Famille nombreuse

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De Chadia Loueslati
Paru chez Marabulles (Marabout)

Chadia raconte le départ de son père vers la France, puis le quotidien d’une famille d’immigrés au fur et à mesure que la fratrie s’agrandit.

 

Ce roman graphique, je l’attendais avec impatience… Parce que figurez-vous que j’ai la chance de connaître un peu la formidable Chadia ! Une sacré personnalité équipée d’un coeur en or massif… J’avais donc eu un petit aperçu du livre en super avant-première et j’avais adoré.

Eh bien je n’ai pas été déçue. Il s’agit peut-être d’un premier roman graphique, mais il a tout d’un grand. Le graphisme est élégant et dynamique. Il vient efficacement renforcer les traits d’humour.  Et des traits d’humour, il y en a ! Le récit est traité avec énormément d’humour, c’est aussi ce qui fait sa force.

Heureusement, parce qu’il n’y a rien de plus ennuyeux qu’un récit autobiographique linéaire et factuel. Alors que là on a une tranche de vie mais aussi une bonne tranche de rigolade : les coquillettes ET le beurre ! Bref, c’est raconté avec brio.

Du coup, on passe un excellent moment et on se retrouve même projetés en arrière. Parce que même si notre enfance a été différente, il y a des choses qui font tilts, genre l’arrivée du téléphone filaire : la révolution capitale !!!

Et en plus, c’est multigénérationnel. Au départ, je pensais le prêter à ma collégienne uniquement et puis finalement Numérobis s’est approché genre “kessketulis ???”. Il me l’a chipé à la première occasion et l’a apprécié à la hauteur de ses 9 ans.

Vous l’aurez compris, c’est un coup de coeur !

 

Le jardin des épitaphes – Aimez-moi

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De Taï-Marc Le Thanh
Paru chez Didier jeunesse

Pour Double-peine, Poisson-pilote et leur grand frère, le road trip se poursuit dans une Amérique dévastée. Direction San Francisco. Plus rien ne peut les arrêter : ils franchissent les obstacles avec force et optimisme, sûrs de retrouver bientôt leurs parents. Mais de douloureux souvenirs viennent hanter notre héros et anéantir ses certitudes.

Et si la plus grande menace qui pesait sur sa famille était là, dans les terribles secrets qui surgissent du passé ?

Ce tome 2 démarre cash, au  point de déstabiliser le lecteur.
On entre tout de suite dans le vif du sujet, avant un petit flashback pour éclaircir ce qui s’est passé entre la fin du premier tome et le premier chapitre. (heureusement, sinon c’est frustrant !!!)

Ensuite, ça roule, enfin si je peux dire parce qu’on n’est pas dans un récit linéaire pour autant, loin s’en faut. L’Amérique offrira son lot de créatures, de complications, de rebondissements. Oui, ça rebondit un max. Pour autant, le parcours des trois enfants semble quelque part un peu plus “facile” sur le territoire américain. Mais ce n’est peut-être qu’une impression. Il faut dire qu’il y a du nouveau grain à moudre avec les révélations liées au passé. Cela prend pas mal de place dans ce tome 2. On en apprend chaque fois un peu plus, le schéma se dessine…

Et juste au moment où le lecteur trouve le dénouement un peu trop rapide, paf, le rebondissement ultime le prend par surprise.
Et c’est reparti mon kiki jusqu’à ce que… quoiiiii c’est déjà la fin ??? Ah mais non !

Le jardin des épitaphes est un roman d’aventure palpitant (à lire d’une traite), bien mené par Taï-Marc Le Thanh qui, une fois encore, dévoile le mordant de sa plume et réussit à mélanger trash, humour, tendresse, amour, héros, aventures, rock et suspens avec brio (et encore j’en oublie certainement).

 

La famille Cerise – La course des Guignols

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De Pascal Ruter
Paru chez Didier jeunesse

En ce début de vacances, Zouille et Yoyo Cerise, les intrépides jumelles, ainsi que leurs fidèles amis, Max et Papillon, bouillent de rage. Angèle, leur pire ennemie, ne cesse de leur jouer des mauvais tours. Il n’y a donc pas de vacances pour les teignes ? Comment clouer le bec, à cette peste ? Zouille finit par lui lancer un défi : Angèle et ses frères affronteront les Cerise et leurs amis à la grande course de bateaux ! Pas question d’être des guignols, tous les coups sont permis, même les plus drôles !
Alors à vos marques, prêts, ramez !

