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Astrid Bromure – Tome 5 Comment refroidir le Yéti ?

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Astrid Bromure5De Fabrice Parme
Paru chez Rue de Sèvres

La neige tombe. Impossible de mettre le nez dehors ! Astrid s’ennuie, personne ne veut jouer avec elle. À la radio, on annonce que le Yéti vient de s’échapper pendant son transfert au zoo. Astrid se met alors en quête de cet homme des neiges peut-être pas si abominable…

Chouette, un nouveau tome d’Astrid Bromure, la série BD jeunesse chic et choc super classe. Cette fois, c’est au Yéti que sera confrontée Astrid, à moins que ce ne soit l’inverse…

Les illustrations soignées et d’une grande élégance sont toujours un régal pour les yeux. Astrid reste pétillante au possible. L’humour et les petites réflexions intéressantes sont également au rendez-vous. Dans cette aventure, ses parents seront beaucoup plus présents. L’attitude de la mère devient, du coup, un poil too much. Parallèlement, le suspense est moins marqué, le rythme plus tranquille…
Ce tome est, pour moi, un cran en-dessous des précédents, malheureusement.

Chaplin, tome 1 : En Amérique

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Chaplinde Laurent Seksik et David François
Paru chez Rue de Sèvres

Comment un garçon, né dans un quartier pauvre de Londres, de deux parents artistes ratés, père alcoolique, mère folle, a pu devenir, à 25 ans, le plus grand cinéaste de son temps, en mettant Hollywood ses pieds ; l’inventeur du cinéma moderne, un créateur visionnaire et un acteur d’exception, légende vivante, porte-parole des misérables, des moins que rien, des vagabonds, et producteur immensément riche, artiste engagé dans tous les combats de son temps, dictatorial avec les siens, et que son amour des femmes rend un colosse aux pieds d’argile dans l’Amérique puritaine. C’est cette conquête de l’Amérique que retracera ce premier volume. D’une vie de misère à la Oliver Twist à la gloire absolue d’un géant, adulé de New York à San Francisco que vient déjà menacer la passion de la chair et l’engagement politique. Cette première aventure débute en 1910 quand il quitte l’Angleterre pour les Etats-Unis et se termine vers 1920, en pleine notoriété puisqu’il est déjà une des personnalités les plus connues au monde.

Quelle riche idée, ce roman graphique sur Charlie Chaplin, personnage qui laisse peu de gens indifférents. Je ne sais pas quelle est la part de fiction et la part de réalité dans ce récit mais il me semble très bien documenté et la vie de Chaplin est déjà suffisamment rocambolesque sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter. Pour autant, les auteurs n’ont pas souhaité proposer ici une énième biographie mais bien l’aventure d’une vie. Du coup l’accent sera plutôt mis sur sa vie et son cheminement plutôt que sur une présentation de ses films. Cela tombe bien, Charlie Chaplin a eu une vie riche et était, je pense, quelqu’un d’extraordinaire au quotidien.

La BD n’est pas très longue mais tout y est et surtout l’ambiance. Le scénario et la mise en scène offrent un dynamisme et un côté facétieux qui conviennent parfaitement au thème. L’ensemble est plein d’une joie communicative, c’est un régal qui se déclinera, donc, en trois tomes !

Paris 2119

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Paris2119De Zep et Bertail
Paru chez Rue de Sèvres

Paris, nous sommes en 2119, l’ambiance est futuriste mais quelques éléments du XXIème siècle perdurent. Le métro existe encore mais la plupart des personnes préfèrent se téléporter via la cabine « Transcore «. Tout un chacun est systématiquement scanné et reconnu dans les espaces publics et privés. Les clones, les drones et les hologrammes sont monnaie courante. Tristan Keys vit dans ce monde dont il rejette le plus possible la numérisation. Tel un marginal, il continue à prendre le métro, à marcher dans les rues, à l’inverse, sa compagne Kloé est une adepte des déplacements inter-continents via le Transcore. Au cours de ses déplacements à pieds, il constate assez vite des comportements préocupants, des situations anormales. Que se passe-t-il vraiment dans ce Transcore ? Est-ce une simple téléportation pour ses utilisateurs ?

Une BD avec une “plastique” magnifique. Les personnages sont beaux, les décors superbes, c’est un vrai régal.

Le scénario propose quant à lui un récit d’anticipation assez classique et trop dense à mon goût pour fonctionner sur ce volume de pages. C’est d’ailleurs bien dommage car les découvertes s’enchaînent et le mystère est prenant. On se prend assez vite au jeu et on aurait vraiment envie d’en savoir plus ! La fin, qui n’en est pas vraiment une, est plutôt frustrante. Toute la mise en place de cet univers et de cette intrigue pour finir comme ça…

Cette BD existe en version “normale” (très belle et en grand format) couleurs et en version luxe lavis.

Un putain de salopard, tome 1 Isabel

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Un putainDe Loisel et Pont
Paru chez Rue de Sèvres

Max, qui vient d’enterrer sa mère, se retrouve avec pour héritage deux photos d’elle et lui enfant quand ils vivaient au Brésil. Sur chacune d’elles, un homme différent. L’un d’eux serait-il son père ? Il plonge sur les traces de son passé, vers un camp forestier en Amazonie. Mais ses rêves d’aventure et d’exotisme buteront vite sur la réalité de cette jungle des années 70. Il découvre un territoire gangréné par la violence, les réseaux de prostitutions, et la loi du plus fort. Il s’appuiera sur un joyeux trio déluré dont deux infirmières françaises, et surtout sur une jeune brésilienne muette, Baïa, indispensable guide. Dans la moiteur tropicale de cet environnement hostile, chacun poursuit ses buts et tente de survivre.

