Category Archives: Littérature “générale”

Les animaux fantastiques 2 – Les crimes de Grindelwald

Standard

Les animaux fantastiques2De J.K. Rowling
Paru chez Gallimard

En 1927, quelques mois seulement après son arrestation par le Congrès magique des États-Unis, Gellert Grindelwald s’évade et souhaite rassembler des sorciers de « sang-pur » afin de régner sur l’ensemble de la population non magique. Albus Dumbledore, un professeur renommé de l’école de sorcellerie de Poudlard, au Royaume-Uni, semble le seul en mesure de l’arrêter. Les deux hommes, anciens amis d’enfance, seraient devenus ennemis depuis un accident au cours duquel la jeune sœur de Dumbledore aurait perdu la vie. Dumbledore accepte la mission et fait alors appel à son ancien élève Norbert Dragonneau, qui a fait ses preuves en ayant déjà su déjouer les plans du mage noir. C’est l’occasion pour Norbert de retrouver ses amis Tina, Queenie et Jacob4, à l’heure où le monde magique se fragmente plus que jamais.

De façon générale, je ne raffole pas des récits sous forme de pièce de théâtre. Dans le premier tome, le récit palpitant avait pris le dessus et l’expérience ne m’avait pas déplu. Cela a moins bien marché pour ce tome 2, dont l’intrigue, bien que restant dynamique est en-dessous de celle du tome 1. Peut-être parce qu’il n’y a plus l’effet “nouveauté” ou tout simplement parce qu’elle est moins bien ficelée… Je me méfie toujours des tomes 2, mais il est impossible de résister à la perspective d’un roman de J.K. Rowling, surtout lorsqu’il se présente avec une aussi belle couverture. Malheureusement, celui-ci ne m’aura pas convaincue plus que cela même si j’ai passé un moment de lecture agréable.

Advertisements

Tout le bleu du ciel

Standard

Tout le bleuDe Mélissa Da Costa
Paru chez Carnets nord

Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naît, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

J’ai eu envie de lire ce livre à cause du combi VW sur la couverture. Je l’ai dégusté tranquillement sans me presser et c’est un énorme coup de cœur. On pourrait penser que cette histoire d’Alzheimer exige un pathos ultime, mais ce n’est pas le cas. Le récit est pudique, poétique, sans rien enlever aux faits. Les deux personnages principaux sont parfaits. J’ai pris plaisir à les suivre pendant quelques jours et malgré le thème et la fin (qui n’est pas une surprise, mais qu’importe), j’ai ressenti beaucoup de bien-être pendant ce voyage “initiatique” d’une grande richesse.

Le vol de l’autruche

Standard

Le vol deDe Crysten Sullivan
Paru chez Carnets Nord

Maggie, jeune fille de vingt-trois ans, est obèse. D’origine américaine, elle est installée à Paris depuis quelques années. Un jour, Maggie est embauchée dans une entreprise qui veut faire d’elle l’égérie des employés pour sa prochaine campagne de communication sur le bien-être au travail. Petit à petit, au gré des rencontres qu’elle fait, Maggie va se transformer et s’épanouir. Il y a d’abord Louis-Valentin, le jeune médecin de la boîte, qui apprécie ses rondeurs et l’invite à sortir avec elle. Il y a ensuite Leïla, sa collègue, qui lui coud des vêtements à la mode parfaitement adaptés à sa silhouette. Il y a enfin, « Bouddha », atteint d’une maladie orpheline, qui partage avec elle de gigantesques repas et s’occupe d’un forum internet dédié aux personnes en surpoids. Maggie « l’autruche », complexée, inhibée et mal dans sa peau va progressivement découvrir ses atouts et prendre son envol, à mesure qu’elle devient une icône.

Je ressors de cette lecture assez mitigée. J’avoue avoir été appâtée par la couverture. La quatrième de couverture m’a semblé intéressante également. Choisir un personnage principal obèse, quelle audace ! Je ne pouvais que me pencher sur ce roman, dont la quatrième vantait également l’humour et la finesse.

Hélas, le contenu m’a moins convaincue. D’abord il ne se passe pas grand chose. En gros, Maggie est obèse, moche, mal dans sa peau et très vite elle devient belle, attirante, bien dans sa peau et entourée de gens tellement bienveillants (à part la boss). Ensuite on retrouve un certain nombre de clichés au cours du récit, ce qui est toujours un peu agaçant. Enfin, l’aspect intimiste du roman cède vite la place à une histoire feel good finalement assez convenue.

