Tag Archives: Rue de Sèvres

Un putain de salopard, tome 1 Isabel

Standard

Un putainDe Loisel et Pont
Paru chez Rue de Sèvres

Max, qui vient d’enterrer sa mère, se retrouve avec pour héritage deux photos d’elle et lui enfant quand ils vivaient au Brésil. Sur chacune d’elles, un homme différent. L’un d’eux serait-il son père ? Il plonge sur les traces de son passé, vers un camp forestier en Amazonie. Mais ses rêves d’aventure et d’exotisme buteront vite sur la réalité de cette jungle des années 70. Il découvre un territoire gangréné par la violence, les réseaux de prostitutions, et la loi du plus fort. Il s’appuiera sur un joyeux trio déluré dont deux infirmières françaises, et surtout sur une jeune brésilienne muette, Baïa, indispensable guide. Dans la moiteur tropicale de cet environnement hostile, chacun poursuit ses buts et tente de survivre.

Parfois il suffit d’un rien pour décider d’ouvrir un livre et le lire ou non : un mot dans le titre, un truc qui interpelle, un détail de l’image, etc. Ici, le titre m’a fait hésiter. En revanche, je trouvais la couverture très belle. La quatrième a fait pencher la balance, sans regrets.

C’est un tome 1 donc l’histoire ne se termine pas, mais elle est très dense, avec une belle ambiance, une intrigue complexe et de l’aventure ! La mise en place du récit est vraiment bien, on est très vite dans le bain. Les auteurs savent embarquer le lecteur et à la fin de ce tome 1, une chose est certaine, on est partis pour une belle aventure !

Vivement la suite !

Advertisements

Speak

Standard

speakD’Emily Carroll (d’après le roman de Laurie Halse Anderson)
Paru chez Rue de Sèvres

Melinda a 15 ans. Ce soir d’été, au beau milieu d’une fête, la jeune fille est victime d’un drame. Elle appelle la police. Personne ne saura jamais pourquoi elle a lancé cet appel, ni ce qu’il lui est arrivé cette nuit-là. Tout simplement parce que Melinda, murée dans son silence, ne parvient pas à l’exprimer.

Le découpage de ce roman graphique est juste extraordinaire ! Et tout le talent et la sensibilité de la scénariste/illustratrice éclate pour servir ce récit. C’est presque une tempête… qui emporte le lecteur !

Cette histoire est une histoire du quotidien, d’adolescence désabusée, de mal-être, de communication impossible, de terreurs tues et elle fait d’autant plus mal que la communication est souvent difficile dans la “vraie vie”. Le regard et le comportement de la société sont très durs avec les victimes, ce n’est pas une bonne chose du tout. Avec une grande finesse, sans larmoyer ni rien atténuer pour autant, Speak met justement le doigt dessus, pour nous rappeler que nous avons tous une part de responsabilité à prendre.

Yin et le dragon – Tomes 2 & 3

Standard

Yin2Yin et le dragon – Tome 2 Les écailles d’or
Scénario Richard Marazano
Dessin et couleurs Xu Yao
Paru chez Rue de Sèvres

Alors que les japonais occupent Shangaï, Yin cache un dragon d’or dans l’atelier de son grand-père. Mais les turbulents gamins des rues et le très fureteur capitaine Utamaro risquent de découvrir son secret.
L’étrange créature se remet peu à peu de ses blessures et révèle bientôt les raisons de sa présence dans le monde des hommes.
La rumeur gronde, Yin et ses amis doivent se préparer à la tempête qui approche.

Cette suite immédiate du tome 1 démarre immédiatement dans l’action. Le scénario est ici encore passionnant. On en apprend plus sur la mythologie et la terrible menace qui pèse sur Shangaï et l’humanité au sens large. Les illustrations sont toujours aussi grandioses, avec des couleurs sublimes et donnent une belle ambiance au récit. Le tome 3 sera sans aucun doute une apothéose haute en couleurs.

 

Yin3Yin et le dragon – Tome 3 Nos dragons éphémères
Scénario Richard Marazano
Dessin et couleurs Xu Yao
Paru chez Rue de Sèvres

La tempête que redoutaient Yin et ses amis est maintenant sur eux : Xi Gong, le grand dragon noir de la fin des temps a lancé son attaque sur le règne des hommes. L’armée japonaise est en déroute et rien ne semble pouvoir arrêter la folie destructrice du terrifiant dragon.
Yin et ses amis ne baissent pas les bras pour autant et comptent bien se battre pour leur survie et celle de leur monde. Mais la bataille s’annonce terrible…

Le grand format rend vraiment hommage aux couleurs et aux illustrations de cette trilogie. C’est une explosion de couleurs pour ce tome 3 qui le mérite amplement. Tout explose, dans un combat final époustouflant. Même si certains passages sont presque un peu confus, l’intrigue est poussée jusqu’au bout et reste passionnante. La conclusion de cette trilogie est vraiment belle, avec un petit message intéressant “notre monde sera ce qu’on fait de lui”.