Il s’agit du tome 2 de cette série pour jeunes (mais déjà bons) lecteurs, dans la collection de romans illustrés avec un marque-page détachable.

Le marque-page n’est pas un gadget, à cet âge, il est difficile de comprendre qu’on n’est pas obligé de lire son livre en une seule fois, ce qui peut rebuter certains lecteurs (qui n’oseront pas s’attaquer à un livre plus épais).

Le récit commence directement, pour entrer dans le vif du sujet : ce tome opposera les soeurs Cerise et leurs amis à Angèle. Inutile d’avoir lu le tome 1, ça marche très bien sans. Si on l’a lu tant mieux, ça permet de resituer le contexte mais ce n’est pas indispensable non plus.
On retrouve ce côté loufoque juste comme il faut qui nous avait emballé sur le tome 1. Les personnages sont toujours aussi attachants, la grand-mère est top ! C’est rythmé, dynamique, avec suffisamment de suspense et de rebondissements pour mener le jeune lecteur jusqu’au bout en passant un excellent moment. Les illustrations s’accordent bien avec le texte et favorisent l’imagination. Cette histoire sur l’amitié est définitivement à mettre entre toutes les mains : unis ont est plus forts, la violence ne résoud rien, un message essentiel pour les cours de récré !

C’est un beau petit roman pour rire, rêver, réfléchir aussi et un peu trembler par moments…

Un bruit étrange et beau

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De Zep
Paru chez Rue de Sèvres

La mort m’a fait si peur ce jour-là, que j’ai voulu croire en un Dieu plus fort qu’elle. Et j’ai fini par choisir une vie voisine de la mort. Pour m’habituer.

Ce roman graphique happe le lecteur dès les premières pages. Séduit par l’élégance, la finesse et les couleurs des illustrations, celui-ci est immédiatement intrigué par ce texte économe mais tellement fort. Un texte qui va à l’essentiel tout en laissant des zones de mystère. Le récit démarre d’ailleurs sans texte. Celui entre en scène plus tard, d’abord avec parcimonie, puis de plus en plus présent pour accompagner l’histoire et le cheminement de William.

William a choisi de devenir moine. Il a fait voeu de pauvreté, de chasteté et de silence. Ses journées s’égrènent, semblables les uns aux autres, dans la paix et le silence, au point qu’il ne sait plus depuis combien d’années il se trouve là.

Pourtant, le décès de sa tante, qui désapprouvait sa décision, l’obligera à sortir de sa tanière. Il sera confronté à sa vie passée, à ses souvenirs, au tumulte de la ville, à la réalité et à une nouvelle rencontre.

Une histoire tellement humaine, racontée avec beauté et simplicité, sur la vie, l’amour, la mort… Accompagnée d’illustrations magnifiques, tendres et sobres. Elles se combinent pour nous offrir une immersion dans une atmosphère un peu hors du temps, un peu hors du commun.

C’est un très bel album sensible et plein de délicatesse, qui fait beaucoup de bien. Un petit bijou.

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De Andrea H. Japp
Paru chez Flammarion

1348. La peste fait rage dans Paris et l’épidémie a changé la face du royaume. Aurait-elle aussi changé Gabrielle? Déterminée à être maîtresse de son propre destin, plus rien n’arrête cette femme bafouée par son mari, joueur acharné qui dépensait leurs quelques sous dans les pires tripots et les plus sombres bordels. Elle quitte la capital avec sa fidèle Adeline, emportant avec elle une peinture mystérieuse que les puissants veulent posséder coûte que coûte. Dans une France en panique, tout est possible. Peut-elle s’installer dûment dans cet hôtel étrange? Quel rôle la place de Grève et le “parloir aux bourgeois” jouent-ils dans son destin? Qui sont le dominicain louche, la noble fourbe et le nain coutelier qui s’inscrivent dans son sillage?