Parfois il suffit d’un rien pour décider d’ouvrir un livre et le lire ou non : un mot dans le titre, un truc qui interpelle, un détail de l’image, etc. Ici, le titre m’a fait hésiter. En revanche, je trouvais la couverture très belle. La quatrième a fait pencher la balance, sans regrets.

C’est un tome 1 donc l’histoire ne se termine pas, mais elle est très dense, avec une belle ambiance, une intrigue complexe et de l’aventure ! La mise en place du récit est vraiment bien, on est très vite dans le bain. Les auteurs savent embarquer le lecteur et à la fin de ce tome 1, une chose est certaine, on est partis pour une belle aventure !

Vivement la suite !

Speak

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speakD’Emily Carroll (d’après le roman de Laurie Halse Anderson)
Paru chez Rue de Sèvres

Melinda a 15 ans. Ce soir d’été, au beau milieu d’une fête, la jeune fille est victime d’un drame. Elle appelle la police. Personne ne saura jamais pourquoi elle a lancé cet appel, ni ce qu’il lui est arrivé cette nuit-là. Tout simplement parce que Melinda, murée dans son silence, ne parvient pas à l’exprimer.

Le découpage de ce roman graphique est juste extraordinaire ! Et tout le talent et la sensibilité de la scénariste/illustratrice éclate pour servir ce récit. C’est presque une tempête… qui emporte le lecteur !

Cette histoire est une histoire du quotidien, d’adolescence désabusée, de mal-être, de communication impossible, de terreurs tues et elle fait d’autant plus mal que la communication est souvent difficile dans la “vraie vie”. Le regard et le comportement de la société sont très durs avec les victimes, ce n’est pas une bonne chose du tout. Avec une grande finesse, sans larmoyer ni rien atténuer pour autant, Speak met justement le doigt dessus, pour nous rappeler que nous avons tous une part de responsabilité à prendre.

Yin et le dragon – Tomes 2 & 3

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Yin2Yin et le dragon – Tome 2 Les écailles d’or
Scénario Richard Marazano
Dessin et couleurs Xu Yao
Paru chez Rue de Sèvres

Alors que les japonais occupent Shangaï, Yin cache un dragon d’or dans l’atelier de son grand-père. Mais les turbulents gamins des rues et le très fureteur capitaine Utamaro risquent de découvrir son secret.
L’étrange créature se remet peu à peu de ses blessures et révèle bientôt les raisons de sa présence dans le monde des hommes.
La rumeur gronde, Yin et ses amis doivent se préparer à la tempête qui approche.

Cette suite immédiate du tome 1 démarre immédiatement dans l’action. Le scénario est ici encore passionnant. On en apprend plus sur la mythologie et la terrible menace qui pèse sur Shangaï et l’humanité au sens large. Les illustrations sont toujours aussi grandioses, avec des couleurs sublimes et donnent une belle ambiance au récit. Le tome 3 sera sans aucun doute une apothéose haute en couleurs.

 

Yin3Yin et le dragon – Tome 3 Nos dragons éphémères
Scénario Richard Marazano
Dessin et couleurs Xu Yao
Paru chez Rue de Sèvres

La tempête que redoutaient Yin et ses amis est maintenant sur eux : Xi Gong, le grand dragon noir de la fin des temps a lancé son attaque sur le règne des hommes. L’armée japonaise est en déroute et rien ne semble pouvoir arrêter la folie destructrice du terrifiant dragon.
Yin et ses amis ne baissent pas les bras pour autant et comptent bien se battre pour leur survie et celle de leur monde. Mais la bataille s’annonce terrible…

Le grand format rend vraiment hommage aux couleurs et aux illustrations de cette trilogie. C’est une explosion de couleurs pour ce tome 3 qui le mérite amplement. Tout explose, dans un combat final époustouflant. Même si certains passages sont presque un peu confus, l’intrigue est poussée jusqu’au bout et reste passionnante. La conclusion de cette trilogie est vraiment belle, avec un petit message intéressant “notre monde sera ce qu’on fait de lui”.

Un été d’enfer

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Un ete denferDe Vera Brosgol
Paru chez Rue de Sèvres

Dans cette oeuvre autobiographique on découvre l’autrice à dix ans : venue de Russie, elle peine à s’intégrer aux États-Unis où elle s’est installée avec sa mère, son petit frère et sa petite soeur. Ses amies américaines vont chaque été dans de luxueux camps de vacances, qui font rêver Vera mais qui sont bien trop chers pour sa mère. Alors quand elle entend parler d’un camp d’été pour immigrés russes aux États-Unis, elle saute sur l’occasion ! Mais entre la cabane à toilettes insalubre, les randonnées épuisantes et les animaux dangereux, les vacances de rêve se transformeront vite en cauchemar…

Sous un vernis de légèreté, que ce roman graphique est dur. Il y est question d’intégration. Véra, arrivée de Russie se sent différente et n’est pas traitée avec bienveillance par ses camarades d’école. Pour autant au camp scout réservé aux enfants russes, elle n’aura pas la vie facile non plus. Parce que les autres se connaissent déjà, parce qu’elle est maladroite, parce qu’il faut rentrer dans le moule, parce que le moindre faux pas peut coûter, parce que la vie en communauté n’est pas toujours facile. Pourtant, Véra est un miracle d’optimisme. Elle trouve toujours moyen d’aller de l’avant…

Évidemment, on termine sur une note relativement heureuse en laissant supposer que Vera a enfin trouvé sa place dans cette communauté, mais ce roman graphique laisse malgré tout un petit goût amer.