Category Archives: Littérature “générale”

Il est à toi ce beau pays

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Il est a toiDe Jennifer Richard
Paru chez Albin Michel

Roman total par son ampleur, son ambition et sa puissance d’évocation, Il est à toi ce beau pays est la fresque tragique et monumentale de la colonisation de l’Afrique. Livrée aux appétits d’une Europe sans scrupules, elle est le théâtre d’un crime qui marque au fer rouge le XXe siècle. Sur trois continents, chefs d’Etat, entrepreneurs avides, explorateurs intrépides et missionnaires idéalistes agissent sous prétexte de civilisation.
Au fil d’un récit où se croisent héros inconnus et figures historiques, dont Léopold II, le « saigneur » du Congo, le pasteur George Washington Williams, l’aventurier David Livingstone, Joseph Conrad, Henry Morton Stanley ou encore Pierre Savorgnan de Brazza, Jennifer Richard nous donne le grand livre noir de l’Occident colonialiste. Et restitue, de la ruée vers les terres d’Afrique à l’instauration de la ségrégation aux États-Unis, le terrible destin d’une humanité oubliée.

Impressionnant par la taille (743 pages, tout de même, en format broché) et par le contenu, ce récit met un beau coup de poing dans l’estomac. Étant donné le thème, des pauses s’imposent parfois.
La lecture est dure mais jamais difficile. Les faits historiques sont précis mais on n’est pas ici dans un documentaire. Le sujet est dur, donc, mais ce point de vue sur l’esclavage, la colonisation et l’intégration des noirs est tellement objectif qu’on ne peut s’empêcher de se demander, au final, à quel moment quelqu’un a décidé qu’il pouvait disposer de la vie d’autres personnes, les posséder, les vendre, les exploiter, indépendamment de la couleur des uns et des autres. A quel moment quelqu’un s’est dit, je vaux mieux que ceux là, ils me doivent obéissance et respect.

Et, bien sûr, on ne peut s’empêcher de faire des liens et des ponts avec notre monde actuel…
C’est violent et ça fait mal, mais c’est parfois nécessaire d’ouvrir un peu les yeux !
Il est à toi ce beau pays est incontestablement une lecture qui marque.

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Dis, t’en souviendras-tu ?

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DIS-TEN-SOUVIENDRAS-TU_7598De Janine Boissard
Paru chez Plon

Que se passe-t-il lorsque le poids des secrets est si lourd à porter? Au coeur de la Provence, Aude tente de dénouer les fils de sa vie : qu’est-il arrivé à son mari ? Pourquoi ses souvenirs lui échappent ? Drames, mystères et affaires familiales se déploient dans le nouveau roman de Janine Boissard.
Aude a 23 ans, elle est l’épouse d’un parfumeur connu à Grasse. Et voilà que ce matin, elle se retrouve à l’hôpital, privée d’une partie de sa mémoire. Elle apprend qu’on l’a retrouvée, inanimée, sur un chemin désert. Non loin, la voiture de son mari, portières ouvertes, vide. Quel leur est-il arrivé?
Avec l’aide d’un psychiatre, elle va tenter de recouvrer sa mémoire. Mais le veut-elle vraiment? Avec le retour de ses souvenirs, ne devra-t-elle pas faire face à une redoutable vérité?
Un suspense haletant et une belle histoire d’amour dans les paysages parfumés de la Haute Provence.

Le récit s’ouvre sur une situation étrange : Aude a été agressée et a perdu la mémoire. Nous suivrons son cheminement pour une reconstruction qui lève peu à peu le voile sur des faits intrigants. Mystères, surprises et rebondissements s’enchaînent pour ce personnage principal qui ne manque pas de courage, sur fond de secrets de famille.
Le style de l’auteure, apparemment très populaire mais que je ne connaissais pas, est fluide et le récit bien construit. Le livre se lit facilement.

Pour autant, la quatrième de couverture en rajoute un peu avec son “suspense haletant”. Le rythme n’est en effet pas effréné et il me semble qu’il serait plus approprié de qualifier Dis, t’en souviendras-tu de romance plutôt que de polar. Les réponses s’enchaînent et arrivent bien trop facilement pour en faire un bon polar. En revanche, si l’on considère qu’il s’agit d’une romance, là cela fonctionne…

Les déferlantes

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lesdeferlantesDe Claudie Gallay
Editions Babel

La Hague… Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu’il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe de Cotentin vit une poignée d’hommes. C’est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier dpuis l’automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu’elle voit Lambert, c’est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d’un certain Michel. D’autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l’ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L’histoire de Lambert intrigue la narratrice et l’homme l’attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.

Les déferlantes est avant tout un roman d’ambiance. Amateurs de rythme effréné et de rebondissements, passez votre chemin. Ici on prend le temps, on s’imprègne, on entend presque les mouettes.

Pour autant, on ne peut pas dire qu’il ne se passe rien. Au contraire, chacun et chacune semble cacher un secret. La chape des non-dits et des silences est lourde. La communauté parvient à réaliser l’exploit de se déchirer tout en restant soudée. Un vrai raz-de-marée !

J’ai aimé toutes ces existences cabossées et cette mer omniprésente. Le décor, l’environnement naturel est presque un personnage à part entière. Dans cette ambiance de bout du monde, le vent et la mer règnent.