Un été d’enfer

Standard

Un ete denferDe Vera Brosgol
Paru chez Rue de Sèvres

Dans cette oeuvre autobiographique on découvre l’autrice à dix ans : venue de Russie, elle peine à s’intégrer aux États-Unis où elle s’est installée avec sa mère, son petit frère et sa petite soeur. Ses amies américaines vont chaque été dans de luxueux camps de vacances, qui font rêver Vera mais qui sont bien trop chers pour sa mère. Alors quand elle entend parler d’un camp d’été pour immigrés russes aux États-Unis, elle saute sur l’occasion ! Mais entre la cabane à toilettes insalubre, les randonnées épuisantes et les animaux dangereux, les vacances de rêve se transformeront vite en cauchemar…

Sous un vernis de légèreté, que ce roman graphique est dur. Il y est question d’intégration. Véra, arrivée de Russie se sent différente et n’est pas traitée avec bienveillance par ses camarades d’école. Pour autant au camp scout réservé aux enfants russes, elle n’aura pas la vie facile non plus. Parce que les autres se connaissent déjà, parce qu’elle est maladroite, parce qu’il faut rentrer dans le moule, parce que le moindre faux pas peut coûter, parce que la vie en communauté n’est pas toujours facile. Pourtant, Véra est un miracle d’optimisme. Elle trouve toujours moyen d’aller de l’avant…

Évidemment, on termine sur une note relativement heureuse en laissant supposer que Vera a enfin trouvé sa place dans cette communauté, mais ce roman graphique laisse malgré tout un petit goût amer.

Une aventure des spectaculaires, tome 3 : Les spectaculaires prennent l’eau

Standard

Spectaculaires3De Régis Hautière et Arnaud Poitevin
Paru chez Rue de Sèvres

Paris, janvier 1910, la Seine connaît une crue exceptionnelle plongeant tous les quartiers sous plusieurs mètres d’eau et désorganisant totalement les services publics. Les boutiques sont saccagées et dans les rues qui ne sont plus éclairées, faute de gaz et d’électricité, les habitants sont agressés.
Les malfrats en profitent, notamment l’un d’eux qui se fait appeler le Marsouin. Cambrioleur de haut vol, il pille les Musées, libère des prisonniers… en signant ses délits d’un M, soldant chacune de ses actions par une lettre adressée à la presse soulignant l’incapacité de Louis Lépine, Préfet de police et créateur du concours du même nom.
C’en est trop, Pipolet est convoqué au Ministère de l’Intérieur, les Spectaculaires sont sollicités pour arrêter le Marsouin. Quelles nouvelles inventions aquatiques Pipolet a-t-il prévu pour la fine équipe ? Se sortiront-ils de cette mission en eaux troubles ?

C’est à leur progression dans le temps qu’on reconnaît les bonnes et moins bonnes séries. Celle-ci est une winneuse, incontestablement. Le troisième tome ne démérite pas, bien au contraire, il est même encore plus drôle que les précédents. L’humour est omniprésent !
L’intrigue est quant à elle palpitante (pas évident en aussi peu de pages), farfelue à souhait et très dynamique.
Les illustrations conservent une grande élégance… De nombreux personnages ont ici revêtu les traits de personnes célèbres. Je ne suis pas toujours ultra fan de ce genre de choses mais là ça passe bien.

Ce troisième tome haut en couleurs est donc une franche réussite !

Pourquoi y a t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

Standard

pourquoi y a t il des inegalitesDe Soledad Bravi et Dorothée Werner
Paru chez Rue de Sèvres

Il était temps de faire une chronologie et de remonter aux origines des inégalités entre les hommes et les femmes, pour en révéler l’absurdité et nous donner envie de repartir sur des bases plus justes qui nous permettront de grandir et de vivre tous ensemble en harmonie.

Petite BD humoristique sur un sujet délicat. Soledad Bravi a choisi de remonter aux racines du “mal”. La chronologie démarre donc à la préhistoire.
Le récit est synthétique, ciblé. Le message est délivré clairement et simplement, avec certaines réflexions audacieuses. Certains aspects auraient toutefois mérités d’être développés. Pour autant, ce n’est pas ici l’objectif de ce livre qui n’a rien d’un documentaire.
Les illustrations sont pleines d’humour, permettant ainsi de rester dans une forme de légèreté qui ne peut que servir le message.
Cette approche est parfaite pour constituer une base de dialogue et de réflexion sur ce vaste débat et captiver l’intérêt des ados.

Quelques très belles BD pour Noël ?

Standard

Cette année encore, les amateurs de BD et romans graphiques ne seront pas en reste ! Et il y en a pour tous les goûts !!!

Chateau des etoiles4Le château des étoiles volume IV – Un français sur Mars
Texte et scénario Alex Alice
Paru chez Rue de Sèvres

Séraphin et ses amis arrivent sur Mars à la recherche du Professeur Dulac et de l’expédition prussienne qui l’a enlevé. Quand ils retrouvent les restes abandonnés de l’expédition précédente, le traître Gudden dévoile son jeu : le père de Séraphin n’est pas sur Mars, il ne l’a jamais été ! Avide de pouvoir, Gudden les a manipulés pour rapporter le maximum d’éthérite sur Terre. Une rixe éclate entre Gudden et Séraphin. Assommé, celui-ci se réveille seul sur Mars… abandonné de ses compagnons ?! Il ne reste pas seul longtemps et découvre que Mars est habitée.

