C’est mon arbre

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CestMonArbreD’Olivier Tallec
Paru chez Pastel (Ecole des loisirs)

J’adore les arbres.
J’adore cet arbre.
C’est MON arbre.
Ce sont MES pommes de pin !

Les livres d’Olivier Tallec sont toujours mignons… mais pas que ! L’humour y est souvent grinçant.

Ici, tel est pris qui croyait prendre et à trop se la jouer individualiste, notre écureuil se retrouve complètement isolé. A coups de petites phrases incisives, le décor est posé. L’écureuil ne veut pas  partager ni être importuné et n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour garantir sa tranquillité. Pourtant, très vite, il aura envie de savoir ce qui se passe de l’autre côté. Ce qu’il y verra le laissera d’ailleurs sans voix, peut-être pour donner au jeune lecteur l’occasion de réfléchir par lui-même à la situation.

Les illustrations aux belles couleurs automnales pétillent d’humour. Le personnage est très expressif et attachant. C’est un bel album très lumineux.

Les femmes sont occupées

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Les FemmesDe Samira El Ayachi
Paru chez L’Aube

Elle doit monter une pièce de théâtre. Finir sa thèse. Lancer une machine. Régler des comptes ancestraux avec les pères et les patrons. Faire la révolution – tout en changeant la couche de Petit Chose. Au passage, casser la figure à Maman Ourse et tordre le cou à la famille idéale. Réussir les gâteaux d’anniversaire. Retrouver la Dame de secours. Croire à nouveau en l’Autre.
Comme toutes les femmes, la narratrice de ce roman est très occupée. Découvrant sur le tas sa nouvelle condition de « maman solo », elle jongle avec sa solitude sociale, sa solitude existentielle, et s’interroge sur les liens invisibles entre batailles intimes et batailles collectives.

C’est un roman assez court mais percutant.

Je dois avouer que je n’ai d’abord pas aimé le style d’écriture : une narratrice qui parle de soi à la seconde personne, ça ne me parle pas, justement. Pour autant, j’ai fait l’effort d’aller au-delà de cette première impression mitigée car j’ai senti assez vite que ce récit n’a rien de conventionnel. L’histoire se fait plus incisive au fil des pages, évoluant vers des réflexions profondes sur la condition de la femme, sa place dans la société, dans le couple ou en tant que mère et je dois avouer que l’autrice sait parfaitement mettre le doigt où ça fait mal.
C’est un livre juste, qui invite à la réflexion. Un livre qui mérite totalement d’être lu.

Astrid Bromure – Tome 5 Comment refroidir le Yéti ?

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Astrid Bromure5De Fabrice Parme
Paru chez Rue de Sèvres

La neige tombe. Impossible de mettre le nez dehors ! Astrid s’ennuie, personne ne veut jouer avec elle. À la radio, on annonce que le Yéti vient de s’échapper pendant son transfert au zoo. Astrid se met alors en quête de cet homme des neiges peut-être pas si abominable…

Chouette, un nouveau tome d’Astrid Bromure, la série BD jeunesse chic et choc super classe. Cette fois, c’est au Yéti que sera confrontée Astrid, à moins que ce ne soit l’inverse…

Les illustrations soignées et d’une grande élégance sont toujours un régal pour les yeux. Astrid reste pétillante au possible. L’humour et les petites réflexions intéressantes sont également au rendez-vous. Dans cette aventure, ses parents seront beaucoup plus présents. L’attitude de la mère devient, du coup, un poil too much. Parallèlement, le suspense est moins marqué, le rythme plus tranquille…
Ce tome est, pour moi, un cran en-dessous des précédents, malheureusement.

Le grand livre pop up de Poudlard

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Pop upde Matthew Reinhart et Kevin Wilson
Paru chez Gallimard jeunesse

Un magnifique pop-up grand format, à feuilleter comme un livre classique duquel surgissent d’ingénieuses animations, ou à déployer entièrement pour former une carte géante de Poudlard. Un trésor d’ingéniosité et un objet collector pour redécouvrir les lieux mythiques de la plus célèbre des écoles de sorcellerie.

