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Le petit prince de Harlem

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Le petit princeDe Mickaël Thevenot
Paru chez Didier jeunesse

Des clubs de jazz aux guerres de gangs : bienvenue à Harlem.
Entre les trafics et la pauvreté ambiante, Sonny fait tout ce qu’il peut pour aider sa mère à joindre les deux bouts. Quitte à basculer dans l’illégalité…
Il n’y a que le soir que son âme s’élève, sur les toits, lorsqu’il souffle dans son saxophone et que le son pur et ensorcelant du jazz enchante sa vie.
Mais entre la rue et les toits, peut-il choisir son destin ?

Ce roman assez court se lit d’une traite parce qu’il intrigue et captive le lecteur.
Dès les premières pages, on a envie de savoir la suite et cela ne s’arrête qu’après avoir tourné la dernière… C’est même dommage que ça ne dure pas plus longtemps et que certains passages ne soient pas plus approfondis.
En tout cas, l’histoire est passionnante, bien écrite et équilibrée, c’est un régal !

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Pourquoi y a t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

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pourquoi y a t il des inegalitesDe Soledad Bravi et Dorothée Werner
Paru chez Rue de Sèvres

Il était temps de faire une chronologie et de remonter aux origines des inégalités entre les hommes et les femmes, pour en révéler l’absurdité et nous donner envie de repartir sur des bases plus justes qui nous permettront de grandir et de vivre tous ensemble en harmonie.

Petite BD humoristique sur un sujet délicat. Soledad Bravi a choisi de remonter aux racines du “mal”. La chronologie démarre donc à la préhistoire.
Le récit est synthétique, ciblé. Le message est délivré clairement et simplement, avec certaines réflexions audacieuses. Certains aspects auraient toutefois mérités d’être développés. Pour autant, ce n’est pas ici l’objectif de ce livre qui n’a rien d’un documentaire.
Les illustrations sont pleines d’humour, permettant ainsi de rester dans une forme de légèreté qui ne peut que servir le message.
Cette approche est parfaite pour constituer une base de dialogue et de réflexion sur ce vaste débat et captiver l’intérêt des ados.

Et soudain, la liberté

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et soudainD’Evelyne Pisier et Caroline Laurent
Paru chez Les Escales

Evelyne Pisier voulait raconter l’histoire de sa mère, et à travers elle, la sienne. Une histoire fascinante couvrant soixante ans de vie politique, de combats, d’amour et de drames – le portrait d’une certaine France aussi, celle des colonies et de la contestation, du patriarcat et du féminisme. Nous étions d’accord : il fallait en faire un roman.
Un roman qui, de l’Indochine en guerre à la Nouvelle-Calédonie des années cinquante, de la révolution cubaine à mai 68, conte les destinées de deux femmes éprises de liberté. Deux héroïnes modernes et indépendantes, révélées à elles-mêmes par le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir.
Tout aurait pu s’arrêter un jeudi de février, à la mort d’Evelyne. Elle avait tissé la trame du livre. Il restait à le mettre en forme.
J’étais son éditrice. Son amie. Elle m’avait confié ses rêves et ses souvenirs.
J’ai terminé le livre.

Des chapitres courts expliquant les choix, les doutes, les motivations, les réflexions de Caroline Laurent ponctuent le roman et lui donnent une autre dimension. Bien sûr, le récit lui-même ne manque pas de profondeur. Quelle vie extraordinaire aura eu cette femme ! Mais ces petits “apartés” ajoutent quelque chose de tout à fait intéressant, un mélange de force et d’émotion qui finit de submerger le lecteur. Je trouve la plume de Caroline Laurent parfaitement adaptée à ce récit. Le choix du récit romancé qui autorise un peu de légèreté me semble par ailleurs judicieux.
Le tout donne un résultat passionnant, émouvant et hautement captivant. Evelyne Pisier aura eu une vie incroyable et hors du commun, à laquelle Et soudain, la liberté rend parfaitement hommage.

L’Ecole des souris – Une rentrée en canoë

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l'ecole des sourisD’Agnes Mathieu-Daudé et Marc Boutavant
Paru chez l’Ecole des loisirs

Elvis le hibou en a marre : impossible de lire tranquillement le journal, de remplir son herbier ou de faire une bonne sieste. Il aime bien avoir de la compagnie, mais comment faire pour que les petites souris fassent moins de bruit ? Les humains ont trouvé une solution en mettant leurs enfants à l’école. Voilà comment Elvis devient directeur d’école.

