Category Archives: Romans graphiques & BD

Nymphéas noirs

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NympheasDe Didier Cassegrain et Fred Duval d’après le roman de Michel Bussi
Paru chez Dupuis

Dans le village de Giverny, où Claude Monet peint quelques-unes de ses plus belles toiles, la quiétude est brusquement troublée par un meurtre inexpliqué. Tandis qu’un enquêteur est envoyé sur place pour résoudre l’affaire, trois femmes croisent son parcours. Mais qui, de la fillette passionnée de peinture, de la séduisante institutrice ou de la vieille dame calfeutrée chez elle pour espionner ses voisins, en sait le plus sur ce crime ? D’autant qu’une rumeur court selon laquelle des tableaux d’une immense valeur, au nombre desquels les fameux Nymphéas noirs, auraient été dérobés ou bien perdus.

Je l’ai lu dans le cadre du prix Bulles de sang d’encre et c’est une belle découverte.

Je ne connais pas le roman donc je ne peux juger de la fidélité à celui-ci mais j’ai plongé la tête la première dans cette version graphique qui, il me semble, convient particulièrement bien à cette histoire. L’intrigue est palpitante et pleine de surprises et les références artistiques ne pouvaient que me séduire. L’ambiance est fantastique et les illustrations pleines de poésie sont absolument splendides !

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Paris 2119

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Paris2119De Zep et Bertail
Paru chez Rue de Sèvres

Paris, nous sommes en 2119, l’ambiance est futuriste mais quelques éléments du XXIème siècle perdurent. Le métro existe encore mais la plupart des personnes préfèrent se téléporter via la cabine « Transcore «. Tout un chacun est systématiquement scanné et reconnu dans les espaces publics et privés. Les clones, les drones et les hologrammes sont monnaie courante. Tristan Keys vit dans ce monde dont il rejette le plus possible la numérisation. Tel un marginal, il continue à prendre le métro, à marcher dans les rues, à l’inverse, sa compagne Kloé est une adepte des déplacements inter-continents via le Transcore. Au cours de ses déplacements à pieds, il constate assez vite des comportements préocupants, des situations anormales. Que se passe-t-il vraiment dans ce Transcore ? Est-ce une simple téléportation pour ses utilisateurs ?

Une BD avec une “plastique” magnifique. Les personnages sont beaux, les décors superbes, c’est un vrai régal.

Le scénario propose quant à lui un récit d’anticipation assez classique et trop dense à mon goût pour fonctionner sur ce volume de pages. C’est d’ailleurs bien dommage car les découvertes s’enchaînent et le mystère est prenant. On se prend assez vite au jeu et on aurait vraiment envie d’en savoir plus ! La fin, qui n’en est pas vraiment une, est plutôt frustrante. Toute la mise en place de cet univers et de cette intrigue pour finir comme ça…

Cette BD existe en version “normale” (très belle et en grand format) couleurs et en version luxe lavis.

Un putain de salopard, tome 1 Isabel

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Un putainDe Loisel et Pont
Paru chez Rue de Sèvres

Max, qui vient d’enterrer sa mère, se retrouve avec pour héritage deux photos d’elle et lui enfant quand ils vivaient au Brésil. Sur chacune d’elles, un homme différent. L’un d’eux serait-il son père ? Il plonge sur les traces de son passé, vers un camp forestier en Amazonie. Mais ses rêves d’aventure et d’exotisme buteront vite sur la réalité de cette jungle des années 70. Il découvre un territoire gangréné par la violence, les réseaux de prostitutions, et la loi du plus fort. Il s’appuiera sur un joyeux trio déluré dont deux infirmières françaises, et surtout sur une jeune brésilienne muette, Baïa, indispensable guide. Dans la moiteur tropicale de cet environnement hostile, chacun poursuit ses buts et tente de survivre.

Parfois il suffit d’un rien pour décider d’ouvrir un livre et le lire ou non : un mot dans le titre, un truc qui interpelle, un détail de l’image, etc. Ici, le titre m’a fait hésiter. En revanche, je trouvais la couverture très belle. La quatrième a fait pencher la balance, sans regrets.

C’est un tome 1 donc l’histoire ne se termine pas, mais elle est très dense, avec une belle ambiance, une intrigue complexe et de l’aventure ! La mise en place du récit est vraiment bien, on est très vite dans le bain. Les auteurs savent embarquer le lecteur et à la fin de ce tome 1, une chose est certaine, on est partis pour une belle aventure !

Vivement la suite !

L’adoption tome 1 Quinaya

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L_adoption1De Zidrou et Arno Morin
Paru chez Bamboo

Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c’est la vie de tous qui est chamboulée. Mais pour Gabriel, ce sera encore plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n’a jamais pris le temps d’être père. Des premiers contacts un rien distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d’imaginer.