Duperies, menaces, maladies, secrets… rien n’est épargné à la Dame d’Aurillay. La malédiction de Gabrielle se prolonge, plus dangereuse que jamais.

Un thriller médiéval dont le pire des fléaux n’est pas la peste.

On commence par un petit résumé du tome 1 et une liste des personnages. Cela permettra aux personnes qui démarrent la lecture au tome 2 de se mettre dans le bain et aux autres de s’y remettre !

L’intrigue continue de se dérouler, avec son lot de mystères et d’ajouts. Elle est suffisamment riche et rythmée pour captiver le lecteur !

Ici, plus encore que dans le premier tome, les personnages féminins sont au premier plan, au fur et à mesure que Gabrielle d’Aurillay s’affirme et s’émancipe. Ceci est d’ailleurs habituellement peu fréquent dans la littérature traitant de cette période et mérite d’être souligné. Quand on pense au Moyen-Age on imagine plutôt les chevaliers que des dames qui se prennent en charge.

Tout comme dans le premier tome, celui-ci est très documenté, tant sur le fond que sur la forme et l’auteur a émaillé le récit de nombreuses notes explicatives de bas de page. Le style reste volontairement celui de l’époque, pour mieux nous plonger dedans et nous faire voyager dans le temps.

La brève annexe historique en fin de livre est très intéressante.

Disparais !

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De Mickaël Escoffier et Mathieu Maudet
Paru chez L’école des loisirs

Charlotte en a assez qu’on lui dise ce qu’elle doit faire, qu’on lui donne des ordres. Ses parents sont décidément trop autoritaires.

Alors elle commande une boîte de magie pour son anniversaire et s’empresse de les faire disparaître. Quelle joie de pouvoir enfin faire TOUT ce qu’elle veut. Et elle ne s’en prive pas. Elle se sent enfin libre. Pourtant, quelques heures plus tard, cette liberté commencera à lui peser et elle aimerait finalement retrouver ses parents et leur cocon protecteur. Heureusement la baguette magique est là.

La chute est très bonne puisque ce sont cette fois les parents qui demandent à Charlotte de disparaître !

Un texte simple mais efficace, des illustrations colorées.
Au-delà du message, cet album est l’assurance d’un bon moment de lecture partagée.

Sauveur & fils – Saison 2

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De Marie-Aude Murail
Paru chez L’école des loisirs

Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kilos.
Côté jardin, il mène sa vie privée avec son fils Lazare de 9 ans et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise Rocheteau et ses deux enfants.
Côté ville, Sauveur reçoit ses patients. Parmi eux : Ella Kuypens, 13 ans, qui se travestit en garçon et chante Sans contrefaçon, de Mylène Farmer, devant son miroir, Blandine Carré, 12 ans, qui se shoote aux bonbons Haribo et fait un tabac sur YouTube avec ses vidéos de poupées Pullip, Gabin Poupard, 17 ans, qui est Elfe de la Nuit dans World of Warcraft et qui squatte le grenier de son psy dans le civil, Samuel Cahen, 16 ans, qui ne se lave plus mais s’étonne de collectionner les râteaux avec les filles, ou encore Alex et Charlie qui, comme leurs prénoms ne l’indiquent pas, sont deux jeunes femmes souhaitant avoir ensemble un bébé…

Décidément, les humains sont de drôles de gens.

Ce second tome reprend tranquillement où nous nous étions arrêtés ou presque. Nous retrouvons certains patients, de nouveaux font leur apparition. Même s’il est préférable d’avoir lu le tome 1 pour profiter de la continuité, le récit est suffisamment habile pour permettre de démarrer la lecture au tome 2.

Nous retrouvons ici l’ambiance et les spécificités qui faisaient le charme du premier tome. Un psy extraordinaire, des patients qui reflètent tellement notre société, des hamsters, des enfants hors du commun et une pincée d’épices antillaises.

Le rythme est dynamique, le ton n’a rien perdu de son mordant ni de son humour, le lecteur continue de se régaler, ravi de poursuivre ce nouveau bout de chemin avec des personnages auxquels il s’était déjà attaché.