On peut le lire comme un album normal en “feuilletant” les pages (ce qui donne 5 doubles). Comme les parties pop up principales sont grosses, les pages doivent être tournées avec précaution. Sur chaque double, on trouve encore des éléments à tirettes et des petits pop ups variés, accompagnés de courts textes explicatifs sur l’univers Harry Potter (école, professeurs, cours, quidditch). Des petites surprises sont disséminées sur chaque double, cela rend la découverte plus palpitante ! Les ingénieurs papier ont vraiment fait un superbe travail.

Lorsque vous avez bien joué avec tous les mécanismes et pris le temps de tout découvrir et admirer, le moment est venu de s’armer de courage et de tenter le dépliage total des maquettes. Pour ce faire, une notice est fournie car l’opération est un peu délicate, surtout la première fois. Pour autant, le jeu en vaux la chandelle car une fois tout déplié, vous obtiendrez une maquette de Poudlard, forêt interdite incluse, de 84×94 cm (soyons précis !). Vous pourrez alors profiter de l’ensemble avant de vous lancer dans le repliage (en espérant mieux vous en sortir qu’avec votre tente Quechua pop up !) en procédant tout simplement en sens inverse, comme le dit la notice. Assez plaisanté, je vous rassure tout de suite, cela se fait très bien ! Une fois cette opération terminée, il ne reste plus qu’à ranger le tout dans le coffret, jusqu’à la prochaine crise de nostalgie. Vous pouvez également le laisser déplié en expo sur votre table de salon pendant quelque temps pour en profiter au maximum !

Pas de doute, c’est un bel objet, plutôt destiné aux collectionneurs. Ceux-ci n’apprendront rien de nouveau sur l’univers de leur sorcier préféré mais se feront plaisir avec des pop ups vraiment spectaculaires proposant toute une scénographie. Les plus jeunes se feront peut-être accompagner par un adulte pour la manipulation, afin de garantir sa longévité. Même s’il semble plutôt solide pour un pop up, ce livre est vraiment à manipuler avec soin et précaution.

Mais alors, il est parfait, me direz-vous ? Oui, si on en attend un bel objet de collection, vous répondrais-je ! Par ailleurs, on ne sera pas sur un petit goodie quelconque dans l’univers Harry Potter puisque ce grand livre pop up coûte tout de même la bagatelle de 80 euros. Je ne suis pas apte à estimer s’il les vaut par rapport aux coûts de fabrication (certainement très élevés) mais je trouve tout de même le prix assez élevé et je m’interroge du coup sur la cible réelle de cet ouvrage. Mais suis-je bête, j’ai déjà répondu à cette question : les collectionneurs bien sûr ! Pour le commun des mortels, le prix de vente peut tout de même être un frein à l’achat.

Jefferson

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JeffersonDe Jean-Claude Mourlevat
Paru chez Gallimard jeunesse

Jefferson, jeune hérisson plein d’entrain, vit au pays des animaux. Ce matin-là, il se rend chez le coiffeur, car il est grand temps de se faire rafraîchir la houppette ! Mais en arrivant au salon Définitif, Jefferson découvre une scène terrifiante : Edgar le blaireau, son coiffeur, est parterre, une paire de ciseaux plantée dans la poitrine…Qui a commis ce crime abominable ? L’enquête mène au pays des hommes. Hélas.

Extra. Ce petit roman propose un vrai polar à suspense avec des vilains patibulaires sans foi ni loi, un crime, des rebondissements palpitants… le tout accompagné d’une bonne dose de tendresse. Les personnages sont très attachants et le suspense omniprésent.

L’histoire propose en outre un plaidoyer contre la consommation de viande tous azimuts et les méthodes d’abattage violentes (voire sadiques). J’ai eu peur un instant que cela prenne le pas sur le reste mais fort heureusement, l’auteur a su éviter de tomber dans la lourdeur et la propagande façon “gros sabots”. Il n’en fait pas moins passer un message.

Ce sympathique petit roman mérite amplement sa sélection au prix des Incorruptibles pour cette année scolaire.