Les personnages sont très attachants, notamment la petite Quinaya, le grand-père bourru et ronchon à souhait et les Gégés, bien sûr ! L’histoire est touchante et très tendre. Le récit n’en fait pas trop et pourtant tout est là, entre les mots prononcés et les non-dits. Tout sonne très juste. Les images lumineuses sont très belles et contribuent à renforcer le plaisir de lecture.
Un petit bémol toutefois, le rebondissement final, qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, et aurait, pour moi, mérité d’être plus développé ou amené différemment pour prendre sa place.

Il n’en reste pas moins que cette BD est très réussie !
Cap sur le tome 2 !

Edelweiss

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EdelweissDe Cedric Mayen et Lucie Mazel
Paru chez Vents d’Ouest

Été 1947, Boulogne-Billancourt. Lors d’un bal typique de l’après-guerre, Edmond, jeune ouvrier chez Renault, rencontre Olympe, fille de politicien. Il ne se doute pas qu’elle va bouleverser sa vie. Passionnée d’alpinisme, la jeune femme n’a qu’un rêve : escalader le Mont-Blanc pour égaler la prouesse de son aïeule Henriette d’Angeville. Malgré son manque d’expérience, Edmond promet qu’il l’aidera à le réaliser. Seulement, le train-train quotidien et plusieurs drames vont petit à petit émousser leur détermination… Mais qu’importe, l’amour est plus fort que tout, dit-on. Et s’il est capable de déplacer des montagnes, il peut aussi aider à les gravir.

J’en entendais parler depuis un moment…

Cette BD mérite en effet d’être lue. L’histoire est belle et touchante. Il y est question d’amour et de montagne, de ténacité, de dépassement de soi… Le rythme est assez soutenu et les personnages principaux très attachants. Olympe est notamment une femme de tête, très en avance sur son temps ! Elle a une très belle personnalité.

Les illustrations, parées de belles couleurs tendres, sont très belles. Elles soutiennent admirablement l’histoire, avec une ambiance parfaitement choisie, et lui donnent une portée plus forte.

Brigade Verhoeven Tome 2 Irène

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Brigade Verhoeven2Scénario Pascal Bertho, d’après un roman de Pierre Lemaître
Illustrations Yannick Corboz
Couleur Sébastien Bouët et Fabien Blanchot

Le lundi 7 avril 2003, Camille Verhoeven, commandant à la Brigade criminelle, est appelé sur une scène de crime dans une friche industrielle de Courbevoie. Deux femmes ont été torturées, tuées, dépecées… Un crime particulièrement épouvantable et déroutant. Un assassin qui a tout prévu, jusque dans le moindre détail et qui, semble-t-il, connaît bien Verhoeven. Un peu atypique, notre commandant : la quarantaine, né hypotrophique, chauve comme un oeuf, amoureux d’Irène et bientôt père de famille. Accompagné de son équipe hétéroclite et efficace, parviendra-t-il à arrêter ces crimes avant qu’il ne soit trop tard ?

Cette série BD policière se met super bien en place, d’après des nouvelles de Pierre Lemaître. Ce tome 2 tient super bien la route malgré le format court et les dessins sont agréables, avec de belles couleurs. L’intrigue va très vite, sur les pas du tueur, avec une belle montée en puissance efficace. On ne souffle pas une minute. Le rythme parfait pour ce policier qui se lit d’une traite.

Un très bon épisode parfaitement orchestré.

Speak

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speakD’Emily Carroll (d’après le roman de Laurie Halse Anderson)
Paru chez Rue de Sèvres

Melinda a 15 ans. Ce soir d’été, au beau milieu d’une fête, la jeune fille est victime d’un drame. Elle appelle la police. Personne ne saura jamais pourquoi elle a lancé cet appel, ni ce qu’il lui est arrivé cette nuit-là. Tout simplement parce que Melinda, murée dans son silence, ne parvient pas à l’exprimer.

Le découpage de ce roman graphique est juste extraordinaire ! Et tout le talent et la sensibilité de la scénariste/illustratrice éclate pour servir ce récit. C’est presque une tempête… qui emporte le lecteur !

Cette histoire est une histoire du quotidien, d’adolescence désabusée, de mal-être, de communication impossible, de terreurs tues et elle fait d’autant plus mal que la communication est souvent difficile dans la “vraie vie”. Le regard et le comportement de la société sont très durs avec les victimes, ce n’est pas une bonne chose du tout. Avec une grande finesse, sans larmoyer ni rien atténuer pour autant, Speak met justement le doigt dessus, pour nous rappeler que nous avons tous une part de responsabilité à prendre.