est une adepte des déplacements inter-continents via le Transcore. Au cours de ses déplacements à pieds, il constate assez vite des comportements préocupants, des situations anormales. Que se passe-t-il vraiment dans ce Transcore ? Est-ce une simple téléportation pour ses utilisateurs ?

Une BD avec une “plastique” magnifique. Les personnages sont beaux, les décors superbes, c’est un vrai régal.

Le scénario propose quant à lui un récit d’anticipation assez classique et trop dense à mon goût pour fonctionner sur ce volume de pages. C’est d’ailleurs bien dommage car les découvertes s’enchaînent et le mystère est prenant. On se prend assez vite au jeu et on aurait vraiment envie d’en savoir plus ! La fin, qui n’en est pas vraiment une, est plutôt frustrante. Toute la mise en place de cet univers et de cette intrigue pour finir comme ça…

Cette BD existe en version “normale” (très belle et en grand format) couleurs et en version luxe lavis.