Un si petit oiseau

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Un si petit oiseauDe Marie Pavlenko
Paru chez Flammarion jeunesse

Après un accident de voiture qui l’a laissée meurtrie, Abigail rentre chez elle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d’avant lui est insupportable. Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu’on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ? Grâce à l’amour des siens. Grâce aux livres. Grâce à la nature, au rire, aux oiseaux. Avec beaucoup de patience, peu à peu, Abi va réapprendre à vivre.

J’ai trouvé ce livre très émouvant, sensible et juste. Marie Pavlenko a vraiment une belle plume et sait créer des personnages plus vrais que nature. Tous un peu cabossés, ils ont une dimension humaine et faillible très touchante.

L’histoire fait partie de celles dont le rythme n’est pas effréné. Il faut du temps pour se reconstruire, prendre confiance, aller de l’avant. Et pourtant, on n’a pas la sensation d’être sur quelque chose de lent non plus. On avance pas à pas avec Abi, on retient notre souffle et on ne voit pas le temps passer.

Un si petit oiseau mérite sans aucun doute une lecture. C’était mon premier livre de cette autrice et c’est une belle découverte.

Beaux-livres Harry Potter

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Coffret PoudlardLa bibliothèque de Poudlard
De J.K. Rowling
Illustré par Tomislav Tomic
Paru chez Gallimard jeunesse

Ce coffret regroupe trois petits romans : Le quidditch à travers les âges, Les animaux fantastiques – Vie et habitat et Les contes de Beedle le barde.

Le coffret a l’aspect d’un livre ancien. Les romans se déclinent en trois couleurs vives et sont agrémentés de dorures ou éléments argentés. Ils sont à la fois tout simples et très chics. L’avantage de ce coffret, outre son esthétique, est d’offrir les trois romans tout en prenant un minimum de place, ce qui est toujours appréciable. Par ailleurs, je trouve que ce sont de vrais bonus et non de simples objets marketing. Les textes sont très intéressants. Tout en restant dans la thématique Harry Potter, ils proposent un contenu différent qui vient compléter les romans. La présentation avec les notes de Dumbledore, etc. est très sympa.

Fans des romans Harry Potter, si vous n’avez pas encore ce coffret, n’hésitez pas !

 

Contes Beedle illusLes contes de Beedle le barde, illustré
De J.K. Rowling
Illustré par Lisbeth Zwerger
Paru chez Gallimard jeunesse

Il s’agit d’une autre version des contes de Beedle le barde, option Beau-livre.
Avec une plastique irréprochable : très grand format, papier épais, fer à dorer, couverture magnifiquement illustrée, ce roman a tout pour plaire. Si le volume peut rebuter les lecteurs moins aguerris susceptibles d’être effrayés par la taille de l’objet, les nombreuses illustrations attireront les amateurs de belles images. Que les froussards se rassurent, le texte est exactement le même que dans la version classique, pas plus pas moins. On sera donc sur un roman court, qui se lit assez vite (tout d’un coup, si on est pressé ou conte après conte, si on souhaite le déguster), avec en prime une mise en page très élégante et de belles illustrations à regarder. Et là je dois dire que l’éditeur n’a pas lésiné. D’abord l’illustratrice, dont l’ensemble de l’œuvre a été récompensé par le prestigieux prix Hans Christian Andersen, a fait un travail remarquable. C’est très très beau ! Les illustrations proposent une interprétation qui m’a personnellement touchée. Très présentes, elles sont nombreuses, et s’étalent même parfois sur toute une double page. Je dois avouer que je me suis régalée. J’ai même eu l’impression de redécouvrir les contes, pourtant lus il y a peu de temps.  Soit dit en passant, les contes sont très sympas, dans la pure tradition des contes anciens, et les fines analyses de Dumbledore qui les complètent également. Mon conte préféré est celui de la fontaine (je crois). Le sorcier au cœur velu est quant à lui délicieusement cruel…

Bref, autant dire que le choix sera cornélien entre le coffret ou la version illustrée. Bonne chance !

Les droits d’auteur de la vente de ces livres sont reversés aux organisations humanitaires “Comic Relief” et “Lumos Foundation”.