Ce petit roman qui se lit assez vite est assez divertissant.
Les quiproquos apportent un peu de piment à cette histoire toute simple. Le propos et la forme sont truffés de pointes d’humour et les illustrations pétillantes agrémentent parfaitement le récit.
Tous les ingrédients sont réunis pour que les tout jeunes lecteurs passent un bon moment sur les bancs de cette école un peu particulière…

Au revoir là-haut

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Au revoirDe Pierre Lemaître
Paru chez Albin Michel et disponible en Livre de Poche

Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d’eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant mais brisé, est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l’exclusion. Refusant de céder à l’amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d’une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence. Bien au-delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, Au revoir là-haut est l’histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l’État, à la famille, à la morale patriotique responsables de leur enfer.

J’avais vu et adoré le film mais pas lu le livre. Ceci est désormais chose faite !
Comme à chaque fois, la version écrite permet une immersion plus profonde dans cette histoire tragique mais pleine d’allant, cruelle mais tendre tout de même… Le roman s’attarde plus sur certains passages, fournit des détails intéressants, prend son temps. Le film emprunte parfois des caps un peu différents, tout en restant assez fidèle dans l’ensemble.
Ce duo improbable de personnages porte sur ses épaules toute la souffrance d’après-guerre. Sans trop savoir pourquoi ni à qui, ils ont tout donné, rien ne leur sera concédé en retour…  Pas de retour d’ascenseur, au contraire…

Pierre Lemaître nous livre une tranche d’histoire, celle qui ne se trouve pas dans les manuels. Et il nous la livre avec brio. Le style met parfaitement dans l’ambiance. La maîtrise est totale. Le Goncourt parfaitement mérité.

Les blessures du silence

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lesblessuresdusilenceDe Natacha Calestrémé
Paru chez Albin Michel

Amandine Moulin a disparu. Son mari évoque un possible suicide. Ses parents affirment qu’elle a été tuée. Ses collègues pensent qu’elle s’est enfuie avec un amant. Une succession de témoignages contradictoires qui ne collent pas avec la description qui est faite de cette mère de trois petites filles. Qui croire ? Qui manipule qui ? Connaît-on vraiment la personne qui vit à ses côtés ?

Ce roman est construit comme une enquête mais finalement, entre les chapitres intercalaires en flashbacks de la vie d’Amandine Moulin, le côté un peu atypique des policiers et les à-côtés personnels de ceux-ci, on est assez loin d’un policier traditionnel.

L’auteure nous livre une analyse très approfondie (et qui me semble pertinente) de harcèlement psychologique domestique, se posant ainsi en fiction divertissante (la lecture coule toute de seule et le récit est passionnant) suffisamment plausible pour être vraie (il n’y a qu’à se pencher sur les faits divers pour le constater) tout en donnant des clefs et conseils aux personnes susceptibles d’être concernées. J’ai en effet l’impression que ce roman se veut également informatif et pourquoi pas, soyons fous, curatif.

Bravo à Natacha Calestrémé pour cette belle réussite. Ce beau roman marquera sans aucun doute les esprits…

Mon traître

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Mon traitreDe Pierre Alary
D’après un roman de Sorj Chalandon
Paru chez Rue de Sèvres

Antoine, luthier parisien se prend d’amour pour l’Irlande. Fasciné par sa culture, ses paysages et par la chaleur des gens, le jeune français rencontre Jim et Cathy qui deviendront des amis précieux. Tous font partie du mouvement républicain irlandais, et mènent des actions pour le compte de l’IRA . Un soir à Belfast, il fait la connaissance du charismatique Tyrone Meehan, responsable de l’IRA, vétéran de tous les combats contre la puissance britannique. Antoine ne tarde pas à embrasser la cause de ce peuple. Captivé, le jeune Français trouve en Tyrone un mentor, un ami très cher, presque un père. Puis un traître… « Mon traître », comme l’appelle Antoine, pour désigner cet homme qui fut en réalité, vingt-cinq ans durant, un agent agissant pour le compte des Anglais. Il les avait tous trahis, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis et lui, chaque matin, chaque soir…

Je n’ai pas eu envie de parler tout de suite de ce roman graphique après ma lecture tellement je l’ai trouvé fort. Il m’a d’abord fallu un petit temps de “digestion”…

Les adaptations de romans au format graphique sont plus ou moins réussies. Celle-ci est particulièrement superbe. Pierre Alary a su extraire l’essence du roman et la transcrire. Le récit est passionnant et prend aux tripes. Ici, le lecteur ne se sent pas du tout voyeur comme c’est parfois le cas pour les récits témoignages.

Évidemment, le thème de la trahison parle à tout le monde. Mais il y a tellement plus que cela dans ce livre… Il y est question d’amitié, d’amour, de racines, de justice (ou d’injustice), de courage. Le fait que cette trahison s’inscrive dans des faits historiques, en Irlande renforce la puissance du thème. On est happé dès les premières pages. On est en Irlande.
Les illustrations sont en adéquation parfaite avec le récit (avec une couverture superbe). Elles reflètent la rudesse de la situation et la fierté des irlandais.

Vous l’aurez compris, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman graphique qui est donc pour moi une parfaite réussite.