Les déferlantes est une très belle lecture, qui se déguste lentement…

Laisse tomber les filles

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LaissetomberlesfillesjpgGérard de Cortanze
Paru chez Albin Michel

Le 22 juin 1963 à Paris, quatre adolescents assistent, place de la Nation, au concert donné à l’occasion du premier anniversaire de Salut les copains. Trois garçons : François, rocker au coeur tendre, tenté par les substances hallucinogènes ; Antoine, fils d’ouvrier qui ne jure que par Jean Ferrat ; Lorenzo, l’intellectuel, fou de cinéma et champion de 800 mètres.
Une fille : Michèle, dont tous trois sont amoureux, fée clochette merveilleuse, pourvoyeuse de rêve et féministe en herbe.
Commencé au coeur des Trente Glorieuses et se clôturant sur la « marche républicaine » du 11 janvier 2015, ce livre pétri d’humanité, virevoltant, joyeux, raconte, au son des guitares et sur des pas de twist, l’histoire de ces baby-boomers devenus soixante-huitards, fougueux, idéalistes, refusant de se résigner au monde tel qu’il est, et convaincus qu’ils pouvaient le rendre meilleur.

Gros pavé sur la génération des baby-boomers de l’après-guerre très bien documenté jusque dans les moindres détails. La discographie, incontournable du quotidien de ces jeunes a été soigneusement étudiée. L’ambiance est là et fonctionne parfaitement.

Certaines réflexions, très justes, ne manqueront pas d’interpeller tout un chacun. La génération yéyé se croit unique, est en conflit avec la génération précédente et rêve d’un avenir meilleur. Finalement c’est peut-être le propre de chaque nouvelle génération ?
Historiquement, la fresque décrite est intéressante en soi et par sa longueur. On perçoit quelques charnières et moments clefs…

Pour autant, j’ai eu du mal à entrer dans le récit au départ. Les personnages assez stéréotypés manquaient un peu de consistance et l’intrigue de corps à mon goût. C’est à mon avis le point faible de ce roman.

Bonus sympa : on peut écouter la bande son originale du livre !

Le mystère Croatoan

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Le mystere croatoanDe Jose Carlos Somoza
Paru chez Actes sud

Des colonies d’invertébrés et d’humains rampent et marchent, inexorablement unis en un seul corps, à travers villes et forêts. Toute vie rencontrée est agglomérée ou détruite. Avant de se donner la mort, un scientifique, spécialisé dans le comportement des espèces animales, a programmé à l’intention de ses proches un message qui pourrait permettre de changer le cours de ces événements terribles qui semblent signer la disparition de toute forme de civilisation. Sauront ils le décrypter ? 

Une belle couverture peut tout faire basculer. Enfin pour moi. J’ai donc souhaité ce livre d’abord pour sa couverture…
Le contenu n’est toutefois pas en reste, avec un scénario apocalyptique qui fait froid dans le dos. L’intrigue est originale avec une montée en puissance efficace et réussie. Le lecteur est saisi dans les filets de ce roman qu’il est impossible de lâcher avant d’avoir tourné la dernière page.

Une colonne de feu

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Une colonne de feuDe Ken Follett
Paru chez Robert Laffont

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu’il connaissait va changer à tout jamais… Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu’il voulait épouser, Margery Fitzgerald.
L’accession d’Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l’Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France où la séduisante Marie Stuart – considérée comme l’héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l’un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent…
Dans ce demi-siècle agité par le fanatisme qui répand la violence depuis Séville jusqu’à Genève, les pires ennemis ne sont cependant pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n’importe quel prix.

Tous les fans des Piliers de la terre (et ils sont nombreux) se sont sans doute réjouis de la sortie de ce nouvel opus, option gros pavé de 922 pages…

Dans les faits, il ne s’agit pas d’une suite. Le lieu principal de l’intrigue, celui où les personnages reviennent à intervalles réguliers est Kingsbridge mais on fait un petit saut dans le temps. On ne retrouve donc pas les personnages des précédents mais l’ambiance est là.

Très vite, Ken Follett nous emporte dans son histoire, comme il sait si bien le faire. Cette fois-ci nous voyagerons en Angleterre, en France, en Espagne, aux Pays-Bas et même plus loin encore. Mais partout la rivalité oppose catholiques et protestants. Ceci constituera le thème principal du livre.
Trahisons, complots, rois, reines, petites gens, c’est une grande fresque qui se dessine… pleine de tournants et de rebondissements.

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle aventure, même si quelques passages auraient pu être raccourcis à mon goût. Cela étant, c’est tellement agréable de prendre son temps…

Une fois dans ma vie

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UnefoisdansmavieDe Gilles Legardinier
Paru chez Flammarion

Trois femmes, trois âges, trois amies que les hasards de la vie et les épreuves ont rapprochées dans un lieu comme aucun autre. Trois façons d’aimer, dont aucune ne semble conduire au bonheur. Séparément, elles sont perdues. Ensemble, elles ont une chance. Au milieu des hommes, cramponnées à leurs espoirs face aux coups du sort, avec tous les moyens et l’imagination débordante dont elles disposent, elles vont tenter le tout pour le tout. Personne ne dit que ça ne fera pas de dégâts…
Fidèle à son humanité, grâce à son talent unique fait d’humour, de sensibilité et d’un exceptionnel sens de l’observation de la nature humaine, Gilles Legardinier nous entraîne cette fois à la croisée de chemins que nous empruntons tous un jour.

Une entrée en matière intrigante, une ambiance sympathique avec la vie d’un petit théâtre (mais au passé prestigieux tout de même) alternativement en toile de fond ou en premier plan, des personnages qui apparaissent progressivement pour former une “troupe” hétéroclite hautement attachante… Des destins qui se croisent, un ange gardien pas si angélique que ça, des déceptions, des rires, une bonne dose de fougue, des soucis, des plaisanteries… Le tout servi par une plume agréable et bien huilée et agrémenté par une généreuse dose d’humour.

Forcément, cette lecture a tout pour séduire !