Je dis donc “dommage, peut mieux faire”. J’aurais aimé trouver un peu plus de la finesse promise. Pour autant, cette lecture n’aura pas été désagréable, même si elle ne me laissera pas un souvenir impérissable.

En attendant Bojangles

Standard

EnattendantBojanglesD’Olivier Bourdeaut
Paru chez Finitudes

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Des personnages forts et ô combien attachants, un texte finement ciselé, voilà un roman apte à séduire un large public, toutes générations confondues.
Un roman qui mérite indéniablement son succès. Cet avis s’ajoute donc au cortège de louanges !
Le récit à la fois émouvant, sincère (le comble vu le thème !) et drôle m’a totalement emportée.

L’homme qui voulut peindre la mer

Standard

Lhomme qui voulut peindre la merDe Tristan Koëgel
Paru chez Didier jeunesse

À Gibraltar, une pâtissière ensorcelle ses clients avec des gâteaux,
À Marseille, une coiffeuse est face au cadavre de son patron,
Et à Raguse, un homme souhaite emprisonner la mer sur sa toile…

Sept récits traversent ainsi les époques, de l’antiquité à nos jours, et la Méditerranée, comme autant de visions vibrantes et fantastiques où se jouent des destins, des terreurs, des désirs.

Des nouvelles très courtes mais avec, pourtant une grande portée. Elles stimulent en effet l’imagination et la réflexion, avec un je-ne-sais-quoi d’envoûtant. Chacune est une petite histoire en soi, avec des personnages détaillés, une réelle intrigue et un vrai rythme. Chacune continue à tourner dans la tête bien après la lecture…

Si les textes sont assez sombres et complexes, ils ne sont pas dénués d’émotions. Ce sont des textes vivants, remuants et sans concession, comme la mer qu’ils célèbrent. Elle est d’ailleurs le trait d’union entre ces histoires totalement différentes.
Pour ma part, je ne rangerais pas ce recueil en “jeunesse” mais en tout public, grands ados à adultes.

La Tresse

Standard

TresseDe Laetitia Colombani
Paru chez Grasset

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Trois femmes différentes menant une vie tout aussi différente. Elles n’ont pas de points communs, à part celui de prendre leur destin en main et de refuser de se laisser dicter leur conduite.

Les trois histoires qui se déroulent en parallèle sont passionnantes et on passe de l’une à l’autre avec plaisir (ce qui n’est pas toujours le cas avec ce genre de structure alternée), avec une petite pirouette finale qui permet de les relier.
Ce roman, très agréable, se lit vite et met du baume au cœur.

La disparition de Josef Mengele

Standard

Josef MengeleDe Olivier Guez
Paru chez Grasset

1949 : ancien médecin SS à Auschwitz, coupable d’expérimentations atroces sur les déportés, Josef Mengele s’enfuit en Argentine.
1979 : après trente ans de traque, il meurt mystérieusement au Brésil.
Caché derrière divers pseudonymes, protégé par ses réseaux et par l’argent de sa famille, soutenu à Buenos Aires par une communauté qui rêve du Quatrième Reich, Mengele croit d’abord pouvoir s’inventer une nouvelle vie… En Allemagne, l’heure est à la reconstruction, l’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier. Mais la traque reprend, menée par le Mossad puis par le chasseur de nazis Simon Wiesenthal.

Ce roman « uppercut » retrace la destinée de Josef Mengele après la fin de la Seconde Guerre mondiale. On entre ainsi dans l’intimité de Mengele, pour qui il est impossible d’éprouver la moindre sympathie. Voilà un « héros » antipathique et dérangeant, parfaitement odieux et détestable.
Le texte fort et parfaitement documenté choisit l’approche frontale. C’est court et  percutant. Cela n’a rien d’une lecture facile.
Ces réunions de vieux nazis qui se vantent de leurs glorieux passé glacent le sang. Les manigances des différents états également… C’est l’occasion d’apprendre ou réapprendre des tas de choses (notamment sur l’accueil des anciens nazis en Argentine et les pratiques scientifiques allemandes pendant la guerre) et de rappeler l’étendue de la cruauté humaine ainsi que l’horreur des camps, sujet difficile mais qui ne doit jamais être oublié ni minimisé…