Après un court résumé des épisodes précédents, c’est reparti et en fanfare. Le rythme est soutenu, l’intrigue vraiment sympa. Le scénario parvient à surprendre et propose une histoire qui peut se lire indépendamment (très appréciable !), avec une pirouette finale pour entretenir la flamme. Cela fonctionne toujours aussi bien. Les images sont toujours aussi belles, dans des tonalités douces. Les paysages martiens ont visiblement inspiré Alex Alice et nos petits yeux se régalent…
L’objet livre est toujours aussi soigné. Cette série se poursuit et ne faiblit pas !

Harry Potter et le prisonnier d'AzkabanHarry Potter et le prisonnier d’Azkaban
De J.K. Rowling, illustrations Jim Kay
Traduction Jean-François Ménard
Paru chez Gallimard jeunesse

Sirius Black, le dangereux criminel, qui s’est échappé de la forteresse d’Azkaban, recherche Harry Potter. C’est donc sous bonne garde que l’apprenti sorcier fait sa troisième rentrée. Au programme : des cours de divination, la fabrication d’une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes… Mais Harry est-il vraiment à l’abri du danger qui le menace ? Le troisième tome des aventures de Harry Potter vous emportera dans un tourbillon de surprises et d’émotions. Frissons et humour garantis !

Ce  n’est pas un roman graphique à proprement parler car le texte n’a pas été remanié pour s’adapter au format graphique. Il s’agit ici du texte intégral richement illustré. L’illustrateur s’est approprié l’histoire et propose des cabochons, des images en demi page, en page entière et même en double page qui viennent accompagner l’histoire et titiller l’imagination. Les illustrations de Jim Kay sont très belles.
L’objet est magnifique : très grand format, couverture cartonnée, jaquette avec fer à dorer, marque page ruban… Aucun détail n’est laissé au hasard.

Narcisse1Narcisse tome 1 – Mémoires d’outre-monde
De Chanouga
Paru chez Paquet

On m’a souvent dit que si j’avais marché dans les pas de mon père, tout cela ne me serait jamais arrivé… Mais c’est un fait, c’était en moi, rien au monde n’aurait pu me faire changer d’avis… J’étais fait pour être marin. De ce qui m’est arrivé, moi Narcisse P., je n’ai aucun regret… pour ce qui est d’Amglo c’est une autre histoire.

Premier tome d’une trilogie basée sur une histoire vraie et mystérieuse, cette BD a tout pour plaire. Une intrigue fournie qui prend de l’ampleur progressivement, de l’exotisme à revendre, un personnage principal plutôt énigmatique. Le récit n’est ni court ni long, juste suffisant pour poser ici les bases. L’auteur s’est approprié l’histoire de Narcisse Pelletier et la raconte à sa façon. Je ne sais pas ce qu’il en est de la version originale mais cette version là est superbe et invite le lecteur à un bien beau voyage. On sent l’appel de la mer et le souffle du grand large… Les magnifiques illustrations viennent sublimer le texte. Cet album est d’un esthétisme fou !

EdmondEdmond
De Leonard Chemineau, d’après la pièce d’Alexis Michalik
Paru chez Rue de Sèvres

Paris, décembre 1897, Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Après l’échec de La princesse lointaine, avec Sarah Bernhardt, ruiné, endetté, Edmond tente de convaincre le grand acteur en vogue, Constant Coquelin de jouer dans sa future pièce, une comédie héroïque, en vers. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de coeur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit mais qui deviendra la pièce préférée des français, la plus jouée du répertoire jusqu’à ce jour.

Tout simplement réjouissant. Un rythme soutenu, une intrigue à rebondissements, un côté vaudevillesque absolument charmant, un thème passionnant, ce roman graphique est incroyable ! C’est du très grand spectacle.
On entre vraiment dans l’ambiance et dans les coulisses. Il n’y a rien de plus à dire. C’est une réussite sur toute la ligne.

Joanne LebsterJoanne Lebster – Le début d’un nouveau monde
Scénario Marc Chinal, Dessins Mathieu Bertrand, Couleur Marie Avril
Paru chez Les éditions Réfléchir n’a Jamais Tué Personne

– Améliorer la face du monde ?
Soigner en profondeur notre société ?
Utopique ! Ma pauvre petite, d’autres avant vous ont essayé et tous ont échoué !
– Peut-être parce qu’ils ont continué d’utiliser l’outil qui posait problème ?

Par les temps qui courent, cette BD anticapitaliste peut intéresser pas mal de monde. Cette histoire basée sur un flashback est sympa et bien équilibrée. Le propos est clair (mais pas simplissime à lire tout de même), sans détour, plutôt militant : la solution pour notre société gangrenée est de supprimer l’argent. Il y a des éléments de réflexion intéressants, d’autres un poil too much car poussés à l’extrême. La mise en relation avec les réactions de la petite fille (hors flashback, donc) est particulièrement réussie.
Le graphisme est agréable.